Le tourisme en Jordanie devrait exploser d'ici à 2023, selon des responsables du tourisme

Le secteur du tourisme en Jordanie a progressivement commencé à montrer des signes de redressement après un quasi-effondrement. (Photo AN/Sarah Glubb)
Le secteur du tourisme en Jordanie a progressivement commencé à montrer des signes de redressement après un quasi-effondrement. (Photo AN/Sarah Glubb)
Début juillet, le gouvernement a levé la plupart des mesures de confinement après une forte baisse des infections. (Photo AN/Sarah Glubb)
Début juillet, le gouvernement a levé la plupart des mesures de confinement après une forte baisse des infections. (Photo AN/Sarah Glubb)
L'Union européenne a inclus la Jordanie parmi une douzaine de nouveaux pays sûrs concernant l’épidémie au 1er juillet. (Photo AN/Sarah Glubb)
L'Union européenne a inclus la Jordanie parmi une douzaine de nouveaux pays sûrs concernant l’épidémie au 1er juillet. (Photo AN/Sarah Glubb)
Le roi Abdallah II a demandé au gouvernement de travailler d’arrache-pied, via ses ambassadeurs, afin de présenter la Jordanie comme un pays «sûr» pour voyager. (Photo AN/Sarah Glubb)
Le roi Abdallah II a demandé au gouvernement de travailler d’arrache-pied, via ses ambassadeurs, afin de présenter la Jordanie comme un pays «sûr» pour voyager. (Photo AN/Sarah Glubb)
La Jordanie a commencé par s'ouvrir au tourisme local, puis aux pays voisins du Golfe, et enfin au tourisme international. (Photo AN/Sarah Glubb)
La Jordanie a commencé par s'ouvrir au tourisme local, puis aux pays voisins du Golfe, et enfin au tourisme international. (Photo AN/Sarah Glubb)
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Publié le Samedi 31 juillet 2021

Le tourisme en Jordanie devrait exploser d'ici à 2023, selon des responsables du tourisme

  • Le tourisme régional a commencé à se redresser et les touristes internationaux devraient revenir en août, septembre et octobre
  • Le roi Abdallah II a demandé au gouvernement de travailler d’arrache-pied, via ses ambassadeurs, afin de présenter la Jordanie comme un pays «sûr» pour voyager

AMMAN/LONDRES: Le secteur du tourisme en Jordanie a progressivement commencé à montrer des signes de redressement après un quasi-effondrement dû à la pandémie de Covid-19, déclarent des responsables du tourisme.

Le ministère du Tourisme et des Antiquités et l’Office du tourisme de Jordanie (JTB) ont commencé à s'ouvrir au tourisme intérieur, puis au pays du Golfe ainsi qu’aux pays voisins, afin de faciliter les mouvements frontaliers, déclare à Arab News Dr Abed al-Razzaq Arabiyat, directeur général du JTB.

«Nous attendons le retour du tourisme international en août, septembre et octobre après avoir surmonté plusieurs difficultés», ajoute le directeur.

La Jordanie s'est distinguée par ses faibles taux d’infection à la Covid-19 au début de la pandémie, mais a ensuite connu une augmentation exponentielle des cas confirmés et a enregistré en novembre le plus grand nombre de décès liés au coronavirus par habitant au Moyen-Orient. Les autorités ont déclaré l'état d'urgence et imposé l'un des confinements les plus stricts au monde, frappant durement le secteur du tourisme.

La Jordanie a depuis réussi à faire baisser la courbe épidémiologique; elle est passée d'un pays de la «liste rouge» du Royaume-Uni à la «liste orange» et a considérablement accéléré en février sa campagne de vaccination.

«L'immunité collective est élevée et notre situation épidémiologique donne des indications positives afin qu'une percée complète pour le tourisme dans le Royaume soit possible», déclare M. Arabiyat, ajoutant que la Jordanie a davantage assoupli ses restrictions que de nombreux autres pays, ce qui jouera un rôle majeur pour attirer les touristes.

Il précise que le roi Abdallah II a demandé au gouvernement de travailler d’arrache-pied, via ses ambassadeurs, afin de présenter la Jordanie comme un pays sûr, et que le pays «s’oriente clairement dans cette direction». Des campagnes de marketing sont en place et les offices de tourisme sont prêts à apporter leur contribution, car certains pays ont déjà placé le Royaume sur leurs listes «vertes». Les hôtels et complexes jordaniens ont également commencé à enregistrer des réservations du monde entier pour la période de septembre à novembre.

Le secteur du tourisme en Jordanie a progressivement commencé à montrer des signes de redressement après un quasi-effondrement. (Photo AN/Sarah Glubb)
Le secteur du tourisme en Jordanie a progressivement commencé à montrer des signes de redressement après un quasi-effondrement. (Photo AN/Sarah Glubb)

Le ministre des Transports, Wajih Azayza, déclare que l'aéroport international Queen Alia a accueilli 9 millions de passagers en 2019 et espère revenir à ces chiffres après la pandémie.

