En Chine, les ados dépités par les restrictions anti-jeu vidéo

La plupart des parents saluent toutefois les nouvelles restrictions. (Photo, AFP)
La plupart des parents saluent toutefois les nouvelles restrictions. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 19 août 2021

En Chine, les ados dépités par les restrictions anti-jeu vidéo

  • Le géant Tencent, leader du marché chinois, a imposé une nouvelle restriction sur son titre phare, l'ultrapopulaire «Honor of Kings»
  • Les moins de 18 ans ne peuvent désormais y jouer que deux heures par jour maximum pendant les vacances et une heure en période scolaire

PÉKIN: "J'ai envie de pleurer": c'est les vacances d'été mais Zhang Yuchen, 14 ans, doit trouver un autre passe-temps que son jeu vidéo favori, après un durcissement réglementaire en Chine pour lutter contre l'addiction des jeunes.

Le géant Tencent, leader du marché chinois, a imposé une nouvelle restriction sur son titre phare, l'ultrapopulaire "Honor of Kings". 

Les moins de 18 ans ne peuvent désormais y jouer que deux heures par jour maximum pendant les vacances et une heure en période scolaire. Au-delà, le jeu se verrouille.

Et les ados chinois ont du souci à se faire: l'entreprise a annoncé mercredi qu'elle compte étendre les nouvelles règles... à l'ensemble de son catalogue de jeux.

Certains enfants peuvent passer leurs journées scotchés à leur écran. Un phénomène décrié depuis longtemps en Chine pour ses conséquences négatives: baisse de la vision, impact sur les résultats scolaires, manque d'activité physique ou risque d'addiction.

Signe du poids des jeux vidéos dans ce pays qui compte 1,4 milliard d'habitants: ils ont généré 17 milliards d'euros de chiffre d'affaires rien qu'au premier semestre 2021.

La réglementation interdisait déjà aux mineurs de jouer en ligne entre 22h et 8h.

Mais quand début août, un article d'un quotidien officiel économique a estimé que les jeux vidéo étaient devenus "un opium mental", le secteur s'est mis à craindre un nouveau tour de vis réglementaire des autorités, après celui visant les entreprises du numérique.

Craignant de voir le vent tourner, les investisseurs boursiers se sont délestés des actions des géants du secteur (Tencent, NetEase, Bilibili...) – faisant plonger les cours.

L'article épinglait notamment Tencent et son populaire jeu en ligne multijoueurs "Honor of Kings", un hit en Chine avec plus de 100 millions d'utilisateurs actifs quotidiens.

«Accros»

Sous pression, le groupe, qui imposait déjà des limitations de temps de jeu et la reconnaissance faciale pour empêcher les moins de 18 ans de jouer la nuit, a par conséquent encore durci les règles. 

Pour beaucoup de jeunes, ça va trop loin.

"Je suis en vacances. Je n'ai rien à faire d'autre et je n'ai le droit de jouer qu'un tout petit moment", peste Mlle Li, 17 ans, qui n'a pas souhaité donner son nom complet.

La jeune fille juge la mesure "affligeante", estimant que les adolescents de son âge, presque majeurs et donc davantage responsables, peuvent limiter d'eux-mêmes leur temps de jeu.

Mais certains mineurs ont trouvé la parade.

"En utilisant le compte d'un adulte, je joue deux à trois heures par jour et bien sûr après 22h", s'amuse un joueur de 17 ans qui souhaite garder l'anonymat.

La réaction affolée des marchés à l'article de la presse officielle était-elle justifiée?

"Les investisseurs boursiers ont réagi de façon excessive et ça a emballé la machine médiatique", estime Ether Yin, analyste du cabinet Trivium China.

"Ça fait depuis 2018 que le gouvernement veut empêcher les enfants de devenir accros aux jeux", note-t-il, soulignant que cette tendance n'est pas vraiment nouvelle.

Selon lui, d'autres entreprises de jeux vidéo devraient également publier leurs propres restrictions dans les semaines à venir.

Papa joueur

Les nouvelles règles de Tencent ont également fait des victimes insoupçonnées: certains parents eux-mêmes, qui aimaient jouer avec leurs enfants.

Titulaire d'un compte adulte pour "Honor of Kings", Peng Jianfei, un programmeur de 45 ans, avait donné l'autorisation à son fils de 12 ans de l'utiliser durant ses vacances scolaires.

Mais une demande de vérification de l'âge est apparue et le garçon, sans réfléchir, a entré son numéro de carte d'identité -- ce qui a aussitôt verrouillé le compte. Résultat: même le papa ne peut plus jouer.

"Ces mesures, ça peut dans une certaine mesure réduire le temps de jeu des mineurs", concède M. Peng.

"Mais pour le moment" cela ne concerne qu'un seul jeu Tencent et "tu peux toujours contourner le truc en jouant" sur d'autres plateformes, souligne-t-il.

La plupart des parents saluent toutefois les nouvelles restrictions.

"Si les enfants passent trop de temps à jouer, ce sera mauvais pour leur vue", affirme Mme Wang, une Pékinoise de 34 ans.

Mais son fils de 10 ans, qui la tire par le bras, ne partage pas du tout son avis.

"Maman, il faut dire que c'est une mauvaise décision! Pourquoi ils nous font ça?"


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
Short Url
  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
Short Url
  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Short Url
  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".