JO-2020: les sports commencent, la course contre le Covid continue

L'arrivée de la flamme olympique à Tokyo le 9 juillet 2021. Archives/AFP
L'arrivée de la flamme olympique à Tokyo le 9 juillet 2021. Archives/AFP
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Publié le Mercredi 21 juillet 2021

JO-2020: les sports commencent, la course contre le Covid continue

  • Deux salles, deux ambiances: alors que le softball a ouvert le bal des épreuves sportives des Jeux olympiques de Tokyo mercredi matin, le patron de l'organisation mondiale de la santé a rappelé que «la course contre le virus» n'était pas terminée
  • «Nous ne sommes pas dans une course les uns contre les autres, nous sommes dans une course contre le virus», a déclaré le directeur général de l'agence onusienne face aux membres du CIO réunis dans la capitale japonaise pour leur 138e session

TOKYO : Deux salles, deux ambiances: alors que le softball a ouvert le bal des épreuves sportives des Jeux olympiques de Tokyo mercredi matin, le patron de l'organisation mondiale de la santé a rappelé que "la course contre le virus" du Covid-19 n'était toujours pas gagné.

Ces JO seront décidément hors-normes: dans un silence de cathédrale en raison du huis-clos, seulement interrompu par quelques encouragements de ses partenaires, la Japonaise Yukiko Ueno a lancé à 09h00 locales (00h00 GMT) les Jeux et la première balle du match de softball contre l'Australie, à Fukushima. Une première bouffée d'oxygène pour ces JO, reportés d'un an pour raisons sanitaires, qui se disputeront sous des conditions strictes, deux jours avant la traditionnelle cérémonie d'ouverture officielle, vendredi soir.

Le coup d'envoi de ce match de softball (version féminine du baseball), depuis Fukushima - dont la région a été gravement affectée par l'accident nucléaire de mars 2011 consécutif à un puissant séisme et à un tsunami meurtrier - devait être le symbole fort de ces "Jeux de la reconstruction": c'était la formule employée en 2013, au moment de l'attribution de ces Jeux à la capitale japonaise.

Mais depuis, le Covid est passé par là.

Et au moment même de ce premier lancer, à 300 km au sud à Tokyo, le discours du directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, invité à s'exprimer devant la 38e session du Comité international olympique, a rappelé que ces XXXIIe JO d'été seraient plutôt "les Jeux de la pandémie".

Invité inattendu

"Nous ne sommes pas dans une course les uns contre les autres, nous sommes dans une course contre le virus", a déclaré le directeur général de l'agence onusienne face aux membres du CIO réunis dans la capitale japonaise pour leur 138e session. "Pour réussir ces Jeux olympiques, il faut de la vitesse, de la force et de l'habileté, mais aussi de la détermination, du dévouement et de la discipline", a-t-il souligné, appelant le monde à faire preuve des mêmes qualités pour "triompher de la pandémie".

Alors que le Covid-19 a déjà fait plus de quatre millions de morts, "nous sommes au premier stade d'une nouvelle vague d'infections et de décès", et "100.000 personnes supplémentaires perdront la vie d'ici l'extinction de la flamme olympique le 8 août", a-t-il insisté. "La pandémie prendra fin lorsque le monde choisira d'y mettre fin. Tout ceci est entre nos mains", a-t-il lancé, appelant à accélérer l'administration de vaccins et surtout à partager plus équitablement les doses entre pays.

Au Japon, le bilan quotidien des tests effectués depuis le 1er juillet sur les personnes travaillant sur les JO (sportifs, encadrements, médias) affichaient mercredi 79 cas positifs, sur plus de 20.000 personnes testées. Pendant ce temps, à Fukushima, les Japonaises remportaient finalement leur premier match de la compétition, lors d'un huis clos seulement entrecoupé d'un habillage musical lors des changements de joueuses... avec toutefois un invité inattendu: un ours, aperçu sur le site dans la nuit de mardi à mercredi et à nouveau mercredi matin. Des Jeux hors-normes ont débuté.

JO-2020: la technologie peut-elle compenser l’absence de public?

TOKYO : Alors que les Jeux olympiques de Tokyo s'ouvrent vendredi dans un huis clos quasi-total à cause de la pandémie, les téléspectateurs pourront compter plus que jamais sur les progrès des technologies de diffusion pour leur faire vivre l'événement en immersion.

