Les Palestiniens saluent la décision de Ben & Jerry’s; les allégations d’antisémitisme sont rejetées

Cette photo montre une israélienne qui travaille à l’usine de Ben & Jerry’s dans la zone industrielle de Be’er Tuvia, en Israël, le 20 juillet 2021. (AP)
Cette photo montre une israélienne qui travaille à l’usine de Ben & Jerry’s dans la zone industrielle de Be’er Tuvia, en Israël, le 20 juillet 2021. (AP)
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Publié le Mercredi 21 juillet 2021

Les Palestiniens saluent la décision de Ben & Jerry’s; les allégations d’antisémitisme sont rejetées

  • Pour le ministre palestinien des Affaires étrangères, la décision est «morale» et «légale», rapporte un communiqué publié par l’agence de presse palestinienne Wafa
  • La décision de Ben & Jerry’s intervient après l’annulation d’un match de football amical entre Barcelone et le club Beitar Jérusalem, l’équipe espagnole ayant refusé de jouer à Jérusalem

JÉRUSALEM: Les Palestiniens et leurs partisans ont salué la décision du fabricant américain de glaces Ben & Jerry’s, qui a suspendu la vente de ses produits dans les territoires palestiniens occupés.

«Nous pensons qu’il n’est pas compatible avec nos valeurs que les glaces Ben & Jerry’s soient vendues dans les territoires palestiniens occupés. Nous comprenons parfaitement les inquiétudes dont nos clients et nos partenaires de confiance nous ont fait part», a annoncé lundi dernier la marque américaine, qui a toutefois l’intention de rester en Israël. 

Le journal israélien Haaretz a ainsi titré son article: «Ben & Jerry’s arrête la vente de ses produits dans les colonies». Pour le ministre palestinien des Affaires étrangères, la décision est «morale» et «légale», rapporte un communiqué publié par l’agence de presse palestinienne Wafa.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Yaïr Lapid, a quant à lui fermement condamné la décision de Ben & Jerry’s, qui représente selon lui, comme il l’écrit sur Twitter, «une capitulation honteuse devant l’antisémitisme, devant le mouvement BDS [Boycott, désinvestissement et sanctions, campagne qui appelle au boycott des produits israéliens], devant tout ce qui est mauvais dans le discours anti-israélien et antijuif». Il ajoute: «Nous ne pouvons passer cet acte sous silence.»

Jeremy Ben-Ami, président de J Street – groupe de pression en faveur de la résolution du conflit israélo-palestinien, situé à Washington –, a pour sa part rejeté les accusations d’antisémitisme. «Quand une grande entreprise de glaces fondée par deux entrepreneurs juifs décide de ne plus commercialiser ses produits dans les territoires palestiniens occupés, on ne peut pas parler d’antisémitisme», précise-t-il.

Ali Abunimah, cofondateur de The Electronic Intifada, une publication en ligne de Chicago qui couvre le conflit israélo-palestinien, a répondu aux propos de Lapid: «La glace est antisémite. Ce régime d’apartheid odieux et criminel ne s’est pas contenté de tuer des dizaines d’enfants à Gaza au mois de mai, il veut maintenant déclarer la guerre à @benandjerrys. @yairlapid donnera-t-il l’ordre d’ouvrir le feu sur le siège du fabricant de glaces, tout comme “Israël” a bombardé l’AP?» Abunimah fait là allusion aux frappes aériennes israéliennes du mois de mai dernier, qui ont détruit un immeuble de Gaza abritant les locaux de l’Associated Press.

Lapid a également condamné le mouvement BDS, même s’il n’existe pas de lien direct clair entre cette campagne de boycott et la décision du fabricant de glaces.  Sur Twitter, il note que plus de trente États américains «ont adopté des lois anti-BDS au cours des dernières années», ajoutant: «J’ai l’intention de demander à chacun d’entre eux de les appliquer contre Ben & Jerry’s. L’entreprise ne peut traiter Israël de la sorte. Cet acte ne restera pas sans conséquences.»

Le mouvement BDS a salué la décision de Ben & Jerry’s, qui est une filiale du géant britannique des biens de consommation Unilever. Il déclare qu’elle est le fruit des efforts déployés par ses militants depuis des années. «Après des années de mobilisation de #BDS, l’entreprise @benandjerrys a annoncé qu’elle ne vendrait plus ses produits dans les colonies israéliennes illégales sur les territoires palestiniens volés», écrit BDS sur Twitter.

Ayman Odeh, président de la Liste arabe unie à la Knesset, a publié une photo sur laquelle on le voit en train de savourer une glace Ben & Jerry’s en Israël.  Aida Touma-Suleiman, sa collègue à la Knesset, affirme quant à elle: «Cette décision est juste et conforme à la morale. Les territoires palestiniens occupés ne font pas partie d’Israël. Arrêter les ventes permet d’exercer une certaine pression pour mettre fin à l’occupation. J’espère que Ben & Jerry’s ne sera pas la dernière entreprise à prendre une telle décision.»

Certes, la tempête politique qui résulte de cette décision est tout à fait sérieuse. Pour autant, certains ont choisi l’humour pour évoquer la situation. Ainsi Nayla Farouki, ancienne productrice du programme éducatif pour enfants Sesame Street, écrit-elle: «Les autorités israéliennes ne restent résolument pas de glace face à la décision de #BenAndJerrys. C’est si léger et si amusant. J’ai l’intention de m’en délecter en dégustant un “méga chocolat noir” produit localement. #BDS.»

Mohammed el-Kurd, un influenceur originaire de Cheikh Jarrah, un quartier de Jérusalem-Est, n’a pas non plus résisté au plaisir de jouer sur les mots: «Je suis très heureux de constater que rien ne fait fondre la colère des hommes politiques et de leurs acolytes», lance-t-il. La décision de Ben & Jerry’s intervient après l’annulation d’un match de football amical entre Barcelone et le club Beitar Jérusalem, l’équipe espagnole ayant refusé de jouer à Jérusalem.

Les Palestiniens affirment que les fans inconditionnels du Beitar sont connus pour scander des slogans racistes appelant à la mort des Arabes. Il s’agit d’ailleurs de la seule grande équipe de football israélienne qui n’a jamais aligné de joueur arabe.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.