Hajj 2021: l’incidence des épidémies au fil des années

Le Hijaz a eu son lot d’épidémies – particulièrement de choléra – qui ont frappé la région à plusieurs reprises, menaçant les chemins du pèlerinage. (Image Getty)
Le Hijaz a eu son lot d’épidémies – particulièrement de choléra – qui ont frappé la région à plusieurs reprises, menaçant les chemins du pèlerinage. (Image Getty)
Un agent de santé indien (à droite) administre un vaccin polysaccharidique contre le méningocoque à un pèlerin du Hajj à Hyderabad en 2010. (Image Getty/AFP)
Un agent de santé indien (à droite) administre un vaccin polysaccharidique contre le méningocoque à un pèlerin du Hajj à Hyderabad en 2010. (Image Getty/AFP)
Des agents de santé saoudiens administrent des doses de vaccin à des pèlerins égyptiens à leur arrivée à Djeddah en 2002. (Image Getty/AFP)
Des agents de santé saoudiens administrent des doses de vaccin à des pèlerins égyptiens à leur arrivée à Djeddah en 2002. (Image Getty/AFP)
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Publié le Mardi 20 juillet 2021

Hajj 2021: l’incidence des épidémies au fil des années

  • L’une des premières épidémies à faire rage à La Mecque était connue sous le nom d’«al-Machri». Elle a entraîné la mort d’un grand nombre de personnes et de chameaux en 968, comme l’a rapporté le célèbre historien, Ibn Khatir
  • En 1831, une épidémie de choléra, apparue en Inde, a tué 20 000 personnes à la Mecque. D’autres épidémies ont frappé la ville sainte en 1841, en 1847, en 1851, en 1856-57 et en 1859

DJEDDAH: Le Hajj – pèlerinage annuel vers les Lieux saints de La Mecque – est l’un des plus grands rassemblements religieux du monde et fait partie des plus anciens mouvements de foule sur de longues distances.

Avant la pandémie de Covid-19, le Hajj a été touché par plusieurs épidémies au cours de l’Histoire. Le pèlerinage a parfois été suspendu, et le déplacement des pèlerins vers la Ville sainte limité. Ces maladies ont fait des victimes parmi les pèlerins et les habitants de La Mecque.

L’un des premiers fléaux répertoriés à La Mecque est mentionné par l’éminent historien musulman, Ibn Khatir. Dans son ouvrage Al-Bidāya wa-n-Nihāya («Le Commencement et la fin»), il raconte qu’une épidémie connue sous le nom d’«al-Machri» a ravagé La Mecque en 968, tuant un grand nombre de personnes et de chameaux. Les croyants qui ont réussi à terminer leur pèlerinage sont morts peu de temps après.

Plusieurs historiens racontent que les convois de pèlerins étaient nettement plus réduits au cours de cette période, particulièrement dans les régions touchées par l’épidémie, en raison de la détérioration de la situation sociale et économique découlant de cette maladie ou, plus tard, d’autres maladies.La révolution mondiale des transports au XIXe siècle a radicalement transformé le Hajj. De nouveaux moyens de transport ont facilité le déplacement de grands groupes à travers le monde, rendant la transmission de maladies plus rapide et impossible à gérer.

Au cours de ce même siècle, les épidémies se sont multipliées et l’espérance de vie est tombée à 29 ans. Différentes maladies se sont propagées, tuant des millions de personnes aux quatre coins du monde. Le Hijaz a également eu son lot d’épidémies – particulièrement de choléra – qui ont frappé la région à plusieurs reprises via les pèlerins indiens.

Les musulmans connaissent depuis longtemps l'efficacité de la quarantaine, plus particulièrement depuis que le prophète Mahomet a indiqué dans un hadith: «Si la peste est dans un pays, n’y entrez pas mais si vous êtes dans la contrée où elle sévit, restez-y.» Les pèlerins étaient souvent mis en quarantaine dès leur retour dans certains pays lors des épidémies, comme en Égypte sous l’Empire ottoman.

Les mesures de quarantaine ne faisaient cependant pas partie d’une politique de santé publique généralisée à l’époque, et les épidémies mondiales n’étaient pas courantes. Contrairement à la peste, le choléra était une maladie totalement nouvelle et l’humanité n’en avait que très peu de connaissances.

Un agent de santé indien (à droite) administre un vaccin polysaccharidique contre le méningocoque à un pèlerin du Hajj à Hyderabad en 2010. (Image Getty/AFP)

Le choléra a constitué une véritable menace sur les chemins du pèlerinage, notamment après l’ouverture du canal de Suez qui a facilité la propagation des maladies via le transport maritime et ferroviaire. Les pèlerins étaient alors mis en quarantaine pendant quinze jours dans la zone géographique du canal ou de la mer Rouge avant de se diriger vers le Hijaz. 

