Un an plus tard, l’incidence des accords d’Abraham sur les relations arabo-israéliennes

Le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah ben Zayed ben Sultan al-Nahyane (à droite) rencontre le chef de la diplomatie israélienne, Yaïr Lapid, à Abu Dhabi. (Photo, AFP/WAM)
Le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah ben Zayed ben Sultan al-Nahyane (à droite) rencontre le chef de la diplomatie israélienne, Yaïr Lapid, à Abu Dhabi. (Photo, AFP/WAM)
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Publié le Vendredi 13 août 2021

Un an plus tard, l’incidence des accords d’Abraham sur les relations arabo-israéliennes

  • Le rapprochement entre les Émirats arabes unis et Israël est spectaculaire à bien des égards si l’on considère l’histoire tourmentée entre ces deux nations sur les droits du peuple palestinien
  • Avec l’assouplissement des restrictions de voyage, des milliers de touristes et de voyageurs d’affaires ont pu bénéficier des premiers vols commerciaux entre Tel-Aviv et Dubaï

DUBAÏ: Il y a un an, le 13 août dernier, les Émirats arabes unis (EAU) ont signé les accords d’Abraham, une série de traités de paix négociés sous l’égide des États-Unis et destinés à normaliser les relations diplomatiques entre Israël et les pays arabes.

C’est la première fois qu’un pays arabe établit des relations officielles avec Israël depuis 1979, avec l’Égypte. La Jordanie l’a fait en 1994. Quant à Bahreïn, il a imité les EAU le 11 septembre dernier.

Le rapprochement entre les EAU et Israël est spectaculaire à bien des égards si l’on considère l’histoire tourmentée entre ces deux nations sur les droits du peuple palestinien.

Les partisans de l’accord ont salué des perspectives d’échanges commerciaux qui pourraient s’élever à 5,5 milliards d’euros par an, estiment les les économistes.

Dorian Barak, cofondateur du Conseil des affaires EAU-Israël (UAE-Israel Business Council), déclare à Arab News: «Les échanges commerciaux devraient atteindre 2,5 milliards d’euros d’ici à 2025; d’autres estimations prévoient même un chiffre plus élevé.»

«Certes, certains échanges sont bilatéraux, mais le commerce avec et via les Émirats arabes unis constitue, pour Israël, une porte d’entrée vers les autres marchés de la région – des grandes économies du monde arabe jusqu’à l’Inde, en passant par l’Asie du Sud.»

D’autres voix se révèlent plus sceptiques quant à la capacité de cet accord à promouvoir la paix dans la région ou à résoudre un conflit israélo-arabe qui dure depuis plusieurs décennies.

Le Dr Abdelkhalek Abdallah, un analyste politique émirati, confie à Arab News: «Au bout d’un an, nous nous rendons compte que cet accord est à double tranchant. Il comporte des points forts et des points faibles.»

Le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdellatif ben Rachid al-Zayani, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le président américain Donald Trump et le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah ben Zayed ben Sultan al-Nahyane, lors de la cérémonie de signature des accords d’Abraham devant la Maison Blanche à Washington, le 15 septembre 2020. (Photo, AFP)
Le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdellatif ben Rachid al-Zayani, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le président américain Donald Trump et le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah ben Zayed ben Sultan al-Nahyane, lors de la cérémonie de signature des accords d’Abraham devant la Maison Blanche à Washington, le 15 septembre 2020. (Photo, AFP)

«L’un des aspects positifs réside dans le fait qu’il s’agit d’une étape pragmatique, ou réaliste, qui est là pour durer. Elle est clairement bénéfique pour les deux pays [les EAU et Israël] et a trait aux avantages économiques, technologiques et stratégiques des accords.»

«Le point faible repose sur son caractère idéaliste, qui promettent à la fois la paix et la stabilité dans la région et la prospérité aux Palestiniens. Il n’est pas aussi efficace que les intérêts nationaux qui unissent les EAU et Israël», ajoute le Dr Abdelkhalek Abdallah.

Le 15 septembre 2020, les EAU, Bahreïn et Israël ont signé les accords d’Abraham, par lesquels ils reconnaissent «l’importance de maintenir et de consolider la paix au Moyen-Orient ainsi qu’à travers le monde en s’appuyant sur la compréhension mutuelle, la coexistence et le respect de la dignité humaine et de la liberté – notamment la liberté de culte».

