Dix ans après les émeutes de Londres, une fracture béante entre police et minorités

Dans cette photo d'archive prise le 8 août 2011, les restes incendiés d'un immeuble à Tottenham sont photographiés le 8 août 2011, après des émeutes dans le nord de Londres samedi soir dernier. KI PRICE / AFP
Dans cette photo d'archive prise le 8 août 2011, les restes incendiés d'un immeuble à Tottenham sont photographiés le 8 août 2011, après des émeutes dans le nord de Londres samedi soir dernier. KI PRICE / AFP
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Publié le Vendredi 06 août 2021

Dix ans après les émeutes de Londres, une fracture béante entre police et minorités

  • Dix ans après les violentes émeutes qui ont secoué le Royaume-Uni après la mort d'un homme tué par la police à Londres, la méfiance persiste entre les minorités ethniques et les forces de l'ordre, au risque d'un nouvel embrasement
  • Le 4 août 2011, Mark Duggan, un père de six enfants, métis, âgé de 29 ans, est tué par un policier à la suite d'une filature

LONDRES: Dix ans après les violentes émeutes qui ont secoué le Royaume-Uni après la mort d'un homme tué par la police à Londres, la méfiance persiste entre les minorités ethniques et les forces de l'ordre, au risque d'un nouvel embrasement.

Le 4 août 2011, Mark Duggan, un père de six enfants, métis, âgé de 29 ans, est tué par un policier à la suite d'une filature.

Son quartier de Tottenham, dans le nord de la capitale britannique, s'embrase. Attisées par les difficultés économiques, les émeutes se répandent en Angleterre, faisant cinq morts et des dégâts considérables.

La justice a conclu que les policiers avaient agi "légalement" en ouvrant le feu sur le jeune homme qu'ils croyaient armé, mais qui s'était débarrassé de son pistolet un instant plus tôt. La police a néanmoins reconnu qu'elle avait "encore beaucoup à faire" pour améliorer ses relations avec la population noire.

Il y a 20 ans déjà, un rapport majeur sur le meurtre raciste d'un adolescent noir avait qualifié la police de Londres d'"institutionnellement raciste".

Récemment, un nouveau rapport parlementaire a dénoncé des "disparités raciales injustifiées persistantes et enracinées" dans le maintien de l'ordre et un "échec systémique" à lutter contre les inégalités persistant au Royaume-Uni, où le mouvement Black Lives Matter a donné lieu à d'importantes manifestations l'an dernier.

Relations «au plus bas»

L'un des points de friction porte sur le "stop and search", contrôles et fouilles qui ont permis aux forces de l'ordre de procéder à 74.000 interpellations et 11.000 saisies d'armes l'an dernier.

Sur une période d'un an jusqu'à mars 2020, les Noirs avaient neuf fois plus de chances d'y être soumis que les Blancs en Angleterre et au Pays de Galles.

Selon Ken Hinds, 62 ans, qui mène un groupe de surveillance des pratiques policières dans le quartier londonien de Haringey, épicentre des émeutes de 2011, les relations sont "au plus bas" entre la police et la population noire, sur fond de roulement fréquent des responsables policiers et d'interpellations musclées.

"Aucune leçon n'est tirée. Ce que nous améliorons un jour est fragilisé le lendemain", déclare-t-il à l'AFP.

Un récent rapport sur les disparités raciales est parvenu à la conclusion controversée que le Royaume-Uni représente un "modèle pour les autres pays à population majoritairement blanche".

Mais les minorités restent sous-représentées au sein de la police, particulièrement dans la hiérarchie. Elles représentent 7,6% dans les rangs de la police en Angleterre et au Pays de Galles, contre 14% de la population.

La représentativité des forces de l'ordre ne sera pas atteinte avant 20 ans, estime le rapport parlementaire publié le mois dernier.

Les personnes issues des minorités sont surreprésentées parmi les décès résultant de l'usage de la force par la police, selon l'association spécialisée INQUEST.

«Force d'occupation»

Selon un rapport du cercle de réflexion Henry Jackson Society, classé à droite, 57% des Britanniques noirs estiment que leur population est traitée injustement par la police.

A Haringey, nombre d'habitants perçoivent les forces de l'ordre comme une "force d'occupation", selon Ken Hinds. "Il n'y a pas de respect pour la police", souligne-t-il, estimant que les choses ne sont pas près de changer tant qu'ils sont traités différemment.

David Lammy, député travailliste de Tottenham et auteur en 2017 d'un rapport sur les inégalités dans le système pénal, souligne que les coupes budgétaires affectant police et collectivités risquent de recréer le terreau sur lesquels les émeutes ont poussé.

"Par son échec à mettre en oeuvre des mesures conçues pour s'attaquer au mécontentement dans la société", le Premier ministre Boris "Johnson risque de laisser une étincelle mettre le feu aux poudres", a écrit la député d'opposition dans le Guardian.

Le secrétaire d'Etat chargé de la police Kilt Malthouse met en avant des "améliorations majeures", mais a concédé qu'il reste "beaucoup à faire".

L'un des hauts responsables de la police de Londres, Stephen House, a reconnu que les habitants noirs de la capitale sont ceux qui lui font le moins confiance. Mais recrutement d'officiers issus de la diversité et formation peuvent changer la Metropolitan police "de l'intérieur" et remporter la confiance de toutes les communautés, assure-t-il.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.