La maladie apparaît pour la première fois dans la péninsule Arabique en 1821. Pourtant, ce n’est qu’en 1831 qu’elle atteint le Hijaz, se manifestant pour la première fois à La Mecque. Elle entraîne la mort des trois quarts des pèlerins qui affluent à l’époque. Elle porte alors le nom d’«épidémie indienne» et sa propagation est fulgurante.

Selon l’ouvrage Histories of Health in South Asia, publié par l’Indiana University Press, le choléra aurait causé la mort de 20 000 personnes à La Mecque en 1831. D’autres épidémies ont frappé la Ville sainte en 1841, en 1847, en 1851, en 1856-57 et en 1859.

En 1840, l’Empire ottoman a rendu obligatoire la mise en quarantaine, imposant des contrôles aux postes-frontières et dans les villes à proximité des Lieux saints.

Les considérations politiques allaient souvent de pair avec les mesures médicales imposées dans le cadre du Hajj. La flambée de la maladie a incité les puissances coloniales britanniques et européennes à accorder de l’importance à cette crise et à l’inclure dans leur programme de politique internationale, plus pour préserver leurs colonies et leurs intérêts géopolitiques et économiques que pour protéger les pèlerins. Cette politique s’est poursuivie tout au long de la période coloniale qui s’étend de la fin du XIXe siècle au début du XXe.

Les puissances coloniales ont fait pression pour tenir une série de réunions internationales à grande échelle en vue de lutter contre la menace du choléra. La première réunion, connue sous le nom de «Conférence sur le choléra», a eu lieu à Constantinople.

La politique britannique va cependant à l’encontre des données scientifiques publiées par la Conférence sur le choléra. Les Britanniques ont soutenu pendant longtemps que le choléra indien n’était pas contagieux, niant l’efficacité des cordons sanitaires et de la mise en quarantaine des navires après l’ouverture du canal de Suez, ce qui a entraîné de considérables pertes humaines évitables. 


 

QUELQUES FAITS

Le choléra aurait causé la mort de 20 000 personnes à La Mecque en 1831.

Bien que les pèlerins aient souvent été accusés d’être à l’origine du choléra, ce sont les nouvelles technologies, le colonialisme et le capitalisme qui sont responsables de la propagation de la maladie à l’échelle mondiale. Les pèlerins, porteurs de la maladie à leur insu, en ont été victimes.

En 1895, la première Direction de la santé a été créée à La Mecque. Peu à peu, avec le développement de l'assainissement, puis de contre-mesures telles que les vaccins et les antibiotiques, la façon dont le monde aborde les épidémies a radicalement changé. 

Au début des années 1950, le royaume d’Arabie saoudite a construit une carrière pour les pèlerins à l’extérieur de la ville de Djeddah – à l'emplacement de ce qui deviendra plus tard l’hôpital du roi Abdelaziz.

Entre le succès mondialement reconnu de l’Arabie saoudite dans la gestion de la crise sanitaire de la Covid-19 et la mort de dizaines de milliers de personnes à cause du choléra en 1865, le Royaume a acquis une expérience de quatre-vingt-quinze ans dans la gestion des maladies.

«L’Arabie saoudite a acquis une grande expérience en matière de santé publique, notamment en accueillant un grand nombre de pèlerins au cours des saisons du Hajj et de l’Omra», affirme le Dr Wael Bajahmoom, consultant en maladies infectieuses et chef du service de médecine interne à l’hôpital du roi Fahd à Djeddah, dans un entretien à Arab News.

L'Histoire du Royaume a permis aux autorités saoudiennes modernes d'acquérir une grande expérience dans la gestion des foules et le contrôle des maladies.

Un rapport récemment publié par l’Institut de recherche sur le Hajj et l’Omra indique que les maladies infectieuses constituent une véritable menace pour les saisons actuelles du Hajj.

Selon ce rapport, 26 à 60,5 % des cas signalés au cours des saisons précédentes du Hajj souffrent de maladies respiratoires comme le rhume et la pneumonie. Pour les autres cas, il s’agit de maladies digestives comme la grippe intestinale, la diarrhée et la méningite. Le taux de mortalité dû aux maladies infectieuses pendant le Hajj varie de 1,08 à 13,67 % avec une moyenne de 7,1 %. 

«Il vaut mieux prévenir que guérir.» Telle est la politique que l’Arabie saoudite prône, selon le Dr Bajahmoom. Sa gestion exemplaire de la pandémie de Covid-19 en est un parfait exemple. Le gouvernement a en effet limité le Hajj aux pèlerins locaux vaccinés.

«Le Royaume est déterminé à préserver la sécurité des fidèles et des visiteurs des Lieux saints. L’un des piliers de la sécurité est la prévention – et donc la vaccination. Les vaccins ont joué un rôle incontournable pour lutter contre les crises sanitaires au cours des dernières décennies», ajoute Wael Bajahmoom.

La méningite constitue l’une de ces menaces, une maladie hautement contagieuse lors des rassemblements dans des Lieux saints comme La Mecque. Les vaccins ont joué un rôle primordial pour en freiner la propagation.