Les accords ont été signés à la Maison Blanche à Washington par le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah ben Zayed ben Sultan al-Nahyane, son homologue bahreïni, Abdellatif ben Rachid al-Zayani, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président américain Donald Trump.

Avec l’assouplissement des restrictions de voyage en lien avec la pandémie de Covid-19 au cours de l’automne dernier, des milliers de touristes et de voyageurs d’affaires ont pu bénéficier des premiers vols commerciaux entre Tel-Aviv et Dubaï.

Du jour au lendemain, la ville de Dubaï est devenue le témoin de nombreux changements. On entend parler hébreu dans les lieux publics, beaucoup d’hommes portent la kippa, et les Juifs qui habitent les EAU commencent à pratiquer ouvertement leur religion. La cuisine casher fait son entrée dans les grands hôtels et à bord des vols commerciaux pour répondre à une clientèle juive de plus en plus importante.

Les drapeaux de Bahreïn, d’Israël et des États-Unis flottent sur un avion Boeing 737 de la compagnie aérienne israélienne El Al, au moment où il atterrit sur une piste de l’aéroport international du royaume de Bahreïn, le 18 octobre 2020. On peut lire au niveau du cockpit le mot «paix» écrit en arabe, en anglais et en hébreu. (Photo, AFP)
Les drapeaux de Bahreïn, d’Israël et des États-Unis flottent sur un avion Boeing 737 de la compagnie aérienne israélienne El Al, au moment où il atterrit sur une piste de l’aéroport international du royaume de Bahreïn, le 18 octobre 2020. On peut lire au niveau du cockpit le mot «paix» écrit en arabe, en anglais et en hébreu. (Photo, AFP)

Pour maintenir l’élan de la compréhension interconfessionnelle, des projets ont été définis, comme la construction, à Abu Dhabi, de la Maison de la famille d’Abraham. Ce complexe religieux devrait ouvrir ses portes en 2022. Conçu par le célèbre architecte ghanéen David Adjaye, il abritera une église, une synagogue et une mosquée afin de promouvoir la fraternité entre les trois religions monothéistes.

Le succès apparent des accords d’Abraham a incité d’autres pays à faire de même. Au mois d’octobre dernier, le Soudan devient ainsi le troisième pays à les signer; il est suivi par le Maroc en décembre.

À la question de savoir si l’Arabie saoudite envisage de rejoindre ces pays, le ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a récemment fait l’éloge de ces accords tout en affirmant qu’un règlement palestinien conduirait à la normalisation des relations avec Israël partout dans la région.

«Les accords d’Abraham ont eu, dans l’ensemble, un effet positif sur les relations dans la région. Nous devons en tirer profit en vue de trouver une solution pour les Palestiniens», a-t-il déclaré lors du Forum d’Aspen sur la sécurité.

Les partisans des accords – notamment les communautés juives qui vivent dans le monde arabe – espèrent qu’ils favoriseront la poursuite du dialogue.

Yehuda Sarna, grand rabbin des EAU, affirme dans un entretien à Arab News: «Il y a un an, j’ai prédit que la mise en place de relations diplomatiques permettrait d’éliminer les stéréotypes entre les Arabes et les Juifs et de repartir sur de bonnes bases. C’est exactement ce qui s’est passé: des centaines de milliers de personnes se sont rencontrées, principalement aux EAU, tandis que des millions d’autres personnes se sont contactées en ligne. Elles ont échangé de manière positive et inspirante.»

Le président israélien, Isaac Herzog (à gauche), et l’ambassadeur des EAU en Israël, Mohammed al-Khaja, coupent le ruban lors de l’inauguration de la nouvelle ambassade des EAU à Tel-Aviv, le 14 juillet 2021. (Photo, AFP)
Le président israélien, Isaac Herzog (à gauche), et l’ambassadeur des EAU en Israël, Mohammed al-Khaja, coupent le ruban lors de l’inauguration de la nouvelle ambassade des EAU à Tel-Aviv, le 14 juillet 2021. (Photo, AFP)

M. Sarna, qui est également directeur exécutif du centre Jewish Student Life à l’université de New York, explique que la communauté juive aux EAU est «en train d’édifier l’infrastructure de la société civile indispensable au soutien de telles interactions, notamment avec des recherches sur les meilleurs moyens pour rassembler les gens, le développement d’institutions religieuses et éducatives locales ainsi que l’organisation d’échanges culturels».

