Face aux réfugiés afghans, Trump passe de l'hospitalité à l'hostilité

L'histoire de l'équipage qui aurait décidé de décoller plutôt que d'expulser de force ces civils de l'appareil surchargé était, pour eux, emblématique d'une tradition d'accueil dont beaucoup sont fiers.  L'ex-président républicain, lui, a envoyé une ligne cinglante de communiqué, mercredi:  "Cet avion aurait dû être plein d'Américains. L'Amérique d'abord!". (Photo, AFP)
L'histoire de l'équipage qui aurait décidé de décoller plutôt que d'expulser de force ces civils de l'appareil surchargé était, pour eux, emblématique d'une tradition d'accueil dont beaucoup sont fiers. L'ex-président républicain, lui, a envoyé une ligne cinglante de communiqué, mercredi: "Cet avion aurait dû être plein d'Américains. L'Amérique d'abord!". (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 21 août 2021

Face aux réfugiés afghans, Trump passe de l'hospitalité à l'hostilité

  • La majorité des déclarations aux Etats-Unis étaient empreintes de compassion envers les alliés afghans qui cherchent à fuir les talibans
  • Mais des voix s'élèvent dans la droite radicale pour mettre en garde contre « une invasion » de réfugiés avec désormais, en puissant mégaphone, l’ancien président

WASHINGTON : Derrière la majorité des déclarations empreintes de compassion envers les alliés afghans qui cherchent à fuir les talibans, des voix s'élèvent dans la droite radicale américaine pour mettre en garde contre un afflux de réfugiés aux Etats-Unis avec désormais, en puissant mégaphone, Donald Trump.

L'image de plus de 800 Afghans évacués en urgence dimanche dans un avion militaire américain, alors que les talibans venaient de prendre Kaboul, a été largement accueillie par des messages d'empathie de la part d'Américains touchés.

L'histoire de l'équipage qui aurait décidé de décoller plutôt que d'expulser de force ces civils de l'appareil surchargé était, pour eux, emblématique d'une tradition d'accueil dont beaucoup sont fiers.

L'ex-président républicain, lui, a envoyé une ligne cinglante de communiqué, mercredi:

"Cet avion aurait dû être plein d'Américains. L'Amérique d'abord!"

Pourtant Donald Trump n'avait pas le même discours à peine deux jours plus tôt.

"Est-ce que quelqu'un peut imaginer qu'on fasse sortir notre armée avant d'évacuer les civils et les autres qui ont été bons pour notre pays et devraient être autorisés à chercher refuge"? avait-il écrit, assaillant de critiques son successeur Joe Biden pour la débâcle du retrait américain et des évacuations chaotiques.

Entre les deux communiqués, les voix d'influents commentateurs d'extrême droite et d'un ex-fidèle conseiller du milliardaire s'étaient faites plus fortes pour mettre en garde contre l'arrivée de milliers de réfugiés, avec des avertissements ouvertement xénophobes.

"Levez la main si vous voulez que cet avion atterrisse chez vous", ironisait mardi sur Twitter un présentateur de la petite chaîne prisée des "trumpistes" Newsmax, Steve Cortes, sur la fameuse photo des Afghans dans l'avion américain.

"D'abord nous envahissons, puis nous sommes envahis", avait lancé la veille le célèbre présentateur de la grande chaîne Fox News, Tucker Carlson, fort d'une des plus vastes audiences de la télévision américaine.

Les Etats-Unis ont prévu d'exfiltrer quelque 30000 Américains et Afghans de Kaboul, dont des interprètes, chauffeurs, sous-traitants qui ont aidé les forces internationales pendant vingt ans et craignent des représailles sous le régime des insurgés.

Pour Stephen Miller, qui fut proche conseiller de Donald Trump à la Maison Blanche, en rapatriant les alliés afghans, l'administration Biden a un "objectif politique" clair plutôt qu'humanitaire.

Selon lui, il serait bien plus "humain" et beaucoup moins cher pour les Etats-Unis de les installer dans leur région d'origine, en Asie du Sud. Mais "les réfugiés ont un accès rapide à la citoyenneté, donc la réinstallation initiale provoquera une immense vague d'immigration en chaîne", martèle-t-il depuis dimanche sur Twitter et à la télévision.

Comprendre: les démocrates veulent une société moins blanche, plus diverse, qui voterait plus en leur faveur.

Charlie Kirk, un jeune animateur radio aux positions radicales et farouche soutien de Donald Trump, l'a résumé de façon plus explicite encore:

"Vous ne voyez pas ce qu'il se passe ici? Joe Biden veut que quelque 200000 Ilhan Omar de plus", en référence à une élue démocrate du Congrès, ancienne réfugiée somalienne, "viennent aux Etats-Unis pour en changer la politique de façon permanente".

Si elles ont semblé influencer Donald Trump cette semaine, ces voix restent toutefois minoritaires chez les républicains, où les grandes figures, même proches de l'ex-président, défendaient encore vendredi l'accueil de ceux qui ont risqué leurs vies pour aider les Américains.

"Nous sommes tenus par l'honneur d'évacuer les Afghans qui se sont courageusement battus à nos côtés", a ainsi écrit le sénateur Lindsey Graham.

Il n'empêche, la Maison Blanche surveille sans doute le chœur de commentaires hostiles aux réfugiés, Donald Trump en tête, car forts d'une grande caisse de résonance, ils pourraient bien finir par marquer le débat public.

En attendant, la cacophonie chez les républicains amuse certains démocrates, comme le sénateur Chris Murphy qui ironisait vendredi matin:

"Tous les républicains qui disent avoir un devoir moral d'évacuer les Afghans et tous les républicains qui disent que nous avons un devoir moral de tenir les réfugiés hors du pays vont devoir se réunir et discuter sous peu." 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.