Selon la Meningitis Research Foundation, une institution basée au Royaume-Uni, plusieurs épidémies de méningite ont été liées aux pèlerinages du Hajj. Des cas apparaissent également dans le monde après le retour des pèlerins dans leurs pays. Depuis 2002, l’Arabie saoudite a rendu obligatoire la vaccination contre la maladie pour entrer dans le Royaume durant le Hajj et l’Omra. Aucun foyer de la maladie en lien avec le Hajj n’a été recensé depuis. 

Le rapport Public Health Concerns publié par le ministère saoudien de la Santé en 2019 –dernière année au cours de laquelle le Royaume a accueilli des pèlerins du monde entier avant la pandémie de Covid-19 – indique que le vaccin contre la méningite est obligatoire pour toute personne dans la région du Hajj. Il indique également que les vaccins contre la poliomyélite et la fièvre jaune sont obligatoires pour les pèlerins en provenance de certains pays et que le vaccin contre la grippe saisonnière est facultatif mais fortement recommandé.

Le ministère de la Santé a également mis en garde contre d’autres virus et maladies comme la dengue, la poliomyélite, la tuberculose, les fièvres hémorragiques dont le virus Ebola et la fièvre Lassa, la rougeole, le virus Zika, les virus à diffusion hématogène, ainsi que les maladies transmises par l'eau et les aliments.

Le Dr Bajahmoom explique que des facteurs spécifiques sont à l’origine des vaccins exigés pour les pèlerins comme le taux de propagation d’une épidémie dans une région donnée ou à l’échelle internationale, ainsi que des facteurs environnementaux qui facilitent la propagation de certaines maladies comme une saison particulière ou des changements météorologiques.

Des agents de santé saoudiens administrent des doses de vaccin à des pèlerins égyptiens à leur arrivée à Djeddah en 2002. (Image Getty/AFP)

«Le premier vaccin requis pendant cette saison du Hajj est celui contre la Covid-19», précise-t-il.

L’Arabie saoudite a été confrontée à plusieurs épidémies et virus depuis la méningite. En 2009, avec la propagation de la grippe porcine, le Royaume a interdit aux personnes âgées, aux enfants et aux pèlerins souffrant de maladies chroniques d’effectuer le pèlerinage du Hajj.

En outre, avec la propagation rapide du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) en 2013, les autorités saoudiennes ont incité les personnes âgées ainsi que celles souffrant de maladies chroniques à s’abstenir d’effectuer le Hajj, la maladie ayant déjà entraîné la mort de plusieurs dizaines de personnes à travers le Royaume.

Par ailleurs, au cours de l’épidémie d’Ebola qui a tué 11 300 personnes entre 2014 et 2016, l’Arabie saoudite a établi des plans d’intervention spécifiques, comme le déploiement de personnel médical dans les aéroports et la mise en place d’unités d’isolement alors que trois millions de musulmans en provenance du monde entier se rendaient au Royaume pour le Hajj. Le pays a également suspendu les visas pour les pèlerins venant de la Guinée, de la Sierra Leone et du Liberia, les trois pays les plus gravement touchés par l’épidémie.

Avec la propagation de la Covid-19 qui a fait des milliers de morts dans le monde au début de l’année 2020, des dizaines de travailleurs ont été chargés de stériliser les sols de la Grande Mosquée de La Mecque. L’Arabie saoudite a également décidé d’interdire l’entrée dans le pays aux pèlerins, en sus de la mise en place de mesures sanitaires pour effectuer le Hajj et l’Omra – une décision saluée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

«L’Arabie saoudite a joué un rôle majeur dans la lutte contre les épidémies tant sur le plan local qu’international», affirme le Dr Bajahmoom. «Sa coopération avec le reste du monde ne s’est pas limitée à un échange de données de recherche, mais aussi à un soutien médical et financier aux pays voisins, ainsi qu’à ceux plus éloignés.»

L’un des plus importants contributeurs à la recherche scientifique est le Centre mondial pour la médecine des rassemblements de masse, affilié au ministère de la Santé, et qui travaille en étroite collaboration avec l’OMS pour la gestion sanitaire des rassemblements de masse. C’est l’un des rares centres au monde spécialisés dans ce domaine.

«Ces deux années d’expérience dans la gestion de la pandémie de Covid-19, ainsi que les autres expériences vécues par le Royaume afin de freiner les crises sanitaires, nous dotent de capacités exceptionnelles pour venir à bout de toute éventuelle crise sanitaire», déclare le Dr Bajahmoom.

À mesure que l’Arabie saoudite se rapproche de plus en plus de l’immunité collective, Wael Bajahmoom espère que le Royaume pourra de nouveau accueillir des pèlerins du monde entier.

«Cette pandémie n’est qu’une des nombreuses crises auxquelles nous avons dû faire face. Bientôt, elle ne sera plus qu’un lointain souvenir. Elle nous donnera la force qu’il faut pour affronter l’avenir.»

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.