Réfugiés afghans: les services européens face au risque de potentielle infiltration terroriste

Des employés afghans de l’Union Européenne arrivent en Espagne, le 18 août (Photo, AFP/LA MONCLOA/FERNANDO CALVO).
Des employés afghans de l’Union Européenne arrivent en Espagne, le 18 août (Photo, AFP/LA MONCLOA/FERNANDO CALVO).
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Publié le Mardi 24 août 2021

Réfugiés afghans: les services européens face au risque de potentielle infiltration terroriste

  • Les polices d'Europe se souviennent du flot de réfugiés venus de Syrie, parmi lesquels s'étaient notamment dissimulés certains des auteurs des attentats de Paris en 2015
  • En France, l'un des cinq Afghans sous surveillance après avoir été rapatrié en France a été placé en garde à vue, selon le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal

PARIS: L'organisation en urgence des exfiltrations de milliers d'Afghans par pont aérien depuis Kaboul fait planer le risque que dans le flux s'insèrent de possibles jihadistes ou des individus potentiellement dangereux.

Les polices d'Europe se souviennent du flot de réfugiés venus de Syrie, parmi lesquels s'étaient notamment dissimulés certains des auteurs des attentats de Paris en 2015. D'où l'impérieuse nécessité de surveiller les entrants. 

"Nous aimerions pouvoir simplement ouvrir nos portes", relevait lundi sur la BBC le secrétaire d'Etat aux Forces armées, James Heappey. Mais "des gens essayent de profiter de la situation pour entrer au Royaume-Uni et nous faire du mal", a-t-il ajouté.  

Un homme figurant sur une liste noire des autorités britanniques a ainsi été évacué de Kaboul. Un porte-parole du ministère a cependant indiqué mardi qu'il avait été identifié "dans le cadre d'un rigoureux processus de vérification" avant d'être considéré comme "une personne ne suscitant pas l'intérêt" des services de sécurité.

Londres a évacué de Kaboul 8 458 personnes depuis le 13 août selon le ministère de l'Intérieur, dont 5 171 Afghans.

En France, l'un des cinq Afghans sous surveillance après avoir été rapatrié en France a été placé en garde à vue, selon le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. 

Il fait partie de l'entourage "d'un Afghan qui a aidé à l'évacuation de Français, de personnes qui ont travaillé pour la France lors de l'évacuation de l'ambassade, à un moment qui était incroyablement tendu, (et) qui a probablement sauvé des vies", a précisé M. Attal sur BFMTV.

Ce dernier, principal profil surveillé, "aurait eu un lien avec des talibans, à un moment donné, qui reste à définir", a ajouté Gabriel Attal.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin s'est de son côté défendu de toute "faille" dans la surveillance des Afghans ramenés en France. "Nous connaissons toutes les personnes qui sont arrivées sur notre sol, ramenées par l'armée française", a-t-il ajouté sur France Info.  

"Vigilance"

Le souvenir syrien, manifestement, reste vif dans l'esprit des autorités. "Bien sûr, il y a un risque d'infiltration (par des terroristes). C'est pour cela qu'il faut une vigilance très forte, a commenté sur France Info Didier Leschi, directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii).  

"À l'aéroport de Roissy, il y a des services spécialisés qui à chaque fois examinent chaque situation mais ce n'est pas nouveau. En 2015-2016, nous avions été confrontés, l'ensemble des pays d'Europe et en particulier l'Allemagne, à l'arrivée de personnes qui avaient de faux passeports syriens et donc il y a une vigilance qui s'exerce". 

La prudence est ainsi de mise sur tout le continent. L'Allemagne a identifié quelques dossiers de droit commun parmi les rapatriés. Et la Belgique revendique une vigilance de tous les instants. 

"Le chaos a régné à l'aéroport pendant très longtemps et il faut être sûr qu'il n'y ait pas d'attaque. D'où le contrôle très strict que font les Américains", expliquait dimanche Sammy Mahdi, ministre belge de l'Immigration à la télévision flamande VTM News. 

"Mais il faut qu'il y ait un flux d'informations suffisant de nos services vers les Américains", qui contrôlent l'aéroport de Kaboul, "pour que les bonnes personnes puissent arriver ici".

En Russie, Vladimir Poutine a pour sa part souligné la responsabilité des pays limitrophes de l'Afghanistan. Il est "important d'empêcher l'infiltration de terroristes sur les territoires des pays voisins (...) y compris en se faisant passer pour des réfugiés", a-t-il déclaré.

"Qui peut être (caché) parmi ces réfugiés, comment peut-on le savoir?", a insisté le chef de l'Etat, en estimant que "des centaines, voire des centaines de milliers ou peut-être des millions" de personnes pourraient vouloir fuir le territoire afghan.

Plusieurs ex-républiques soviétiques d'Asie centrale partagent une frontière avec l'Afghanistan et la Russie, dès lors des "combattants déguisés en réfugiés" pourraient atteindre le territoire russe, a-t-il estimé.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.