A Avignon, le Brésil de Bolsonaro s'invite dans un remake de «Dogville»

Le festival d’Avignon bat son plein (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 10 juillet 2021

A Avignon, le Brésil de Bolsonaro s'invite dans un remake de «Dogville»

  • Au Festival d'Avignon, une metteuse en scène brésilienne brouille les frontières avec une adaptation de «Dogville» de Lars von Trier
  • Des scènes du film sont reprises, presque à l'identique, sur l'écran et sur le plateau.

AVIGNON: Si beaucoup de pièces ont été portées avec succès au cinéma, l'exercice inverse s'avère plus périlleux. Au Festival d'Avignon, une metteuse en scène brésilienne brouille les frontières avec une adaptation de « Dogville » de Lars von Trier toute imbibée de la situation dans son pays natal. 

Pour Christiane Jatahy, qui travaille entre le Brésil et l'Europe et qui avait déjà évoqué l'exil et de l'acceptation de l'autre en 2019 à Avignon (« Le présent qui déborde »), la ligne poreuse entre les deux arts est une marque de fabrique.

Illusion et transparence

Dans « Dogville » (2003), qui raconte à travers un décor a minima l'histoire de Grace, une fugitive se réfugiant dans une ville minière où elle est d'abord acceptée puis exploitée, le réalisateur danois « a voulu faire une expérience proche du théâtre et la transposer au cinéma. Moi c'est l'opposé », affirme Jatahy avant la première de « Entre Chien et Loup » lundi.

« Je m'intéresse beaucoup aux frontières entre théâtre et cinéma, mais pour mieux les effacer. Et j'utilise le cinéma comme partie importante dans la construction de la dramaturgie », ajoute la metteuse en scène également réalisatrice, qui a déjà adapté « La Règle du jeu » de Jean Renoir à la Comédie-Française.

La jeune femme outsider incarnée à l'écran par Nicole Kidman est campée sur scène par la Brésilienne Julia Bernat, un choix qui n'est pas anodin puisque le personnage, renommé Gracia, a fui un régime virant au fascisme, une allusion très directe au président d'extrême droite Jair Bolsonaro. 

Gracia se réfugie auprès d'une troupe de théâtre qui se lance le défi de rejouer « Dogville » avec pour but d'en éviter la fin brutale. « Tu n'as pas beaucoup de temps pour te faire accepter », lui dit-on.

Comme dans le film, les personnages sont animés de bons sentiments jusqu'à ce que l'arrivée de « fake news » concernant Gracia sur leurs portables (dans le film, ce sont des avis de recherche de la police) changent leur comportement, allant jusqu'à l'exploitation et au viol. 

Soit une mise en abyme parfois déroutante et qui a laissé la critique mitigée, certains estimant que ce remake tombait à plat ou n'apportait pas grand chose en comparaison avec le film, malgré le dispositif visuel ingénieux.

La scène ressemble plus à un plateau de tournage avec un écran géant au fond du plateau sur lesquelles sont projetées les images filmées par une caméra manipulée par les comédiens à tour de rôle, mais aussi des images déjà filmées et montées qui s'y superposent. 

A l'identique

Des scènes du film sont reprises, presque à l'identique, sur l'écran et sur le plateau.

« Je joue sur la question du temps, sur l'illusion du cinéma et la transparence du théâtre. Comment peut-on changer le passé ? c'est le cinéma. Le théâtre, qui est dans le moment présent, peut changer le futur », assure Jatahy qui est artiste associé au Théâtre de l'Odéon et au Centquatre à Paris ainsi qu'au Schauspielhaus de Zürich.

Car contrairement au film qui se termine par une horreur en crescendo, la pièce s'arrête avant la vengeance de Gracia, comme un message d'espoir.

« Je montre les deux côtés car nous avons la chance maintenant de changer les choses, même si la réalité montre l'opposé », affirme la metteuse en scène.

« Le fascisme, ça menace l'autre mais ça nous menace nous-mêmes. Quand il arrive, c'est une pensée destructrice, c'est très lié à la situation au Brésil où les droits que nous avons conquis avec beaucoup d'efforts sont restreints, c'est très extrême », ajoute-t-elle.

« Parler de la solidarité à travers les spectacles, ce n'est pas une question de bons sentiments car elle est l'essence même de l'Humanité », martèle l'artiste dont le spectacle va tourner en France, en Suisse, en Espagne, en Italie et en Belgique.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".