Afrique du Sud: calme précaire après une semaine d'incidents

Les premiers incidents, pneus brûlés et routes bloquées, ont éclaté la semaine dernière, au lendemain de l'incarcération de l'ex-président Jacob Zuma. (Photo, AFP)
Les premiers incidents, pneus brûlés et routes bloquées, ont éclaté la semaine dernière, au lendemain de l'incarcération de l'ex-président Jacob Zuma. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 18 juillet 2021

Afrique du Sud: calme précaire après une semaine d'incidents

  • Un calme fragile a pointé samedi. Aucun incident signalé à Johannesburg. Et même en pays zoulou, où des poches de violences résistaient
  • La police enquête sur 12 personnes soupçonnées d'être les cerveaux de l'opération, selon le gouvernement, sans plus de détail

DURBAN: Après une semaine d'incidents en Afrique du Sud, marqués par des émeutes et des pillages, un calme précaire a régné samedi dans le pays qui continue à nettoyer les dégâts de violences qualifiées par le président Ramaphosa de tentative orchestrée pour déstabiliser le pays.

À côté d'un mur tagué "Libérez Zuma" et "J'emmerde la démocratie", des riverains ont débarrassé des monticules de gravats près d'un centre commercial incendié dans la banlieue de Durban, sur l'océan Indien.

Agent de sécurité, Sikhumukani Hongwane travaillait lorsque le centre a été attaqué dimanche. Il raconte avoir vu une foule brûler un garage voisin et avoir lui-même pris la fuite. "Nous avons peur, encore maintenant", avoue-t-il. 

Les premiers incidents, pneus brûlés et routes bloquées, ont éclaté la semaine dernière, au lendemain de l'incarcération de l'ex-président Jacob Zuma condamné pour outrage à la justice, dans son bastion du Kwazulu-Natal (KZN, Est).

Puis les entrepôts, usines et centres commerciaux ont été méthodiquement pris d'assaut par des pillards et les violences se sont étendues à la plus grande ville du pays Johannesburg, sur fond de chômage endémique et de nouvelles restrictions anti-Covid. Plus de 200 personnes ont trouvé la mort, 2 500 ont été arrêtées.

Mais après une semaine d'incidents, parmi les pires depuis l'avènement de cette jeune démocratie, un calme fragile a pointé samedi. Aucun incident signalé à Johannesburg. Et même en pays zoulou, où des poches de violences résistaient, alimentées par des tensions raciales, une accalmie se profile.

«En détresse»

"Sous prétexte d'un grief politique, les auteurs de ces actes ont cherché à provoquer une insurrection populaire", a accusé vendredi soir Cyril Ramaphosa, s'adressant aux Sud-Africains.

Plusieurs responsables au gouvernement ont déjà ouvertement accusé des partisans de M. Zuma d'avoir téléguidé les attaques. La police enquête sur 12 personnes soupçonnées d'être les cerveaux de l'opération, selon le gouvernement, sans plus de détail. 

Dans le Kwazulu-Natal, les effets de la destruction de centaines de commerces se font sentir, aggravés par des difficultés d'approvisionnement avec des transports coupés pendant plusieurs jours. L'autoroute reliant Johannesburg et Durban a été rouverte seulement samedi.

Des habitants ont dit manquer de pain, des distributions de nourriture ont été organisées. "Nous avons envoyé de la nourriture à des hôpitaux qui n'avaient rien à donner à leurs patients", a dit Imitiaz Sooliman, de l'association Gift of the Givers, ajoutant que les convois sont escortés par des hommes armés. 

"Rien n'a pu entrer ou sortir, des milliers d'entreprises étaient en détresse", a dit à l'AFP Zanele Khomo, de la Chambre de commerce de Durban, où "même le port était à l'arrêt". Selon lui, le montant des dégâts dans la province s'élèvent à environ 940 millions d'euros.

«Pagaille»

À Indaba près de Durban, les seuls magasins qui ont été épargnés n'ouvrent que quelques heures. "Il y a des files d'attente interminables, comme si on allait voter", a ironisé Siyanda Nxumalo, un militant de la communauté qui dénonce "une pagaille".

Il faudra "du temps" avant un retour à la normale, a averti M. Ramaphosa. Et cela "aura une incidence sur la disponibilité des denrées alimentaires, du carburant, des médicaments et d'autres marchandises, non seulement en Afrique du Sud, mais aussi dans toute la région", a-t-il prévenu.

Les autorités ont été largement critiquées pour ne pas avoir empêché les violences. Le chef d'État a reconnu que le gouvernement était "mal préparé", tout en promettant que les responsables seraient punis.

"Nous ne permettrons à personne de déstabiliser notre pays et de s'en tirer à bon compte", a-t-il affirmé

Quelque 10 000 soldats ont été déployés, pour épauler une police dépassée. Ce chiffre pourrait grimper jusqu'à 25 000 dans les prochains jours.

Déjà, la traque des pillards a commencé. La police a multiplié les raids, en visant les quartiers déshérités, pour récupérer des objets suspectés d'avoir été volés au cours des pillages. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.