Pour commémorer le 1er anniversaire de la signature des accords, M. Sarna a rédigé «une prière pour l’ensemble de la région» qui sera distribuée dans plus de mille synagogues à travers le monde, y compris celles qui sont affiliées au Conseil rabbinique des États-Unis.

Bien que ces accords présentent un potentiel de prospérité dans la région, les critiques soulignent qu’ils ont jusque-là très peu promu la paix entre les Israéliens et les Palestiniens ou soutenu l’édification d’un État palestinien.

La force des accords d’Abraham a été mise à l’épreuve à la fin du mois de mai dernier, lorsqu’une guerre de onze jours a opposé Israël au Hamas, le groupe militant palestinien qui contrôle la Bande de Gaza.

Le Dr Abdallah, l’analyste politique émirati, déclare: «Comme nous l’avons vu à Gaza, mais aussi depuis le début, les accords n’apporteront pas la paix et la prospérité dans la région comme promis.» Il ajoute qu’ils ne garantissent pas non plus la légitimité des aspirations des Palestiniens quant à l’édification d’un État.

«Ce qui s’est passé au mois de mai est un coup très dur pour ces accords. Cependant, ces événements n’ont pas réussi à les annuler. Rien ne semble être en mesure de le faire. Israël et les États-Unis veulent ces accords, mais ils n’apporteront pas la paix dans la région», renchérit-il.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou se tourne vers le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdellatif ben Rachid al-Zayani, lors d’une conférence de presse. (Photo, AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou se tourne vers le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Abdellatif ben Rachid al-Zayani, lors d’une conférence de presse. (Photo, AFP)

Lorsque les affrontements ont commencé entre les Juifs et les Arabes à Jérusalem, au mois de mai, les gouvernements de Bahreïn, du Maroc, du Soudan et des EAU ont été incités par leurs propres peuples à se ranger du côté des Palestiniens.

La manière dont les gouvernements arabes réagissent au cycle de violence – en particulier les pays qui ont signé les accords d’Abraham – revêt une très grande importance quant à l’avenir du rapprochement israélo-arabe.

Hussain Abdul-Hussain, chercheur à la Fondation pour la défense des démocraties (FDD) à Washington, confie à Arab News: «Au cours des dernières décennies, les Arabes ont rendu presque divine cette rhétorique anti-Israël.»

«Quand on mélange les politiques et les divinités, on sabote les deux. Aujourd’hui, les Arabes qui sont familiers avec le fonctionnement des économies modernes se rendent compte que la paix avec Israël n’est pas une question de vengeance ou d’honneur, mais de croissance économique.»

«La paix contribue certes à la croissance économique; les chiffres des EAU le prouvent. Les Arabes sont prêts pour la paix, mais ils craignent généralement la dénonciation publique qui accompagne les appels en faveur de la paix avec Israël.»

Le président israélien, Isaac Herzog (au centre), l’ambassadeur des EAU en Israël, Mohammed al-Khaja (au centre, à droite), la ministre d’État émiratie chargée de la sécurité alimentaire et de l’eau, Mariam al-Mehairi, et l’ancien ministre Gabi Ashkenazi inaugurent la nouvelle ambassade des EAU à Tel-Aviv, le 14 juillet 2021. (Photo, AFP)
Le président israélien, Isaac Herzog (au centre), l’ambassadeur des EAU en Israël, Mohammed al-Khaja (au centre, à droite), la ministre d’État émiratie chargée de la sécurité alimentaire et de l’eau, Mariam al-Mehairi, et l’ancien ministre Gabi Ashkenazi inaugurent la nouvelle ambassade des EAU à Tel-Aviv, le 14 juillet 2021. (Photo, AFP)

Quelle que soit leur incidence sur la région à long terme, les accords d’Abraham sont indéniablement le signe d’un dégel des relations israélo-arabes. Pour reprendre les propos de Houda Nonoo, ancienne ambassadrice de Bahreïn aux États-Unis, ils «constituent sans aucun doute l’un des jalons les plus importants de notre vie au Moyen-Orient».

«Au moment où la relation entre Bahreïn et Israël prend un nouveau tournant, il est important de se souvenir que la volonté de mettre en place un nouveau Moyen-Orient – fondé sur le principe de la paix et de la prospérité pour tous – est au cœur de ces accords», affirme-t-elle à Arab News.

«Je suis fermement convaincue que les partenariats florissants entre Bahreïn et Israël contribueront à une paix durable dans la région», conclut-elle.

Twitter: @rebeccaaproctor

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.