Biden va parler sur l'Afghanistan, qui fait tanguer sa présidence

Le président américain Joe Biden. (Photo, AFP)
Le président américain Joe Biden. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 16 août 2021

Biden va parler sur l'Afghanistan, qui fait tanguer sa présidence

  • Lundi, tandis que se réveille Washington, son agenda ne prévoit aucun événement public pour Joe Biden, depuis vendredi à Camp David, lieu de villégiature des présidents américains
  • Son conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan promet toutefois, sur la chaîne de télévision ABC, que les Américains auront « bientôt » des nouvelles de leur président

WASHINGTON: Face aux images désastreuses du chaos à l'aéroport de Kaboul et des talibans patrouillant les rues de la capitale afghane, le président des Etats-Unis, réellement ébranlé pour la première fois depuis son élection, va enfin s'exprimer lundi.

Joe Biden s'adressera aux Américains à 19H45 GMT, depuis la Maison Blanche, a annoncé lundi la présidence dans un communiqué.

Le président américain, silencieux depuis plusieurs jours face à la plus grave crise depuis son élection, écourte pour ce faire son séjour à Camp David, lieu de villégiature des présidents américains.

Il était prévu au départ qu'il y reste jusqu'à mercredi, mais ce calendrier était devenu intenable face à la prise de contrôle éclair de l'Afghanistan par les talibans, .

Le président américain, également "commandant en chef" désormais critiqué de toutes parts, doit arriver à 17h00 GMT à la Maison Blanche.

Tous les médias américains, y compris ceux qui avaient accueilli avec soulagement son élection, parlent de "désastre" (la chaîne CNN) ou d'un Joe Biden "sur la défensive" (Washington Post). 

Lors de sa dernière prise de parole en public sur l'Afghanistan, mardi dernier, Joe Biden avait défendu encore et encore sa décision de retirer les derniers soldats américains au plus tard au 31 août, en confiant le sort du pays à un gouvernement et des soldats afghans aujourd'hui en pleine déroute.

"Que l'on trouve cela juste ou injuste, l'histoire retiendra que Joe Biden est celui qui a présidé à la conclusion humiliante de l'expérience américaine en Afghanistan" après vingt années de guerre, a asséné lundi le New York Times.

Face à cette vague de critiques jamais vues depuis l'élection, la Maison Blanche de Joe Biden, cette machine bien huilée, a semblé tétanisée ces derniers jours.

Seul à Camp David

En témoignent les tweets diffusés pendant le week-end, alors que l'Amérique suit heure par heure la chute de Kaboul, et que l'image des hélicoptères quittant l'ambassade rappelle les dernières images de la guerre du Vietnam.

Sur un cliché diffusé dimanche sur Twitter, Joe Biden est seul à une immense table de réunion de Camp David. En polo bleu foncé, il fait face à un écran de visioconférence et à plusieurs horloges murales réglées sur divers fuseaux horaires, recevant "des mises à jour" sur l'Afghanistan de la part de hauts responsables.

C'est le 10 août que le président démocrate de 78 ans s'est exprimé pour la dernière fois en public, pour dire qu'il ne "regrettait pas" sa décision de retirer le 31 août les derniers militaires américains du pays.

Jeudi puis vendredi, alors que les talibans prenaient le contrôle de l'Afghanistan à une vitesse stupéfiante, la priorité de la Maison Blanche restait de vanter le "plan Biden" censé refonder l'économie américaine sur des bases plus justes.

Et samedi, c'est dans un communiqué que Joe Biden annonce porter à quelque 5 000 soldats le déploiement militaire à Kaboul pour sécuriser l'évacuation de civils.

Mais sa présidence jusqu'ici plutôt maîtrisée, assumant de se consacrer à des réformes économiques et sociales "ennuyeuses" - l'expression est de Joe Biden lui-même - vient bel et bien de vaciller.

Jusqu'ici, rien n'avait entamé une cote de popularité fermement ancrée au-dessus de 50%, pas même la récente reprise de la pandémie de Covid-19. 

La semaine dernière devait être celle de la consécration des efforts du président, vieux roublard de la politique américaine, pour faire adopter un gigantesque programme d'infrastructures avec les voix de certains sénateurs républicains.

Aubaine pour les républicains

Et la Maison Blanche entendait consacrer les prochaines semaines à un autre projet pharaonique, appliquant aux Etats-Unis quelques recettes de l'Etat-providence à l'européenne, avec une meilleure prise en charge des frais médicaux ou universitaires.

Mais l'effondrement du gouvernement afghan et de son armée financée par Washington font voler en éclats cette "séquence" bien préparée.

Et le mutisme du président démocrate face à la détresse de nombreux civils afghans tranche avec l'image d'homme compatissant qu'il cultive d'ordinaire.

L'opposition républicaine, jusqu'ici bien embarrassée puisque l'opinion publique américaine était majoritairement favorable au retrait des troupes, s'est engouffrée dans la brèche face au spectre d'une humiliation internationale de cette armée dont les Américains sont si fiers.

L'ancien président Donald Trump ne s'y est pas trompé, lui qui avait pourtant décidé le retrait final des troupes américaines, dès le 1er mai 2021, échéance repoussée au 31 août par Joe Biden. 

"Il est temps que Joe Biden, discrédité, démissionne pour avoir permis ce qui s'est produit en Afghanistan", a-t-il réclamé.

 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.