Pourquoi les talibans se sont révélés invincibles

Photo de combattants talibans dans un véhicule de la Direction nationale de la sécurité afghane (NDS) dans une rue de Kandahar le 13 août 2021. (Photo, AFP)
Photo de combattants talibans dans un véhicule de la Direction nationale de la sécurité afghane (NDS) dans une rue de Kandahar le 13 août 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 15 août 2021

Pourquoi les talibans se sont révélés invincibles

  • Comme le montrent les combats, le gouvernement de Kaboul n'a pas été en mesure de faire face à la puissance des talibans
  • Les talibans ont prouvé leur supériorité militaire quand ils se sont emparés de plus de la moitié du territoire en peu de temps

PESHAWAR : Les talibans ont pris le contrôle des villes afghanes de Herat, Kandahar et Ghazni après des semaines de gains militaires à travers le pays, faisant craindre que le gouvernement afghan à Kaboul ne s'effondre.

Reconnaissant la détérioration rapide de la situation en Afghanistan, les gouvernements américain et britannique ont envoyé des troupes pour aider à évacuer le personnel de leurs ambassades.

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Un soldat de l'armée américaine de la 101st Airborne Division Alpha Battery 1-320th tire un AT-4 alors que l'avant-poste de combat Nolen à la périphérie du village de Jellawar dans la vallée d'Arghandab a été attaqué par les talibans en 2010. (Photo, AFP/Archives)

Les combattants talibans ont pris le contrôle du poste frontalier sud de Chaman-Spin Boldak avec le Pakistan et plusieurs points de passage avec l'Iran à l'ouest et les pays d'Asie centrale au nord.

Depuis mai 2021, lorsque les troupes américaines et ceux de l'OTAN ont commencé leur retrait final après 20 ans de leur arrivée à la suite des attentats du 11 septembre, la fragilité du gouvernement afghan a été révélée par une série de pertes sur les champs de bataille.

À quel point les victoires des talibans ont été inégales ressort clairement du fait que, dans de nombreux cas, les forces gouvernementales se sont rendues sans combattre. Même les commandos d'élite afghans, si hautement loués par leurs patrons militaires américains, n'ont pas réussi à prendre position.

Les talibans ont pris 10 capitales provinciales en moins d'une semaine, et les combats se poursuivent à Lashkar Gah dans le sud. Les forces gouvernementales ont effectivement perdu le contrôle du nord et de l'ouest, bastions traditionnels anti-Talibans.

Prendre le contrôle total de Kandahar, une ville cruciale du sud de 600 000 habitants, serait un coup de pouce majeur pour les insurgés. Kandahar n'est non seulement une plaque tournante commerciale importante, mais aussi le lieu de naissance et le bastion des talibans après leur prise du pouvoir en 1996.

Selon plusieurs informations publiées jeudi soir, l'équipe de négociation du gouvernement afghan à Doha a approché les leaders talibans avec une proposition d'accord de partage du pouvoir en échange d'un cessez-le-feu.

Les pourparlers de paix intra-afghane ont été une affaire angoissante et longue, avec peu de réalisations concrètes à montrer pour le président Ashraf Ghani et ses partisans.

l'avancée foudroyante des talibans dans plusieurs provinces jeudi pourrait bien être un moment décisif pour les négociations.

Certes, personne ne s'attendait à ce que le processus de paix se déroule sans heurts, mais les pourparlers, qui ont débuté le 12 septembre 2020, se sont avérés particulièrement lents et improductifs.

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Un soldat des Marines des États-Unis reçoit un coup de main en utilisant du fil de fer barbelé pour sécuriser les murs de l'ambassade américaine à Kaboul le 11 janvier 2002. (Photo, AFP/Archives)

Après presque neuf mois, le seul résultat obtenu par les deux parties est un accord sur le code de conduite pour les négociations elles-mêmes.

Des désaccords ont persisté sur l'ordre du jour précis des pourparlers, malgré la pression croissante exercée sur les deux parties aux négociations par les principales parties intéressées, notamment les États-Unis, le Pakistan, le Qatar et la Chine. Pourtant, il était évident que toute négociation concernant des questions de fond ne pourrait se poursuivre qu'une fois l'ordre du jour finalisé.

