Cuba: six jours après les manifestations, le régime mobilise ses partisans

Selon le journal officiel Granma, des rassemblements similaires avaient été convoqués dans d'autres villes du pays comme Santiago de Cuba, Bayamo, Camagüey et Santa Clara. (Photo, AFP)
Selon le journal officiel Granma, des rassemblements similaires avaient été convoqués dans d'autres villes du pays comme Santiago de Cuba, Bayamo, Camagüey et Santa Clara. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 18 juillet 2021

Cuba: six jours après les manifestations, le régime mobilise ses partisans

  • Agé de 90 ans, celui qui avait mené la révolution avec son frère en 1959 est officiellement en retraite depuis avril et a dû en sortir provisoirement compte tenu de la gravité de la situation
  • Le rassemblement est survenu au pire moment de la pandémie de coronavirus à Cuba : l'île de 11,2 millions d'habitants a enregistré 6 062 cas dont 52 décès lors des dernières 24 heures, pour un total de 275 608 cas et 1 843 décès

LA HAVANE : Aux cris de "A bas les Yankees!", des milliers de partisans du gouvernement cubain ont participé samedi à un meeting de "réaffirmation révolutionnaire", six jours après les manifestations historiques contre les autorités.

"Nous sommes nés pour vaincre et non pour être vaincus!", criait aussi la foule réunie sur le Malecon, le boulevard côtier de La Havane, se disant prête à soutenir son président "pour quoi que ce soit".

Ce rassemblement, qui rappelle les mobilisations "anti-impérialistes" organisées du temps de Fidel Castro, était le premier événement public en réponse aux manifestations qui ont secoué Cuba le 11 juillet dans plus d'une cinquantaine de villes et villages, se soldant par un mort, des dizaines de blessés et plus d'une centaine d'arrestations.

Convoquées dès l'aube, notamment via les centres de travail et les universités, plusieurs milliers de personnes portant le drapeau de Cuba et celui du mouvement 26 juillet (créé par Fidel lors de la révolution) ont longuement applaudi le président Miguel Diaz-Canel et son prédécesseur Raul Castro, vêtu de son uniforme de général.

Agé de 90 ans, celui qui avait mené la révolution avec son frère en 1959 est officiellement en retraite depuis avril et a dû en sortir provisoirement compte tenu de la gravité de la situation.

"Tous ceux qui ressentent quelque chose pour la révolution, qui ont ressenti quelque chose pour Fidel, pour tout ce qu'il a fait dans ce pays et ce qu'il faut continuer à faire, savent ce que signifie la présence de Raul ici", réagissait, dans la foule, Carlos Cruz, retraité de 65 ans.

«Mensonge»

Le rassemblement est survenu au pire moment de la pandémie de coronavirus à Cuba : l'île de 11,2 millions d'habitants a enregistré 6 062 cas dont 52 décès lors des dernières 24 heures, pour un total de 275 608 cas et 1 843 décès.

"Avec ou sans pandémie, on doit défendre ça (la Révolution) et on est ici, en nous protégeant et en faisant attention car en plus on doit défendre ce qui est à nous", confiait Héctor Roman, instituteur de 73 ans, masque sur le visage.

Dans son discours, le président Diaz-Canel a dénoncé la "haine débordante sur les réseaux sociaux" : "Ce que le monde est en train de voir de Cuba est un mensonge", a-t-il affirmé.

La diffusion d'"images fausses" via internet "encourage et glorifie l'outrage et la destruction des biens", alors que l'accès à l'internet mobile a été coupé sur l'île de dimanche midi à mercredi matin, avant d'être rétabli mais de façon instable.

A Cuba, "il ne s'agit pas d'un gouvernement qui réprime son peuple", a-t-il assuré. De nombreuses photos et vidéos ont montré des policiers frapper des manifestants, dont certains ont aussi été coupables d'actes de vandalisme.

"Aucun mensonge n'a été commis par hasard ou par erreur, tout cela est le calcul froid d'un manuel de guerre non-conventionnelle", a ajouté le président, qui accuse les Etats-Unis d'avoir provoqué les manifestations du 11 juillet.

Car ces images "ont causé un dommage incommensurable à l'âme nationale".

«Ils ont voulu nous diviser»

Peu avant le début du rassemblement, un homme a crié "Patria y Vida", titre d'une chanson contestataire de rap devenue l'hymne des manifestants anti-gouvernement du 11 juillet, et a été arrêté par les forces de l'ordre.

"Nous avons le droit de défendre notre révolution, et (Diaz-Canel) l'a bien dit au monde entier que ça (la révolution), personne ne le renverse", déclarait, parmi les partisans réunis, Madelaine Rigales, directrice d'école de 41 ans.

Invité à la tribune, Gerardo Hernandez, député et l'un des "cinq héros de Cuba", des espions cubains qui avaient été emprisonnés aux Etats-Unis, a lui aussi dénoncé les faits des derniers jours.

"Ils nous ont attaqué de partout et, ce qui est pire, ils ont voulu nous diviser", a regretté celui qui est aussi coordinateur national des Comités de défense de la révolution (CDR), organisation de surveillance et de contrôle au niveau de chaque quartier.

"Ils ont voulu détruire la tranquillité de nos quartiers, détruire notre paix", a-t-il ajouté, assurant pourtant que "personne n'est ennemi de la révolution pour le fait de penser différemment".

Selon le journal officiel Granma, des rassemblements similaires avaient été convoqués dans d'autres villes du pays comme Santiago de Cuba, Bayamo, Camagüey et Santa Clara.

"Cuba est à tous", a clamé le quotidien samedi matin, avertissant toutefois que dans les rues, on n'admet "ni les délinquants, ni ceux militant pour l'annexion" de Cuba aux Etats-Unis.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.