Les manifestations forcent Biden à se saisir du dossier cubain

La police cubaine lors de manifestations à Havana, le 12 juillet 2021. Photo  AFP / YAMIL LAGE
La police cubaine lors de manifestations à Havana, le 12 juillet 2021. Photo AFP / YAMIL LAGE
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Publié le Mardi 13 juillet 2021

Les manifestations forcent Biden à se saisir du dossier cubain

  • Joe Biden a appelé lundi « le régime cubain à entendre son peuple» et son « appel vibrant à la liberté», au lendemain de rassemblements inédits de milliers de personnes qui réclament la fin de « la dictature»
  • Il n'a en revanche rien dit des sanctions américaines, bien que le président cubain Miguel Diaz-Canel, évoquant une « asphyxie économique» , leur ait imputé les « troubles sociaux» en cours sur l'île 

WASHINGTON : Les manifestations historiques à Cuba forcent le président américain Joe Biden à s'emparer d'un dossier qui n'était "pas une priorité" mais pourrait éloigner, selon les experts, la perspective d'un allégement rapide des sanctions des Etats-Unis. 

Joe Biden a appelé lundi "le régime cubain à entendre son peuple" et son "appel vibrant à la liberté", au lendemain de rassemblements inédits de milliers de personnes qui réclament la fin de "la dictature". Il n'a en revanche rien dit des sanctions américaines, bien que le président cubain Miguel Diaz-Canel, évoquant une "asphyxie économique", leur ait imputé les "troubles sociaux" en cours sur l'île. 

Les Etats-Unis imposent depuis 1962 un strict embargo économique et financier au régime castriste. Le président démocrate Barack Obama avait, à la fin de son mandat, entamé une normalisation des relations, rapidement balayée par son successeur républicain Donald Trump.

A son arrivée à la Maison Blanche, Joe Biden, qui fut le vice-président de Barack Obama, avait ordonné une réévaluation de cette politique. La porte-parole de l'exécutif, Jen Psaki, avait toutefois admis en mars que la question cubaine n'était "pas à l'heure actuelle une des priorités du président Biden".

D'autres sujets, à commencer par les flux migratoires depuis l'Amérique centrale, ont retenu l'attention immédiate du nouveau président, souligne Ryan Berg, spécialiste de l'Amérique latine au Center for Strategic and International Studies.

Le sujet de l'immigration "a naturellement pris le pas sur un pays qui est figé dans le temps depuis plus de 60 ans", explique-t-il. "C'est dur de faire bouger quoi que ce soit à Cuba et on a essayé de nombreuses choses."

«L'Histoire s'en rappellera»

Pour cet expert, les manifestations pourraient toutefois forcer le gouvernement démocrate "à finir son évaluation et, au moins, l'empêcher d'ignorer Cuba".  "En même temps, ça risque d'être difficile de s'ouvrir à un gouvernement qui envoie la police anti-émeutes pour réprimer une contestation apparemment spontanée", relève-t-il. Depuis dimanche, les républicains, qui soutiennent une ligne dure envers le régime castriste, réclament une réponse ferme face à la répression des manifestants. 

Le sénateur républicain Marco Rubio a jugé "scandaleuse" la première réaction de l'administration démocrate: un tweet d'une diplomate imputant les manifestations à la hausse des cas de Covid-19 sur l'île. "Joe Biden doit s'opposer au régime communiste, sinon l'Histoire s'en rappellera", a renchéri lundi l'ex-président Trump. Mais Joe Biden, comme l'avait fait Barack Obama au moment de la répression de la contestation en Iran en 2009, a adopté un ton mesuré, soucieux de ne pas alimenter la rhétorique du régime castriste, prompt à accuser les Etats-Unis de fomenter la crise.

Blâmer les Etats-Unis est "une grave erreur", a juste rétorqué son chef de la diplomatie, Antony Blinken. 

«Microscope politique»

Pendant sa campagne, Joe Biden avait évoqué l'idée de lever les restrictions sur les voyages de touristes américains vers l'île des Antilles, située à 145 km de la Floride, et les transferts de fonds entre particuliers. Son gouvernement n'a pas encore donné suite et n'a rien dit de l'inscription de Cuba sur la liste noire des Etats soutenant le terrorisme, décidée à la dernière minute par l'administration Trump, et synonyme de lourdes sanctions.

Le dossier est plombé par des considérations de politique intérieure: les Américains d'origine cubaine, très majoritairement anti-castristes et fermement opposés à toute levée des sanctions, représentent un électorat décisif dans l'Etat-clé de Floride, conservé par Donald Trump en novembre 2020.

De plus, les démocrates n'ont qu'une courte majorité au Congrès et l'influent chef de la commission sénatoriale des Affaires étrangères Bob Menendez est d'origine cubaine et tenant d'une ligne plus dure que les autres démocrates envers le régime castriste. Dans ce contexte, John Kavulich, président du Conseil économique et commercial entre les Etats-Unis et Cuba, pense que les manifestations vont forcer Joe Biden à terminer l'évaluation lancée en janvier, mais ne croit pas possible de revenir à la situation de 2016.

Pour lui, "chaque micron de la politique des Etats-Unis envers la République de Cuba est vu par l'administration Biden au travers d'un microscope politique: obtenir les lois, les nominations, le budget, le plan d'infrastructures et les autres mesures (à son agenda législatif) pour 2021, puis préparer les élections de 2022 et 2024".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.