La République islamique d'Afghanistan, le nom privilégié par le gouvernement internationalement reconnu de Ghani, a longtemps insisté pour placer la question d'un cessez-le-feu au premier rang de l'ordre du jour.

Pour l'Émirat islamique d'Afghanistan dirigé par les talibans, qui a gouverné le pays de 1996 à 2001, ce qui importait le plus était la question de savoir quel système de gouvernement le pays devrait adopter, sa préférence étant la charia, ou la loi islamique.

Les analystes avaient largement raison lorsqu'ils ont prédit que les négociations intra-afghanes seraient bien plus difficiles une fois l'accord de paix taliban-américain signé.

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Une photo non datée reçue du Bureau des relations publiques du 215 Maiwand Corps le 11 août 2021, montre Sami Sadate, commandant du 215 Maiwand Afghan Army Corps, parlant au poste de radio dans la province d'Helmand. (Photo, AFP)

Le conflit en Afghanistan, un pays de quelque 38 millions d'habitants d'origines ethniques multiples, dure depuis plus de quatre décennies, attirant des acteurs étatiques et non étatiques et créant un terrain fertile pour le terrorisme et la culture de l'opium, tout le contraire de ce que les forces américaines et britanniques ont entrepris d'accomplir, puis elles ont lancé une campagne de bombardements en octobre 2001.

À l'époque, l'administration du président George W. Bush réagissait aux attaques du 11 septembre contre New York et Washington, au cours desquelles près de 3 000 personnes ont péri. Des doigts accusateurs ont été pointés sur le groupe terroriste d’Al-Qaïda dirigé par Oussama ben Laden, qui était autrefois un combattant des moudjahidines dans la guerre soviéto-afghane.

Mais les talibans ont refusé de livrer Ben Laden, qui vivait à cette époque-là en Afghanistan sous la protection du groupe. Ben Laden et ses plus proches collaborateurs avaient fui l'Afghanistan au moment où une coalition dirigée par les États-Unis est intervenue et a renversé les talibans en décembre 2001, ouvrant la voie à la plus longue guerre des États-Unis.

 

LE COÛT DE LA GUERRE EN AFGHANISTAN POUR LES ÉTATS-UNIS

* 2 261 milliards de dollars : Coût total de 2001 à 2021

* 933 milliards de dollars : Allocation pour la « défense de la défense » (DoD)

* 59 milliards de dollars : Allocation budgétaire du Département d'État

* 530 milliards de dollars : Intérêts sur les emprunts du DoD et du Département d'État

* 296 milliards de dollars : Soins aux anciens combattants américains

* 443 milliards de dollars : Ajouts au budget de base du DoD

Après l'entrée en fonction de Joe Biden en janvier, il a fixé une date symbolique au 11 septembre 2021, pour le retrait complet des troupes, repoussant la date limite du 1er mai fixée dans un accord conclu avec les talibans sous l'ancien président Donald Trump l'année dernière.

Il a fallu 18 mois de pourparlers entre les talibans et les États-Unis pour parvenir à un accord, signé à Doha le 29 février 2020, après des suspensions répétées et des divergences aiguës sur l'échange de prisonniers afghans.

Cinq mois et demi ont été consacrés à un accord pour échanger 5 000 prisonniers talibans contre plus de 1 000 soldats afghans, et seulement après avoir demandé l'approbation d'une Loya Jirga spécialement convoquée, une assemblée légale dans la culture pachtoune.

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Des familles afghanes déplacées à l'intérieur du pays, qui ont fui les provinces de Kunduz, Takhar et Baghlan à cause des combats entre les talibans et les forces de sécurité afghanes, sont rassemblées dans une station-service à Sara-e-Shamali à Kaboul le 11 août 2021. (Photo, AFP)

Cependant, l'élan a été rapidement perdu et la méfiance mutuelle s'est à nouveau installée, au point que, même après plusieurs semaines de pourparlers, aucune des deux parties n'a pu s'entendre sur quelque chose d'aussi simple que d'appeler le gouvernement de Kaboul une république islamique ou un émirat islamique.