L'aéroport a annoncé le 17 juillet avoir accueilli plus de 1,2 million de passagers au cours du premier semestre de l'année, le nombre le plus élevé ayant été enregistré en juin avec plus de 389 000 passagers. La contribution économique totale de l'aéroport a dépassé 3,53 milliards de dollars (1 dollar = 0,84 euro), soit près de 8,9 % du produit intérieur brut (PIB).

Le gouvernement a également initié des programmes de subvention et lancé un fonds de risque touristique évalué à 28,2 millions de dollars afin de soutenir le secteur et atténuer les dommages. En 2019, la Jordanie a accueilli un chiffre record de 3 millions de visiteurs, rapportant 5,78 milliards de dollars, alors que ce chiffre est tombé à 1,41 milliard de dollars en 2020.

La pandémie de Covid-19 a été un désastre pour l’industrie touristique jordanienne, qui a subi son pire recul depuis des décennies l’année dernière. (Photo AN/Sarah Glubb)
La pandémie de Covid-19 a été un désastre pour l’industrie touristique jordanienne, qui a subi son pire recul depuis des décennies l’année dernière. (Photo AN/Sarah Glubb)

Le mois dernier, le roi a appelé à des efforts unifiés afin d’aider le secteur du tourisme et des voyages à se redresser – secteur qui représente près de 20 % du PIB –, et promouvoir le tourisme dans le «Triangle d'or» de Pétra, Wadi Rum et Aqaba.

Abed al-Razzaq Arabiyat souligne que Pétra, l'une des sept merveilles du monde, était la plus touchée en raison de sa forte dépendance au tourisme international, mais il s'attend à «entendre des nouvelles positives d'ici à septembre, car il y a une forte demande pour le “Triangle d'or”».

À partir du 1er juillet, les autorités ont mis en œuvre la deuxième phase de la stratégie jordanienne de retour à la vie normale, les installations touristiques étant autorisées à rouvrir à pleine capacité. Le couvre-feu dans les zones du «Triangle d’or» dans le Sud a été levé et les visiteurs entièrement vaccinés peuvent s’y rendre car elles ont été déclarées zones sans Covid. La phase 3 débutera le 1er septembre, à condition que le nombre de cas reste faible et que le gouvernement atteigne son objectif de vaccination.

La Jordanie a considérablement assoupli les restrictions par rapport à de nombreux pays, ce qui jouera un rôle majeur pour attiser le tourisme. (Photo AN/Sarah Glubb)
La Jordanie a considérablement assoupli les restrictions par rapport à de nombreux pays, ce qui jouera un rôle majeur pour attiser le tourisme. (Photo AN/Sarah Glubb)

M. Arabiyat souligne que le JTB a également lancé la campagne estivale de marketing baptisée «Breathe» pour cibler les touristes, en particulier les familles des pays du Golfe.

Il explique qu'après avoir enduré deux années épuisantes de pandémie, «revenir à la vie telle que nous la connaissions est devenu un rêve que tout le monde aspire à réaliser; envie de voyager et de profiter de la vie, envie de se sentir à nouveau en vie, d'où le nom de notre campagne “Breathe”… les gens doivent pouvoir profiter de la vie et simplement respirer.»

Fawzi al-Hammouri, président de l'Association des hôpitaux privés de Jordanie, déclare qu'il y a eu une très importante augmentation du nombre de patients arrivant en Jordanie afin d’être soignés en juin, particulièrement en provenance d'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe, après avoir connu une baisse au cours de l'année dernière.

M. Arabiyat souligne toutefois que la plus grande préoccupation est de préserver l'emploi dans le secteur du tourisme.

La Jordanie prend plusieurs mesures afin de ramener le nombre de touristes étrangers au niveau record de 3 millions de visiteurs en 2019. (Photo AN/Sarah Glubb)
La Jordanie prend plusieurs mesures afin de ramener le nombre de touristes étrangers au niveau record de 3 millions de visiteurs en 2019. (Photo AN/Sarah Glubb)

Layali Nashashibi, directrice de la communication et des relations publiques chez Mövenpick Hotels and Resorts, déclare que le groupe n’a pas licencié de personnel durant la pandémie, même s'il a dû fermer les deux hôtels de Pétra et un à Aqaba, tandis que l'hôtel de la mer Morte a été utilisé par le gouvernement pour les mises en quarantaine au moment du rapatriement des Jordaniens de l'étranger.

«Aqaba, au début, n’était pas affectée par la Covid-19, mais Aqaba a le tourisme et le port. Si les deux activités fermaient, l'économie en souffrirait donc énormément; les autorités ont alors décidé qu'Aqaba resterait ouverte de 6 heures à 17 heures», précise Layali Nashashibi à Arab News.

«J'ai dû intervenir auprès du gouvernement afin de prolonger certains horaires d’ouverture d’hôtels et de restaurants, ainsi que pour ouvrir davantage d’établissements», précise-t-elle, ajoutant qu'après avoir parlé avec le Premier ministre, le groupe a réussi à prolonger les heures d'ouverture jusqu'à 22 heures dans tout le Royaume.