Après le report des Jeux d'un an dû à la pandémie, "nous avons pris l'engagement de ne pas réduire l'amplitude et la qualité de notre couverture", explique à l'AFP Yiannis Exarchos, directeur général d'Olympic Broadcasting Services (OBS), société chargée de filmer et diffuser tous les JO depuis 2008.

Les retransmissions olympiques ont bien évolué depuis la première expérience télévisée à Berlin en 1936, avec trois caméras captant des images pour un public installé à quelques kilomètres de là. Les équipes d'OBS se préparent ainsi à filmer pendant ces JO-2020 quelque 9.500 heures d'images - 30% de plus qu'à Rio en 2016 - mises à disposition des chaînes de télévision du monde entier ayant acquis les droits de diffusion, et promettent aux téléspectateurs une expérience améliorée par diverses nouveautés technologiques.

Parmi ces innovations, Yiannis Exarchos cite le 3D Athlete-Tracking, un système combinant les images de plusieurs caméras grâce à l'intelligence artificielle pour revoir des actions sportives sous tous les angles. "Quelques secondes après un 100m, vous pouvez recréer toute la course en 3D et identifier par exemple les pics de vitesse des athlètes, un bon moyen pour montrer aux téléspectateurs les coulisses de ces performances incroyables", décrit-il.

Bruits de public enregistrés

Pour la première fois, les Jeux seront intégralement filmés et mis à disposition des chaînes en ultra-haute définition (4K), et les téléspectateurs japonais disposant d'un téléviseur adéquat auront même droit pour certains sports à une diffusion en 8K, standard à la définition quatre fois supérieure sur lequel planche depuis 1995 la chaîne publique japonaise NHK, leader mondial dans ce domaine.

"L'un des points forts de la 8K est de rendre de manière inégalée le détail du mouvement des corps à l'écran", explique Takayuki Yamashita, du centre de recherche technologique de la NHK, évoquant notamment les ralentis de haute qualité permis par des caméras développées récemment.

La salle de production des services de diffusion des Jeux Olympiques à Madrid le 13 novembre 2018. Photo AFP/Archives

"Il ne faut pas non plus que ce soit la course aux K", pense toutefois le directeur des sports de France Télévisions Laurent-Eric Le Lay, avant d'évoquer une nouveauté de la chaîne pour ces Jeux, un plateau de télévision qui semblera immergé dans la Baie de Tokyo grâce à la réalité virtuelle.

"On va créer une bulle de verre virtuelle, avec un décor qui montrera les plus beaux immeubles de Tokyo derrière. Il y aura un très gros travail pour faire vivre ce plateau." Pour pallier l'absence de spectateurs dans les stades, OBS a créé à partir des enregistrements de Jeux précédents des ambiances sonores adaptées à chaque sport, qui seront diffusées sur les lieux de compétition.

Les sportifs privés de public pourront quand même voir les fans les encourager, via des écrans affichant des mosaïques de selfies vidéos envoyés du monde entier, et être connectés en vidéo à leurs proches dès la fin de leurs épreuves.

«Au service du storytelling»

Les mesures sanitaires drastiques ont forcé les diffuseurs nationaux, à qui OBS fournit les images, à dépêcher moins de personnel au Japon, assurant une partie des opérations techniques comme la réalisation depuis leur propre pays.

Optimisant son dispositif comme la majorité des diffuseurs, France Télévisions envoie ainsi 180 collaborateurs sur place, contre 210 à Rio en 2016, un changement rendu possible grâce à l'adoption par OBS des technologies IP et du Cloud, permettant de manipuler à distance des fichiers informatiques toujours plus volumineux.

Mais "il est très important pour nous qu'une partie du dispositif reste sur place, notamment tout l'aspect éditorial et commentaire des épreuves", note M. Le Lay, qui précise que France Télévisions enverra plus d'une trentaine de journalistes et une quarantaine de consultants sportifs.

Les interviews des sportifs tricolores seront ainsi réalisées au Japon: "je pense que pour les téléspectateurs français c'est important d'être sur place, plutôt que d'être à Paris avec un Skype mal cadré sur les athlètes." "La technologie doit être au service du storytelling", résume Yiannis Exarchos: "C'est un de nos mantras incontournables: nous adorons la technologie, mais elle doit être utilisée pour raconter les histoires des meilleurs athlètes du monde."


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".