Manifestations à Cuba: pour le gouvernement, c'est la faute à Twitter

Une campagne sur Twitter, orchestrée depuis les Etats-Unis pour déstabiliser le régime: c'est le grand argument du gouvernement cubain pour expliquer les manifestations historiques du 11 juillet. YAMIL LAGE / AFP
Une campagne sur Twitter, orchestrée depuis les Etats-Unis pour déstabiliser le régime: c'est le grand argument du gouvernement cubain pour expliquer les manifestations historiques du 11 juillet. YAMIL LAGE / AFP
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Publié le Jeudi 15 juillet 2021

Manifestations à Cuba: pour le gouvernement, c'est la faute à Twitter

  • Une campagne sur Twitter, orchestrée depuis les Etats-Unis pour déstabiliser le régime: c'est le grand argument du gouvernement cubain pour expliquer les manifestations historiques du 11 juillet
  • mais les experts interrogés par l'AFP ne sont pas tous convaincus

LA HAVANE : Une campagne sur Twitter, orchestrée depuis les Etats-Unis pour déstabiliser le régime: c'est le grand argument du gouvernement cubain pour expliquer les manifestations historiques du 11 juillet, mais les experts interrogés par l'AFP ne sont pas tous convaincus.

"J'ai des preuves irréfutables que la majorité des usagers qui ont participé à cette campagne se trouvaient aux Etats-Unis et que des systèmes automatisés ont été utilisés pour viraliser les contenus, sans être pénalisés par Twitter", a assuré mardi le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodriguez.

Pour le ministre, qui a nié toute "explosion sociale" dans le pays après ces manifestations où des milliers de Cubains ont défilé aux cris de "Liberté", "Nous avons faim" et "A bas la dictature", il s'agit plutôt d'une "guerre de communication et d'information contre Cuba".

Le grand coupable? Le hashtag #SOSCuba, lancé début juillet pour alerter de la grave situation sanitaire sur l'île, confrontée à une hausse de cas de coronavirus, et demander une aide humanitaire de l'étranger.

Pour Julian Macias Tovar, expert espagnol en réseaux sociaux invité mardi à intervenir à la télévision d'Etat cubaine, il y a bien des chiffres étranges autour de ce mot-clé.

"Entre le 5 juillet, quand il a commencé à être utilisé, et le 8, seuls 5.000 tweets ont été publiés" avec cette mention, explique-t-il à l'AFP.

C'est ensuite allé crescendo: 100.000 le 9, 500.000 le 10, 1,5 million le 11 et deux millions le 12, dit-il après avoir analysé scrupuleusement le phénomène.

Comptes automatisés

Les comptes utilisant ce label "proviennent de beaucoup d'endroits différents et selon moi il y a un réseau international de comptes liés par une idéologie", car "ce sont les mêmes comptes qui ont participé aux campagnes pour attaquer (le président mexicain) Andrés Manuel Lopez Obrador, le gouvernement argentin et le gouvernement espagnol", tous de gauche.

Selon lui, il s'agit souvent de faux comptes ou de comptes automatisés pour publier un grand nombre de tweets.

Doug Madory, directeur d'analyse internet à la société technologique Kentik, est plus sceptique: "Quelqu'un envoie un tweet aux Etats-Unis et cela pousse les gens dans la rue à Cuba? (...) J'ai du mal à y croire".

"Je ne sais pas si quelqu'un pourrait essayer de créer une campagne Twitter qui ait une telle influence sur le Cubain moyen qu'elle le convainque de faire des choses qu'il n'aurait jamais faites autrement".

S'il reconnaît l'existence de tweets automatisés dans des campagnes, l'expert se dit que "c'est probablement vrai aussi du gouvernement (cubain) lui-même", dont certains tweets de partisans sont étonnamment identiques.

Et face à cela, les autorités disposent d'une arme redoutable: couper le robinet. De fait, de dimanche midi à mercredi matin, l'internet mobile a été rendu inaccessible.

Rétabli mercredi, il restait instable et il était impossible d'accéder aux réseaux sociaux.

Guerre contre Cuba

Si le gouvernement n'a pas souhaité confirmer qu'il avait volontairement restreint l'accès à internet, se bornant à souligner son "droit à se défendre", une présentatrice de la télévision d'Etat a lâché le morceau mardi soir.

"Je comprends comme journaliste, même si ça me porte préjudice, la mesure de couper l'accès aux réseaux sociaux car c'est le terrain où s'organise la guerre contre Cuba", a-t-elle déclaré.

Pour le politologue cubain Harold Cardenas, "ce serait une simplification que de dire qu'il s'agit d'une campagne des Etats-Unis, car évidemment il y a beaucoup d'autres raisons derrière les manifestations".

Par exemple "je connais des communistes qui ont été arrêtés l'autre jour pour avoir participé aux manifestations".

"Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de responsabilité des Etats-Unis dans ces troubles", avec ses sanctions qui constituent un "étranglement intentionnel de la population cubaine".

Et il est vrai que les réseaux sociaux "ont aussi servi à créer des réalités parallèles", alors que de nombreuses fausses informations et images manipulées ont été partagées ces derniers jours à Cuba. "Il y a une intention depuis l'étranger de créer de l'incertitude dans le pays".

Mais le gouvernement "attribue une importance exagérée à ce qui s'est passé sur Twitter", ces manifestations étant surtout motivées par "la fatigue, l'épuisement (dû à la crise) économique".

Même opinion chez Julian Macia Tovar: "Au-delà du fait qu'il s'agit d'une campagne orchestrée" depuis l'étranger, "il y a des gens qui manifestent, qui ont des demandes et ce que le gouvernement cubain doit faire, c'est respecter le droit à manifester".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.