Les efforts du gouvernement afin de relancer le secteur du tourisme semblent porter leurs fruits, mais les responsables s'attendent à une convalescence de deux ans. (Photo AN/Sarah Glubb)
Les efforts du gouvernement afin de relancer le secteur du tourisme semblent porter leurs fruits, mais les responsables s'attendent à une convalescence de deux ans. (Photo AN/Sarah Glubb)

«Nous comptons désormais sur le tourisme international en Jordanie… Nous sommes optimistes, le gouvernement, le ministère du Tourisme et le JTB nous ont promis que Ryanair et EasyJet reprendront leurs vols vers Aqaba d'ici au mois d’octobre», ajoute-t-elle. EasyJet a commencé à enregistrer des réservations pour Aqaba à partir de novembre, tandis que les navires de croisière ont également commencé à affluer, l'un d'entre eux en provenance de Djeddah devant arriver à Aqaba au début du mois d'août.

Mme Nashashibi déclare avoir également organisé des séjours réservés aux voyagistes. Les autorités proposent différents types de réductions fiscales et de remises sur les taxes d'atterrissage. Les touristes d'Europe de l'Est ont commencé à venir à Aqaba à partir de la fin juin, et les vols en provenance de Russie devraient augmenter au cours de la période à venir.

La ville est réglementée par l'Autorité de la zone économique spéciale d'Aqaba, qui en a fait une ville à faible taux d'imposition et exempte de droits de douane, attirant plusieurs mégaprojets d'investissement comme Ayla Oasis, Saraya Aqaba, Marsa Zayed et contribuant à l'expansion du port; tous ont été fortement affectés.

Les autorités ont annoncé des mesures spéciales pour le «Triangle d'or» de la Jordanie, qui comprend Pétra, Wadi Rum et Aqaba; les visiteurs entièrement vaccinés peuvent s’y rendre car ces zones ont été déclarées sans Covid-19. (Photo AN/Sarah Glubb)
Les autorités ont annoncé des mesures spéciales pour le «Triangle d'or» de la Jordanie, qui comprend Pétra, Wadi Rum et Aqaba; les visiteurs entièrement vaccinés peuvent s’y rendre car ces zones ont été déclarées sans Covid-19. (Photo AN/Sarah Glubb)

«J'espère que la Covid-19 disparaîtra et que tout sera comme avant ou mieux qu'avant», déclare Layali Nashashibi, ajoutant qu'elle n’imagine pas le secteur du tourisme s'améliorer avant le troisième trimestre 2022 et qu’elle s'attend à un boom du tourisme et économique d'ici à 2023.

Sally Abu Hijleh, de l'agence Montana Travel and Tourism, déclare également qu'il faudra près d’un an pour que le tourisme se rétablisse complètement, ajoutant que l’agence travaillait sur des offres et des prix réduits afin d’encourager les voyages.

Selon Marwan Eid Abo al-Adas, propriétaire de la boutique de souvenirs Bazaar al-Wadeeh à Jerash, même si les touristes reviennent cet été, tous les secteurs du tourisme ont subi des pertes si lourdes que, selon lui, ils auront encore du mal à s’en sortir. «Il faut compter deux ou trois ans car il doit y avoir une continuité dans le secteur du tourisme», explique-t-il.

Marwan Soudi, un Jordanien vivant à l'étranger, qui n'a pas pu rentrer chez lui l'année dernière, déclare: « Avec la façon dont elles gèrent la pandémie et la campagne de vaccination en Jordanie, les autorités prévoient que le tourisme revienne à la normale d'ici à 2022-2023, je dirais que cela semble être un objectif raisonnable.»

Le touriste saoudien Abdelaziz al-Shalawi indique qu'en raison du fait que la Jordanie présente l'un des taux d'infection les plus bas, les touristes d'Arabie saoudite préfèrent s'y rendre cet été plutôt que dans n'importe quel autre pays, notamment en Europe, car sa «sécurité est excellente».

M. Al-Shalawi explique que la Jordanie est belle et variée et que les Saoudiens sont également attirés par le Royaume pour ses prestations médicales. «La Jordanie a du potentiel et de très bons médecins et s’efforce d'attirer le tourisme médical, tout en proposant des loisirs», ajoute-t-il.

Le touriste américain Tom Langdon déclare qu'il espère que le tourisme s'ouvrira davantage à partir de juillet pour aider les Bédouins de Pétra et les personnes qui dépendent du tourisme.

«C'est assez malheureux. Je suis allé à Pétra, il devait y avoir à peu près 20 personnes là-bas; l'un des vendeurs m'a montré une vidéo, qui ressemblait à un concert de rock, on aurait dit qu'on pouvait à peine bouger sans toucher quelqu'un et il m’a expliqué que c’était comme ça avant la pandémie de Covid-19», explique-t-il.

«Je pense que la Jordanie est une source inexploitée, et je trouve regrettable qu'une grande partie de ce pays ne soit pas connue de plus de gens. Pratiquement tous les endroits que j’ai visités en Jordanie étaient absolument magnifiques et j'ai passé un très bon moment.»

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.