Depuis la prise de la Bastille, deux siècles de restauration de ses archives

Lorsque la Révolution éclate, la prison, qui ne compte plus que quelques détenus, garde surtout ceux que leur famille veut enfermer pour « conduite désordonnée ». (Photo, Domaine public)
Lorsque la Révolution éclate, la prison, qui ne compte plus que quelques détenus, garde surtout ceux que leur famille veut enfermer pour « conduite désordonnée ». (Photo, Domaine public)
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Publié le Mardi 13 juillet 2021

Depuis la prise de la Bastille, deux siècles de restauration de ses archives

  • Quelques 2500 cartons et des centaines de milliers de feuillets constituent les archives dispersées après le 14 juillet 1789 et offrant un éclairage rare sur les mœurs et la vie de l'époque
  • « Les émeutiers s'en prenaient aux dossiers les plus récents, symboles du despotisme.Tout est lancé dans les cours, les couloirs, les fossés »

PARIS : Une femme enfermée pour avoir "débauché" un mari, un fils trouvé dans "un mauvais lieu" et placé par son père: donner accès aux archives de la prison de la Bastille est une mission peu connue de la Bibliothèque de l'Arsenal, à Paris.

Plaintes, placets, rapports de police ou lettres de cachet... quelques 2500 cartons et des centaines de milliers de feuillets constituent les archives dispersées après le 14 juillet 1789 et offrant un éclairage rare sur les mœurs et la vie de l'époque.

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Lorsque la Révolution éclate, la prison, qui ne compte plus que quelques détenus, garde surtout ceux que leur famille veut enfermer pour "conduite désordonnée". Le plus célèbre d'entre eux est le Marquis de Sade, enfermé depuis 1777 dans différentes prisons, à l'instigation de sa belle-mère. C'est à la Bastille qu'il recopie en 1785 sur un rouleau de 12 mètres de long son roman inachevé, "Les Cent Vingt journées de Sodome".

Quelques semaines avant le 14 juillet, il en est transféré. Le document qui a échappé de peu à la destruction de la prison a été acquis vendredi par l'Etat pour la BNF, après deux siècles d'errance et va rejoindre les collections de la Bibliothèque de l'Arsenal.

Dès la Révolution, l'ambition était d'ouvrir au public le fonds, considéré comme "mémoire de la Nation", rappelle Claire Lesage, la conservatrice du lieu, mais ça n'a pas eu lieu.

"Les émeutiers" s'en prenaient "aux dossiers les plus récents, symboles du despotisme", raconte la spécialiste. "Tout est lancé dans les cours, les couloirs, les fossés".

A tel point qu'encore aujourd'hui des documents d'époque, certains remontent au XVIe siècle, sont maculés de boue et de plumes des volatiles qui se trouvaient dans les fossés de la prison et des lacunes persistent dans les dossiers.

Originalité, ces plumes et des objets trouvés dans les feuillets sont conservés méticuleusement. "L'idée est de conserver au maximum les traces d'usage des documents tout en permettant l'accès à l'écrit: c'est un compromis entre savoir ce par quoi il est passé et connaître son contenu", explique Marlène Smilauer, restauratrice de la BNF.

Poudrage, gommage et foliation, colmatage, découpage et comblement: restaurateurs et magasiniers volontaires de la bibliothèque, tous des passionnés, œuvrent patiemment à la remise en état des nombreux documents du fonds, penchés sur de grands tables blanches.

"Notre but est la reproduction des documents pour permettre l'accès à l'écrit", explique Marlène Smilauer, "nous les restaurons pour pouvoir physiquement les numériser" et les mettre en accès libre sur Gallica, le site de la BNF.

Du gommage pour retirer les aspérités au redécoupage des feuillets dont des déchirures ont été rapiécées, les documents les plus sensibles passent parfois par "une chambre humide" où l'on veille à les rendre plus malléables, pour éviter qu'ils ne s'abiment.

Une atmosphère calme règne dans l’atelier, seulement troublée par le bruit du frottement de la gomme, du papier effleuré à main nue ou au pinceau, du froissement des fibres de papiers fins et de la découpe délicate au scalpel ou à la baguette de bois.

Par binôme, restaurateurs et magasiniers examinent chaque jour feuillet après feuillet.

"Le travail ne se compte ni en temps ni en nombre, il faut qu'il soit bien soigné", souligne Sylvie Maureau, magasinière qui participe depuis 2008, à raison de 25 à 30 feuillets par jour.

"J'ai vu des lettres de prisonniers appelés à la guerre, leurs cartes de jeu, des belles signatures et de belles histoires", dit-elle, songeuse. "Je prends parfois le temps de m'arrêter et de lire ces histoires" qui pour certaines l'ont marquée.

Un travail au long cours qui dure depuis 40 ans et devrait s'achever... dans 40 ans.

 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".