Najib Mikati, un milliardaire honni par la rue pour diriger un Liban en déliquescence

Grand et chauve, l'homme d'affaires sunnite de 65 ans est originaire de Tripoli, l'une des villes les plus pauvres du Liban, dont la population estime souvent être oubliée par l'Etat. (AFP).
Grand et chauve, l'homme d'affaires sunnite de 65 ans est originaire de Tripoli, l'une des villes les plus pauvres du Liban, dont la population estime souvent être oubliée par l'Etat. (AFP).
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Publié le Mardi 27 juillet 2021

Najib Mikati, un milliardaire honni par la rue pour diriger un Liban en déliquescence

  • Pour une partie de l'opinion publique, M. Mikati --dont le frère Taha est également milliardaire-- est l'incarnation de ce système politique libanais gangréné par le clientélisme
  • Ami personnel du président syrien Bachar al-Assad, il a souvent été accusé de proximité avec le Hezbollah, une étiquette dont il a toujours cherché à s'affranchir

BEYROUTH: Homme le plus fortuné du Liban, Najib Mikati, désigné lundi pour former un gouvernement de sauvetage dans un pays en plein effondrement, fait partie d'une classe politique inamovible depuis plusieurs décennies, accusée par la rue d'être corrompue et d'avoir laissé couler le pays.
Grand et chauve, l'homme d'affaires sunnite de 65 ans est originaire de Tripoli, l'une des villes les plus pauvres du Liban, dont la population estime souvent être oubliée par l'Etat. 
Engagé en politique depuis plus de deux décennies, ce parlementaire a occupé le poste de Premier ministre à deux reprises.

 

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Lors d'une réunion avec le Roi Salmane d'Arabie saoudite en compagnie de Fouad Siniora et Tammam Salam, également anciens premiers ministres du Liban (AFP PHOTO /SAUDI PRESS AGENCY (SPA)).

Dans un Liban multiconfessionnel, régi par un laborieux système de partage du pouvoir entre communautés religieuses, il reste un des chefs de file de la communauté sunnite. Le magazine Forbes estime sa fortune à 2,7 milliards de dollars.

Pour une partie de l'opinion publique, M. Mikati --dont le frère Taha est également milliardaire-- est l'incarnation de ce système politique libanais gangréné par le clientélisme, l'affairisme, la corruption et les conflits d'intérêts.

Il a été nommé une première fois chef de gouvernement pendant trois mois dans la foulée de l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri en 2005.

 

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Avec le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius au Quai d'Orsay en 2013. (AFP). 

 

En 2011, il a dirigé une équipe ministérielle dominée par le Hezbollah chiite et ses alliés jusqu'à sa démission en mars 2013, sur fond de profondes divergences internes exacerbées par le conflit en Syrie voisine.

Auparavant, il avait occupé le portefeuille des Travaux publics entre 1998 et 2004, qu'il avait réussi à moderniser.

Ami personnel du président syrien Bachar al-Assad, il a souvent été accusé de proximité avec le Hezbollah, une étiquette dont il a toujours cherché à s'affranchir.

Télécoms et immobilier 

Marié et père de trois enfants, l'homme d'affaires est à la tête d'un petit empire international, avec des investissements dans les télécoms mais aussi dans l'immobilier, notamment à Londres, New York et Monaco.

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Avec le Premier ministre italien Enrico Letta en 2013 à Beyrouth. (AFP PHOTO / HO / DALATI AND NOHRA).


Son groupe M1, une holding familiale qu'il a cofondée, est un des principaux actionnaires de l'opérateur sud-africain de télécommunications MTN, propriétaire de la marque de prêt-à-porter haut de gamme "Façonnable", et investisseur dans le transport, le gaz et le pétrole.


En juillet, M1 a repris un des plus gros opérateurs téléphoniques de Birmanie, les détracteurs dénonçant alors des proximités avec la junte birmane.


Najib et son frère Taha s'étaient lancés dans le monde des affaires dans les années 1980 en vendant des téléphones satellites pendant la guerre civile au Liban (1975-1990), indique Forbes.

 

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Avec John Kerry au Koweit en 2013. (AFP).


Ils ont ensuite étendu leurs activités au continent africain avec la construction de tours de téléphonie mobile, notamment au Ghana, au Libéria et au Bénin.


Diplômé en gestion des entreprises de l'Université américaine de Beyrouth (AUB), M. Mikati a étudié à l'institut d'administration des affaires Insead à Fontainebleau, près de Paris, puis à l'université de Harvard aux Etats-Unis.


En octobre 2019, alors qu'un mouvement de contestation inédit réclamait le départ de l'ensemble de la classe dirigeante, la colère des manifestants à Tripoli s'est aussi dirigée contre M. Mikati.


Ses portraits dans la ville ont alors été arrachés et des manifestants ont tenté d'attaquer sa résidence.


Plusieurs enquêtes étaient alors en cours pour des faits de corruption: M. Mikati faisait partie des responsables visés par des soupçons d'"enrichissement illicite".


Mais depuis, les enquêtes piétinent et la contestation populaire s'est essoufflée.


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.