Pour remobiliser ses troupes, le président afghan se rend à Mazar-e-Charif, prise d’assaut par les talibans

Des combattants talibans dans la ville de Farah, capitale de la province de Farah, au sud-ouest de Kaboul, en Afghanistan, le 10 août 2021. (AP)
Des combattants talibans dans la ville de Farah, capitale de la province de Farah, au sud-ouest de Kaboul, en Afghanistan, le 10 août 2021. (AP)
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Publié le Jeudi 12 août 2021

Pour remobiliser ses troupes, le président afghan se rend à Mazar-e-Charif, prise d’assaut par les talibans

  • Plus d’un quart des capitales provinciales du pays sont tombées entre les mains du groupe militant en moins d’une semaine
  • La conquête fulgurante des talibans fait craindre que les insurgés ne reprennent le pouvoir par la force comme dans les années 1990

KABOUL: Le président afghan s’est rendu mercredi à Mazar-e-Charif, dans le nord du pays, afin de mobiliser le soutien de personnes d’influence et de freiner la progression rapide des talibans.

Plus d’un quart des capitales provinciales du pays sont tombées entre les mains du groupe militant en moins d’une semaine.

M. Ghani a rencontré plusieurs personnalités influentes de la région, parmi lesquelles figuraient l’ancien vice-président Abdel Rachid Dostom et l’ancien gouverneur de Mazar-e-Charif Atta Mohammed Noor, «pour discuter de la situation sécuritaire».

Au cours d’un entretien accordé à Arab News, Fatima Morchal, la porte-parole du président, déclare: «Le président a évalué la situation sécuritaire globale au nord du pays et il s’est entretenu avec plusieurs personnes afin de discuter de la coordination, des équipements, des ravitaillements et de la mobilisation des agents publics sous l’égide des forces armées.»

Lors de la réunion de mercredi, M. Ghani a désigné M. Dostom «pour mener les opérations contre les talibans dans la région nord».

Lors de sa progression, en 1997, le groupe avait essuyé de lourdes pertes face aux factions qui s’étaient alliées à Dostom. Quatre ans plus tard, des milliers de combattants du groupe – qui avaient capitulé devant les forces de Dostom après l’invasion dirigée par les États-Unis à la fin de l’année 2001 – avaient péri, asphyxiés dans des conteneurs, lors de leur transfert vers la prison.

Après sa réunion avec M. Ghani, M. Dostom s’est adressé aux journalistes en ces termes: «Les talibans  seront éradiqués du nord du pays.»

M. Dostom a évoqué «les aventures meurtrières» des talibans par le passé, ajoutant que le groupe «tomberait de nouveau dans le piège».

Cependant, Zabihullah Moujahid, porte-parole des talibans, a minimisé l’importance du déplacement de M. Ghani dans la région nord.

«En puisant dans les réserves du gouvernement pour former des milices, ces dirigeants ont perdu du terrain au cours des dernières semaines. Ils ne sont pas en mesure de reconquérir les territoires perdus», confie-t-il à Arab News.

Les insurgés talibans ont réalisé de grandes conquêtes territoriales à travers l’Afghanistan au cours des derniers mois, à mesure que les forces étrangères dirigées par les États-Unis se retirent du pays après deux décennies d’occupation.

Depuis vendredi, les talibans ont pris d’assaut neuf des trente-quatre capitales provinciales: Faizabad, Farah, Pel-e Khomri, Sar-é Pol, Chéberghan, Aybak, Kondoz, Taloqan et Zarandj, malgré une intensification des frappes aériennes afghanes et américaines.

Lorsque les talibans se sont emparés de Mazar-e-Charif, l’Inde a transféré ses diplomates qui se trouvaient au consulat – situé au cœur de la ville stratégique – à proximité de la frontière avec l’Ouzbékistan.

Cette décision intervient après l’appel urgent lancé par New Delhi appelant à l’évacuation de tous les ressortissants indiens de la ville afghane.

Dans un communiqué particulier, l’ambassade indienne à Kaboul demande à tous les ressortissants indiens de prendre «immédiatement» les mesures nécessaires pour voyager avant que les vols commerciaux ne soient interrompus en raison de l’intensification du conflit.

Mardi dernier, des experts ont informé Arab News que la perte éventuelle de Mazar-e-Charif serait «un coup dur pour le gouvernement de Kaboul» et qu’elle contribuerait à l’effondrement total de son emprise sur la partie nord.

«Cela permettra aux talibans de prendre d’assaut les autres régions du Nord et de progresser vers Kaboul», explique Taj Mohammed, un analyste politique qui habite la capitale afghane.

Plus tôt mercredi, les médias ont rapporté que des centaines de soldats afghans – qui se sont retirés à l’aéroport de Kondoz – avaient capitulé devant les talibans, qui se sont emparés de la ville au cours du week-end précédent.

La conquête fulgurante des talibans après la désertion progressive des troupes étrangères depuis le mois de mai fait craindre que les insurgés ne reprennent le pouvoir par la force comme dans les années 1990 et ne plongent le pays dans une nouvelle guerre civile.

Wahidullah Ghazikhail, un analyste politique de Kaboul, estime que M. Ghani «veut remonter le moral des troupes en se rendant dans une ville assiégée».

«Le président veut transformer Mazar-e-Charif en un centre de résistance contre les talibans. Cette ville est importante pour les deux camps», confie-t-il à Arab News.

Ce voyage a lieu au moment où l’émissaire américain pour l’Afghanistan, Zalmay Khalilzad, actuellement en visite au Qatar, met en garde les talibans contre toute opération militaire.

Khalilzad se trouve actuellement à Doha, où les talibans ont un bureau politique, pour «inciter le groupe à mettre fin à l’offensive militaire et à négocier un règlement politique, qui est le seul moyen de garantir la stabilité et le développement en Afghanistan», déclare le département d’État américain.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.