Craintes face à la prolifération du crabe aux pinces bleues près de Perpignan

Pour l'instant, la menace semble localisée, mais il est impossible de savoir ce qu'il en sera dans les années qui viennent, d'autant que ce crabe dont la carapace peut atteindre les 23 cm de diamètre est capable de faire 15 km par jour à la nage et a déjà causé des dégâts jusqu'en Albanie. (AFP)
Pour l'instant, la menace semble localisée, mais il est impossible de savoir ce qu'il en sera dans les années qui viennent, d'autant que ce crabe dont la carapace peut atteindre les 23 cm de diamètre est capable de faire 15 km par jour à la nage et a déjà causé des dégâts jusqu'en Albanie. (AFP)
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Publié le Jeudi 19 août 2021

Craintes face à la prolifération du crabe aux pinces bleues près de Perpignan

  • Arrivé probablement en Europe dans les cales de navires de marchandises, ce crabe aux pinces bleues, déjà connu en Espagne, a été repéré pour la première fois dans cet étang en 2017
  • Pour Thierry Auga-Bascou, du Parc naturel marin du Golfe du Lion, ce crabe, présent dans une moindre mesure dans d'autres étangs, comme celui de Leucate (Aude), a probablement peu de chances de proliférer en milieu marin

CANET-EN-ROUSSILLON: "Ca me dégoûte !", lâche Jean-Claude Pons, debout sur sa petite barque, lorsqu'il remonte ses filets débordant de crabes bleus, une espèce agressive et vorace, originaire des Etats-Unis, qui pourrait en finir avec les anguilles qu'il pêchait depuis 40 ans dans l'étang de Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales).

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Arrivé probablement en Europe dans les cales de navires de marchandises, ce crabe aux pinces bleues, déjà connu en Espagne, a été repéré pour la première fois dans cet étang en 2017. (AFP)


Arrivé probablement en Europe dans les cales de navires de marchandises, ce crabe aux pinces bleues, déjà connu en Espagne, a été repéré pour la première fois dans cet étang en 2017. 


Depuis, il n’a cessé de proliférer au détriment des poissons ou d’autres crabes, voire de canetons de la lagune qu’il n'hésite pas à attaquer.


Pour l'instant, la menace semble localisée, mais il est impossible de savoir ce qu'il en sera dans les années qui viennent, d'autant que ce crabe dont la carapace peut atteindre les 23 cm de diamètre est capable de faire 15 km par jour à la nage et a déjà causé des dégâts jusqu'en Albanie.

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Le pêcheur d'anguille français Yves Rouge montre un crabe bleu de l'Atlantique, une espèce invasive menaçant la vie marine locale, capturé dans l'étang de Canet-en-Roussillon, le 18 août 2021. (AFP)

Biodiversité menacée
"C’est un enjeu pour la biodiversité en Méditerranée. Ce serait une catastrophe économique s’il arrive sur les zones de conchyliculture, déjà touchées par le réchauffement climatique", souligne Samuel Cohen-Salmon, ambassadeur du Pacte pour le climat de l'Union européenne, dont le rôle est de mettre en avant des acteurs de terrain protégeant l'environnement.


Pour Thierry Auga-Bascou, du Parc naturel marin du Golfe du Lion, ce crabe, présent dans une moindre mesure dans d'autres étangs, comme celui de Leucate (Aude), a probablement peu de chances de proliférer en milieu marin.


En revanche, il pourrait le faire dans d'autres lieux plus comparables à l'étang de Canet, notamment en Petite Camargue, poursuivant ainsi sa progression en Méditerranée.


Debout lui aussi sur la même barque que Jean-Claude Pons, Yves Rougé, un autre pêcheur engagé bénévolement dans la lutte contre cette prolifération, montre avec dépit quelques anguilles ou soles tuées par les pinces de l'intrus, avant de les jeter à l'eau pour le grand bonheur des mouettes.


Pour lui, il faudrait "des moyens pour éradiquer" le crabe bleu de l'étang de Canet.


"Ici, ce crabe n'est pas à sa place. Aux Etats-Unis, la faune marine est différente. Il a ses prédateurs et ses parasites qui l'empêchent de se multiplier de cette manière explosive", note Pascal Romans, chercheur à l'Observatoire océanologique du CNRS à Banyuls-sur-Mer.


D'autant que cette prolifération, conséquence directe de la mondialisation, a pu aussi être favorisée par "la pollution, le changement climatique et la surpêche qui ont fragilisé" le milieu marin de la Méditerranée, selon le chercheur.

Filets 
En tout cas, au lieu d'un exemplaire par jour en 2018, Jean-Claude Pons et Yves Rougé, originaires de familles de pêcheurs depuis des générations, capturent actuellement entre 500 et 2.000 crabes bleus par jour dans l'étang de Canet.


Et pratiquement plus aucune anguille, une espèce dont la pêche est une tradition.


"Il n'y a pas que l'écologie. Il y a aussi l'économie, la situation sociale ou l'image du territoire" qui sont affectées par cette prolifération, note encore M. Cohen-Salmon. 


Et le développement d'une filière régulière visant à vendre sur le long terme ce type de crabe afin qu'il soit consommé, comme c'est déjà le cas de manière massive dans d'autres latitudes, ne semble pas une option retenue par les pêcheurs, ni les chercheurs.


Pascal Romans et Thierry Auga-Bascou jugent possible de le vendre temporairement pour obtenir des fonds et financer la lutte contre sa prolifération mais considèrent que ce serait une erreur d'en faire une source de revenus pérenne, comme c'est le cas en Tunisie.


A l'instar d'autres personnes réunies ce matin-là au bord de l'étang à l'initiative de M. Cohen-Salmon pour alerter sur la situation "catastrophique" dans la lagune et, plus largement, sur les risques de la poursuite de la progression de ce crabe en Méditerranée, ils jugent nécessaire le déblocage rapide de fonds publics.


Ils pourraient permettre de rémunérer les pêcheurs prêts à "donner un gros coup" au nouveau venu afin de limiter sa présence.


Dans ce but, Jean-Claude Pons et Yves Rougé ont déjà conçu des filets spécifiques assez résistants pour que ces crabes ne les coupent pas, mais permettant aux poissons d'y échapper.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".