Alors que l'offensive des talibans s'intensifiait ces dernières semaines, le gouvernement afghan, par l'intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères Mohammad Hanif Atmar, a demandé au Pakistan de l'aider à freiner l’avancée des talibans, affirmant que les militants représentaient une menace pour les pays voisins et la sécurité régionale.

La déclaration était sans précédent. Aucun gouvernement afghan n'avait jamais demandé l'aide d'Islamabad pour combattre ses ennemis, choisissant plutôt de l'accuser de prendre parti dans la guerre civile afghane.

Atmar a également accusé les leaders talibans d'avoir trompé le gouvernement afghan en organisant des pourparlers de paix à Doha d'une part et en se préparant à une offensive militaire d'autre part.

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Des combattants talibans se tiennent debout sur un véhicule le long de la route à Herat, la troisième plus grande ville d'Afghanistan, après le retrait des forces gouvernementales la veille après des semaines de siège. (Photo, AFP)

Lors d'une récente visite en Russie, Shahabuddin Delawar, un haut responsable et membre de l'équipe de négociation des talibans à Doha, a ouvert la porte à de nouvelles offensives des talibans en affirmant que le groupe n'avait fait aucune promesse de suspendre les attaques ou de s'abstenir de s'emparer des capitales provinciales.

Les talibans s'étant emparés de plus de la moitié du pays en moins de deux mois, ils revendiquent désormais à juste titre l'avantage militaire.

Plusieurs raisons peuvent expliquer les gains rapides des talibans dans le nord de l'Afghanistan, l'une étant que de nombreux non-Pachtounes, dont des Tadjiks, des Ouzbeks et des Turkmènes, ont rejoint les rangs des talibans après avoir obtenus leurs diplômes des madrasas (écoles religieuses) en Afghanistan et au Pakistan.

Une autre raison possible est la longue histoire de désunion dans les rangs des factions non talibanes, qui a favorisé les scissions et sapé leur force collective.

À moins de laisser le pays sombrer dans une impasse prolongée et sanglante et une catastrophe humanitaire d'une ampleur jamais vue depuis des décennies, une solution négociée impliquant une certaine mesure du partage du pouvoir semble rester la seule option viable pour les parties belligérantes.

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Le drapeau américain flotte sur un mât après avoir été hissé lors de la cérémonie d'ouverture de l'ambassade américaine à Kaboul, la capitale afghane, le 17 décembre 2001. (Photo, AFP/Archives)

Malgré le fait que les deux équipes de négociation ont réitéré leur engagement en faveur du processus de paix lors de la dernière série de pourparlers le 16 juillet, les talibans ont catégoriquement refusé de renoncer à leur revendication d’«un véritable système islamique».

Le président Ashraf Ghani a insisté sur le fait que ses forces pourraient perdre des batailles, mais finiront par gagner la guerre, et a clairement indiqué que son gouvernement était dans la guerre pour longtemps. Son prédécesseur, Hamid Karzai, a également averti les talibans qu'ils perdraient s'ils refusaient de parvenir à un règlement politique.

Le gouvernement a commencé à mobiliser et à équiper les arbaki (milices) dès 2019, fournissant aux combattants tribaux des ressources pour résister aux talibans. Les anciens moudjahidines, composés pour la plupart de non-Pachtounes, ont aussi été mobilisés, en particulier dans ses bastions du nord, mais ont rapidement commencé à s'effondrer face aux assauts des talibans.

Trois portraits géants de Ghani, Karzai et du défunt commandant des moudjahidines Ahmad Shah Massoud accrochés à l'extérieur de l'aéroport international Hamid Karzai sont des symboles du courage que les forces gouvernementales devaient montrer face aux talibans.

Mais comme les talibans l'ont montré au cours des deux derniers mois, le régime de Kaboul a été incapable d'égaler la force des talibans, sans parler de leur détermination.

 

Twitter: @rahimyusufzai1

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.