La Mostra ouvre, comme un défi au virus qui a fermé les cinémas

L’actrice britannique Tilda Swinton portant un masque doré à son arrivée au Lido pour la présentation de The Human Voice, au deuxième jour de la 77e édition de la Mostra, festival du film de Venise. (Alberto Pizzoli/AFP)
L’actrice britannique Tilda Swinton portant un masque doré à son arrivée au Lido pour la présentation de The Human Voice, au deuxième jour de la 77e édition de la Mostra, festival du film de Venise. (Alberto Pizzoli/AFP)
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Publié le Vendredi 04 septembre 2020

La Mostra ouvre, comme un défi au virus qui a fermé les cinémas

  • La 77e édition de la Mostra de Venise a ouvert officiellement mercredi soir, premier grand festival international de cinéma depuis que le Covid a bouleversé la planète
  • "Ces derniers mois, qui étaient comme des années, nous étions dans nos bulles, nourris d'images dans nos salons", a lancé la présidente du jury Cate Blanchett aux invités, "Mais aujourd'hui le cinéma doit répondre (à un) besoin vital"

VENISE : Après la maladie, l'angoisse du confinement et les soirées streaming, place enfin au 7e art : la 77e édition de la Mostra de Venise a ouvert officiellement mercredi soir, premier grand festival international de cinéma depuis que le Covid a bouleversé la planète.

"Ces derniers mois, qui étaient comme des années, nous étions dans nos bulles, nourris d'images dans nos salons", a lancé la présidente du jury Cate Blanchett aux invités, tous masqués, rassemblés dans la salle de gala du Palais du cinéma.

Mais aujourd'hui le cinéma doit répondre au "besoin vital (...) pour des inconnus de se réunir dans le noir" pour une "expérience collective" à nulle autre pareille, a-t-elle ajouté, en robe bleu nuit à paillettes, avant que ne soit donné comme chaque année le coup d'envoi officiel du plus ancien festival de cinéma du monde.

Rappel cruel des contraintes exceptionnelles avec lesquelles doit cependant composer la Mostra, qui a dû renoncer au défilé habituel de stars hollywoodiennes : c'est par des vidéos tournées au téléphone portable qu'une brochette de célébrités qui n'ont pas fait le déplacement, de Dustin Hoffman à Jane Campion en passant par George Clooney, ont partagé leur amour du cinéma.

L'actrice oscarisée Tilda Swinton, elle, était bien là en chair et en os (et en noir et blanc) pour recevoir un Lion d'Or d'honneur, et crier sa "pure joie" de voir des films avec "d'autres êtres vivants, sur grand écran". Elle a rendu hommage à l'acteur américain Chadwick Boseman, décédé fin août, tandis que l'ensemble de l'assistance a offert une ovation debout à Ennio Morricone, compositeur de musique de films de génie décédé le 6 juillet.

Plus tôt dans la journée, Cate Blanchett avait dit sa joie d'être à Venise : "Ces six derniers mois, je parlais uniquement avec les cochons et les poulets... Je suis contente d'avoir enfin des discussions intéressantes avec des adultes !".

La présidente du jury, qui doit décerner dans dix jours le Lion d'Or du meilleur film, a appelé l'industrie du cinéma à profiter de la crise pour faire son aggiornamento sur la place du streaming (diffusion en ligne) et des salles de cinéma.

En salle

La veille, le directeur de la Mostra Alberto Barbera avait eu ce cri du cœur dans un entretien avec l'AFP : "Nous en avons assez de voir des films en streaming ! L'expérience du film en salle nous manque. Et il est temps de redémarrer". Mais avec des mesures sanitaires draconiennes, dont des accès surveillés par caméra thermique.

Signe de l'importance de l'évènement pour la planète cinéma, les directeurs des plus grands festivals européens ont rangé leurs rivalités dans leur poche pour afficher leur solidarité sur la Lagune. "Nous ne sommes pas encore dans le monde d'après" le Covid, a mis en garde Thierry Frémaux, le directeur du festival de Cannes contraint à l'annulation au printemps, tout en disant avoir "toute confiance en l'avenir".

Et il en faudra : l'industrie cinématographique mondiale est en plein marasme après des mois de fermeture de salles ou d'arrêt de tournages autour de la planète.

C'est un film italien, "The Ties"/"Lacci", de Daniele Luchetti, qui ouvre le bal. Présenté hors compétition, ce drame intimiste explore avec brio les fêlures d'une famille napolitaine sur trois décennies.

Le jury se mettra au travail jeudi pour commencer à visionner les 18 films en compétition, dont 8 réalisés par des femmes, venant aussi bien d'Italie, d'Inde que de Pologne et d'Azerbaïdjan.

Aux côtés de Cate Blanchett siègent notamment l'acteur américain Matt Dillon, le réalisateur allemand Christian Petzold, ou encore la comédienne française Ludivine Sagnier, pour désigner le successeur de "Joker" de Todd Phillips, couronné l'an dernier avant de remporter cinq mois plus tard deux Oscars.

Des cinéastes confirmés sont de la compétition, comme l'Israélien Amos Gitaï avec "Laila in Haifa" ou le Japonais Kiyoshi Kurosawa ("Les amants sacrifiés"). La France est représentée par un seul film, le drame "Amants" de Nicole Garcia.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".