Afghanistan: la résistance du Panchir se prépare au combat, au cas où les négociations échoueraient

Des forces de résistance armée en Afghanistan, dans la vallée du Panchir. Photo AFP/Archives
Des forces de résistance armée en Afghanistan, dans la vallée du Panchir. Photo AFP/Archives
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Publié le Dimanche 22 août 2021

Afghanistan: la résistance du Panchir se prépare au combat, au cas où les négociations échoueraient

  • Depuis la prise de pouvoir des talibans le 15 août, des milliers d'Afghans ont rejoint la vallée du Panchir pour combattre le nouveau régime ou tout simplement pour trouver un refuge sûr et continuer leur vie, a expliqué Ali Maisam Nazary
  • Là, Ahmad Massoud, fils du célèbre commandant Ahmed Shah Massoud, assassiné le 9 septembre 2001 par Al-Qaïda, deux jours avant les attentats du 11-Septembre aux États-Unis, a rassemblé quelque 9.000 hommes armés, selon M. Nazary

KABOUL : Les forces de résistance armée en Afghanistan, qui se sont regroupées dans la vallée du Panchir, se préparent à "un conflit de longue durée" si elles ne parviennent pas à négocier d'abord avec les talibans, a déclaré leur porte-parole dans une interview à l'AFP.


Depuis la prise de pouvoir des talibans le 15 août, après une campagne militaire fulgurante, des milliers d'Afghans ont rejoint la vallée du Panchir, au nord-est de Kaboul, pour combattre le nouveau régime ou tout simplement pour trouver un refuge sûr et continuer leur vie, a expliqué Ali Maisam Nazary.


Là, Ahmad Massoud, fils du célèbre commandant Ahmed Shah Massoud, assassiné le 9 septembre 2001 par Al-Qaïda, deux jours avant les attentats du 11-Septembre aux États-Unis, a rassemblé quelque 9.000 hommes armés, selon M. Nazary.


Des photos prises par l'AFP montrent des dizaines de recrues se livrant à des exercices physiques, et une poignée de véhicules blindés humvees roulant dans la vallée.


Le Front national de résistance (FNR) a pour objectif d'éviter que plus de sang ne soit versé et de promouvoir un nouveau système de gouvernement.


"La condition d'un accord de paix avec les talibans est la décentralisation, un système qui garantisse la justice sociale, l'égalité, les droits et la liberté pour tous", a déclaré M. Nazary, en charge des relations extérieures du Front.


Mais si les talibans, qui avaient affirmé vendredi avoir reçu l'allégeance de Massoud, refusent un tel compromis, alors le FNR est prêt à s'engager dans "un conflit de longue durée".

Un combat défensif

Les talibans contrôlent la très grande majorité du pays, mais des milices sont apparues dans certains districts ces derniers jours, sont entrées en contact avec le FNR et ont commencé à résister aux islamistes, a souligné M. Nazary.


"Massoud n'a pas donné d'ordre en ce sens, mais elles nous sont toutes liées", a-t-il affirmé.


"Les talibans sont débordés. Ils ne peuvent pas être partout en même temps. Leurs ressources sont limitées. Ils n'ont pas le soutien de la majorité (de la population)", a-t-il ajouté.


M. Nazary a concédé qu'Ahmad Massoud avait un point de vue différent de celui d'Amrullah Saleh, qui était vice-président du pays avant la prise de pouvoir par les talibans. Celui-ci a lui aussi trouvé refuge dans la vallée du Panchir et promis de leur résister coûte que coûte.


"M. Saleh est dans le Panchir. Il a choisi de rester dans le pays et ne pas fuir", a observé M. Nazary. Selon lui, Saleh est férocement opposé au Pakistan, qu'il accuse de continuer à soutenir les talibans, alors que Massoud souhaite conserver de bonnes relations avec Islamabad.


"M. Saleh est anti-taliban et anti-pakistanais. Cela ne veut pas dire qu'il appartient à (notre) mouvement. Il est au Panchir et il est respecté. Le but en ce moment, c'est de défendre le Panchir et ses habitants", a repris M. Nazary.


"S'il y a la moindre agression, car notre combat n'est que défensif. Si quelqu'un nous attaque, nous nous défendrons nous-mêmes."

«Une lueur d'espoir»  

Outre les troupes de Massoud, le Panchir abrite aussi 1.000 personnes déplacées venues de tout l'Afghanistan pour se réfugier dans la vallée, d'après M. Nazary.


"Nous voyons le Panchir devenir une zone sécurisée pour tous les groupes qui se sentent menacés dans les autres provinces", a-t-il ajouté.


Parmi les personne qui sont arrivées, figurent des intellectuels, des femmes et des défenseurs des droits humains, qui craignent d'être ciblés par les talibans.


Massoud a réclamé des armes aux États-Unis dans une tribune parue mercredi dans le Washington Post. Mais le Panchir a aussi besoin d'aide humanitaire pour nourrir et prendre soin de tous ceux qui viennent d'arriver, a souligné M. Nazary.


Le jeune Massoud est déterminé à suivre les traces de son père et à défendre son peuple, a assuré M. Nazary, estimant que l'avenir de l'Afghanistan repose sur un système fédéral de gouvernement, pour mettre fin à des décennies de guerre.


"La guerre n'est qu'un dérivé du conflit en Afghanistan. Ce qui a causé le conflit, c'est que l'Afghanistan est un pays fait de minorités ethniques (...) Et dans un pays multi-ethnique, vous ne pouvez pas avoir un groupe qui domine la politique et les autres qui ne sont représentés qu'à la marge."


Pour M. Nazary, la résistance de Massoud et d'autres en Afghanistan est indispensable pour arriver à un tel changement. "Le Panchir a toujours été une lueur d'espoir".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.