Avec "Nitram", Justin Kurzel dans la mécanique d'une tuerie de masse

Nick Batzias, Caleb Landry Jones, Justin Kurzel et Shaun Grant pour le film "Nitram", le premier programmé vendredi. Il aborde le sujet brûlant, surtout dans le monde anglo-saxon, du contrôle des armes à feu. Il promet de revisiter la genèse d’une fusillade en Australie, qui avait fait 35 morts en 1996, en se concentrant sur le profil du tueur. Le projet, porté par le réalisateur Justin Kurzel fait déjà polémique en Australie parmi les familles de victimes. Photo Christophe SIMON/AFP
Nick Batzias, Caleb Landry Jones, Justin Kurzel et Shaun Grant pour le film "Nitram", le premier programmé vendredi. Il aborde le sujet brûlant, surtout dans le monde anglo-saxon, du contrôle des armes à feu. Il promet de revisiter la genèse d’une fusillade en Australie, qui avait fait 35 morts en 1996, en se concentrant sur le profil du tueur. Le projet, porté par le réalisateur Justin Kurzel fait déjà polémique en Australie parmi les familles de victimes. Photo Christophe SIMON/AFP
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Publié le Samedi 17 juillet 2021

Avec "Nitram", Justin Kurzel dans la mécanique d'une tuerie de masse

  • Remarqué pour «Les crimes de Snowtown» (2011), le réalisateur australien est de retour sur la Croisette avec un film inspiré de la tuerie de Port-Arthur en Tasmanie, île au large de l'Australie en 1996, l'une des plus meurtrières de l'histoire du pays
  • «J'ai lu énormément de choses sur la période, écouté et regardé la TV australienne pour tenter de comprendre cette culture», a-t-il déclaré à l'AFP

CANNES : C'est l'histoire d'un traumatisme collectif : le réalisateur australien Justin Kurzel, dont les films sont souvent des adaptations inspirées par des univers aux accents violents, a présenté son film "Nitram", sur l'une des pires tueries de masse de son pays, vendredi en compétition à Cannes.

Remarqué pour "Les crimes de Snowtown" (2011), le réalisateur australien est de retour sur la Croisette avec un film inspiré de la tuerie de Port-Arthur en Tasmanie -- île au large de l'Australie --  en 1996, l'une des plus meurtrières de l'histoire du pays, qui a fait 35 morts.

Dès le début du projet, le film a suscité la colère et la crainte des familles de victimes, inquiètes de voir, à travers le film, une glorification du tueur Martin Bryant, condamné à la perpétuité. Mais le film n'est as un portrait du meurtrier, même si le titre ("Nitram") est une référence directe à son prénom, et il n'a pas non plus été tourné à Port-Arthur.

En s'attardant sur les jours qui ont précédé l'attaque, il offre une plongée dans la tête du tueur, magistralement interprété par Caleb Landry Jones ("Les panneaux de la vengeance", 2017).  "J'ai lu énormément de choses sur la période, écouté et regardé la TV australienne pour tenter de comprendre cette culture", a-t-il déclaré à l'AFP. 

Avec un scénario très bien ficelé et des acteurs d'une grande justesse, le film parvient à décrire de façon claire et précise la mécanique qui a engendré un traumatisme collectif. Celui-ci n'a jamais été dépassé et a conduit le gouvernement australien à légiférer contre les armes.  "Le film a généré beaucoup de débats et de haine", a admis auprès de l'AFP le réalisateur, qui vit en Tasmanie. Mais pour lui, ce film vise avant tout à "comprendre comment un tel acte à pu produire".

Parents dépassés et non soutenus par les institutions, ventes libres d'armes... le film avance des pistes de réflexion sans jamais trancher la question. "Je crois que c'est aussi une façon de dire que, collectivement, nous avons tous été un peu complices", affirme-t-il, en saluant toutefois le "changement de culture" autour des armes dans le pays, grâce aux lois votées dans la foulée de la tuerie.

Habitué à s'intéresser aux univers violents, Justin Kurzel a fait le choix délibéré de ne pas filmer les scènes de tueries. "Je n'aurais pas pu faire un film avec de telles scènes", s'est-il justifié. Palme d'or à Cannes en 2003, "Elephant" de Gus Van Sant traitait aussi d'une tuerie de masse (Colombine, aux Etas-Unis, en 1999) mais à l'inverse de ce film-ci, il montrait les tueurs en action.             


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".