Après les géants de la tech, Pékin durcit le ton contre le secteur éducatif privé

Quelques 11 000 étudiants participent à leur cérémonie de remise des diplômes à l'Université de Wuhan, au centre de la Chine. Le secteur éducatif privé pesait en 2018 quelque 260 milliards de dollars. (Photo, AFP)
Quelques 11 000 étudiants participent à leur cérémonie de remise des diplômes à l'Université de Wuhan, au centre de la Chine. Le secteur éducatif privé pesait en 2018 quelque 260 milliards de dollars. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 27 juillet 2021

Après les géants de la tech, Pékin durcit le ton contre le secteur éducatif privé

  • L'industrie des cours de soutien et des préparations d'examens est un créneau extrêmement juteux en Chine, où l'enseignement est très compétitif et élitiste
  • Ce durcissement réglementaire n'est pas sans rappeler celui en cours dans le domaine de la tech contre des entreprises comme Alibaba, Didi ou Tencent

PEKIN : Nouveau tour de vis réglementaire: après avoir recadré ses géants technologiques, Pékin durcit le ton contre le lucratif secteur éducatif, dont les actions ont dévissé lundi.

L'industrie des cours de soutien et des préparations d'examens est un créneau extrêmement juteux en Chine, où l'enseignement est particulièrement compétitif et élitiste.

Le secteur pesait en 2018 quelque 260 milliards de dollars, selon le cabinet d'étude L.E.K. Consulting.

Obsédés par la réussite de leurs enfants, les parents chinois ont pour habitude de dépenser sans compter dans les activités de soutien scolaire, ce qui a permis à des géants de l'éducation de voir le jour, certaines firmes sont même cotées aux Etats-Unis.

Mais la charge de travail excessive des écoliers chinois et les coûts prohibitifs liés à l'éducation sont de plus en plus décriés.

Selon de nouvelles directives publiées samedi par le gouvernement, les entreprises de soutien scolaire devront dorénavant s'enregistrer en tant qu'associations à but non lucratif.

Et elles ne pourront plus donner de cours le week-end, les jours fériés et pendant les vacances scolaires.

Les analystes redoutent que cette législation ne compromette les futures inscriptions et in fine ne pèse sur la rentabilité des entreprises du secteur.

Résultat, le tour de vis a fait plonger en Bourse lundi les actions des champions chinois de l'éducation privée.

New Oriental Education, l'un des leaders du marché, a perdu 47% à la Bourse de Hong Kong.

Koolearn Technology, spécialisé dans les cours en ligne, a cédé plus de 33%; tandis que China Maple Leaf Educational, qui prépare notamment à l'admission dans les universités étrangères, a reculé de près de 11%.

Ces valeurs ont fait plonger la Bourse de Hong Kong, qui a clôturé lundi en baisse de plus de 4%.

Vendredi déjà, le poids lourd du secteur TAL Education Group, coté à New York, avait perdu 71% sur fond de rumeurs d'un durcissement de la législation. Et son PDG, Zhang Bangxin, a vu sa fortune fondre de 1,1 milliard de dollars, selon l'agence d'information financière Bloomberg.

Les nouvelles mesures, qui visent à alléger la surcharge de travail des écoliers chinois et la pression financière sur leurs parents, sont décrétées au moment où Pékin cherche à stimuler la natalité sur fond de ralentissement économique.

Le fardeau financier est souvent ce qui dissuade le plus les jeunes couples chinois d'avoir un enfant.

Ce durcissement réglementaire dans le secteur éducatif n'est pas sans rappeler celui en cours dans le domaine de la tech, où une législation relativement laxiste sur les données, et l'absence de concurrents étrangers, ont permis à des géants locaux d'émerger.

Ces derniers mois, le pouvoir a fait preuve de davantage de fermeté et a lancé des procédures à l'encontre de plusieurs poids lourds du secteur, priés de "rectifier" des pratiques jusque-là tolérées.

Alibaba, le géant chinois du commerce en ligne fondé par le fantasque milliardaire Jack Ma, a ainsi été condamné en avril à payer 2,3 milliards d'euros d'amende pour entrave à la concurrence.

Didi, qui domine en Chine le marché de la réservation de voitures avec chauffeur (VTC), est lui visé par une enquête en lien avec sa collecte de données privées.

Ces déboires interviennent après la levée de 4,4 milliards dollars (3,7 milliards d'euros) par Didi lors de son entrée fin juin à la Bourse de New York -- à laquelle Pékin n'était pas favorable.

Le mastodonte de l'internet Tencent est la dernière entreprise à se retrouver dans le collimateur de Pékin.

Le groupe, ultradominant en Chine sur le marché du streaming musical, a été épinglé samedi par le régulateur pour pratiques anticoncurrentielles et prié de renoncer à ses droits musicaux exclusifs.

Le régulateur chinois a par ailleurs rendu public lundi un projet de réglementation visant à davantage encadrer les livraisons de repas, un secteur largement dominé par les géants de la tech.

En vertu des nouvelles directives, les entreprises devront garantir aux livreurs un salaire supérieur au minimum légal et des cadences raisonnables.

Cette mesure intervient après plusieurs scandales retentissants qui ont mis en lumière les conditions de travail précaires des employés du secteur. 

L'action du chinois Meituan, l'un des leaders du marché, a dévissé de 14% lundi à Hong Kong.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.