«Chanceux»: l'immense soulagement d'une famille de Kaboul arrivée au Canada

Mohammad Ehsan Saadat rêve maintenant que ses trois filles et son fils «se concentrent sur leur éducation». Aucun ne parle anglais ou français pour l'instant
Mohammad Ehsan Saadat rêve maintenant que ses trois filles et son fils «se concentrent sur leur éducation». Aucun ne parle anglais ou français pour l'instant
Short Url
Publié le Mercredi 18 août 2021

«Chanceux»: l'immense soulagement d'une famille de Kaboul arrivée au Canada

  • C'est fin juillet que celui que tout le monde appelle Ehsan découvre sur Facebook le programme d'immigration canadien pour les Afghans
  • «Depuis début juillet je pensais que le pays allait tomber mais Kaboul, cela me semblait impossible»

MONTREAL: En six jours, la vie de Mohammad Ehsan Saadat et de sa famille a basculé. Le temps de remplir une demande d'asile pour le Canada et de fuir l'Afghanistan juste avant la prise de Kaboul par les talibans. Depuis, ce chercheur se répète à quel point il est "chanceux" mais "pleure" pour tous ceux restés sur place.


"Depuis début juillet je pensais que le pays allait tomber mais Kaboul, cela me semblait impossible", raconte encore sous le choc ce réfugié afghan installé à Toronto depuis le 8 août.


Sous les yeux médusés de la communauté internationale, dans une avancée éclair, les talibans sont entrés dans la capitale afghane dimanche et ont repris le pouvoir. Le Canada avait commencé depuis quelques jours à évacuer des Afghans qui avaient travaillé pour lui.


C'est fin juillet que celui que tout le monde appelle Ehsan découvre sur Facebook le programme d'immigration canadien pour les Afghans.


Dans les provinces gagnées par les talibans, "les gens qui avaient travaillé avec les organisations internationales étaient recherchés", explique à l'AFP ce père de famille de 33 ans, en anglais par visioconférence. Il se trouve avec sa famille dans un hôtel pour deux semaines de quarantaine --imposée par le Canada en raison de la pandémie de Covid-19.


Ses recherches ces onze dernières années "sur la corruption, les droits des femmes, les droits humains" pour des organisations internationales ont fait de lui une cible pour les talibans, souligne-t-il.


Quand la réponse positive du gouvernement canadien tombe, il a du mal à se rendre compte puis tout va très vite. "C'était incroyable", s'exclame-t-il. 


Deux jours plus tard, il monte dans l'avion avec sa femme et ses quatre enfants âgés de deux à onze ans. "Nous étions très, très excités", se souvient-il. Dans leurs valises, en dehors de quelques "vêtements traditionnels", peu de souvenirs de leur vie afghane.


"Parfois je me tiens debout devant la fenêtre et je réalise à quel point je suis chanceux de ne plus être en Afghanistan maintenant", ajoute l'homme aux cheveux bruns coupés courts et à la barbe naissante.

«Avenir sombre»
Mais il est vite rattrapé par les craintes pour le reste de sa famille: plusieurs de ses neuf frères et soeurs vivent toujours dans la capitale afghane. "Hier (lundi) j'avais peur que les Etats-Unis commencent à bombarder Kaboul à cause de la situation à l'aéroport".


"J'ai vu tous les gens à l'aéroport. J'ai pleuré", confie-t-il. "Pourquoi n'avons-nous rien appris des Etats-Unis et de la communauté internationale, qui ont été là pendant presque vingt ans?", déplore-t-il.


"L'avenir est sombre pour l'Afghanistan. Quand j'ai écouté l'annonce du président (américain Joe) Biden, je me suis dit que la communauté internationale ne voulait plus nous aider", affirme ce titulaire d'une maîtrise, découragé.


"Peu optimiste" pour le futur de son pays, le réfugié aimerait voir la Russie, la Chine, l'Inde, le Pakistan et l'Iran collaborer pour "aider l'Afghanistan" et "sauver le développement et les accomplissements des vingt dernières années".


Quand il est soudain rejoint par ses enfants et sa femme, il explique tout sourire qu'il a enfin pu leur expliquer qu'ils vivaient maintenant "dans un pays sûr". "Finis les explosions, les attaques-suicide, les bombardements!"  


A leur sortie de quarantaine la semaine prochaine, la famille afghane va emménager dans un appartement payé par le gouvernement fédéral. Ensuite, ce sera la rentrée des classes pour les enfants.


Il rêve maintenant que ses trois filles et son fils "se concentrent sur leur éducation". Aucun ne parle anglais ou français pour l'instant, les deux langues officielles du Canada. Sa femme a hâte d'étudier l'anglais et d'apprendre à conduire.


De son côté, il espère trouver un emploi pour mettre à profit ses compétences de chercheur, peut-être dans une institution universitaire.


Mais il n'écarte pas la possibilité de lui-même reprendre des études, "une maîtrise en résolution des conflits".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.