Mort de l'ex-dictateur tchadien Hissène Habré, détenu pour crimes contre l'humanité

Hissène Habré était incarcéré au Sénégal en vertu de sa condamnation le 30 mai 2016 à la prison à vie à l'issue d'un procès sans précédent à Dakar. (Photo, AFP)
Hissène Habré était incarcéré au Sénégal en vertu de sa condamnation le 30 mai 2016 à la prison à vie à l'issue d'un procès sans précédent à Dakar. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 25 août 2021

Mort de l'ex-dictateur tchadien Hissène Habré, détenu pour crimes contre l'humanité

  • Hissène Habré laisse au Tchad l'image d'un chef de guerre et grand patriote qui a cherché à consolider le jeune État
  • Les premières réactions officielles tchadiennes saluaient davantage l'homme d'État qu'elles n'évoquaient ses méfaits

DAKAR: L'ancien président et dictateur tchadien Hissène Habré est décédé de la Covid-19 mardi à l'âge de 79 ans au Sénégal où il avait été condamné à la prison à vie en 2016 pour crimes contre l'humanité par une juridiction africaine.

Avec Hissène Habré, qui a dirigé le Tchad de 1982 à 1990, "c'est un des bourreaux les plus sanguinaires de l'histoire de l'humanité qui vient de disparaître", a réagi l'un des avocats des victimes, William Bourdon.

Hissène Habré laisse au Tchad l'image d'un chef de guerre et grand patriote qui a cherché à consolider le jeune État, mais dont la présidence reste entachée par une féroce répression. Elle aura aussi été marquée par la confrontation, avec le soutien de la France et des États-Unis, avec les forces libyennes de Mouammar Kadhafi.

L'actuel numéro un tchadien, Mahamat Idriss Déby, fils d'Idriss Déby Itno, qui renversa Hissène Habré en 1990 pour diriger le pays d'une main de fer pendant 30 ans, a présenté ses "sincères condoléances à sa famille et au peuple tchadien". "A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons", a-t-il dit sur Twitter.

Les premières réactions officielles tchadiennes saluaient davantage l'homme d'État qu'elles n'évoquaient ses méfaits.

Le lieu de son inhumation reste à déterminer. Le Tchad ne s'opposera pas au rapatriement de la dépouille, mais "ne lui rendra aucun hommage officiel en raison de ses condamnations et par respect pour ses victimes", a déclaré Abderaman Koulamallah, porte-parole du gouvernement.

La famille n'a pas exprimé publiquement ses volontés. Un diplomate s'exprimant sous le couvert de l'anonymat a souligné que la décision impliquait le Sénégal et éventuellement l'Union africaine pour son engagement dans le procès de M. Habré.

Hissène Habré était sorti il y a plusieurs jours de sa prison du Cap Manuel, dans le centre de Dakar, pour être admis à la demande de la famille dans une clinique privée. De là, il a été transféré il y a quelques jours à l'hôpital principal où il est décédé, a indiqué le consulat du Tchad.

"Habré a été remis entre les mains de son Seigneur", a déclaré le ministre de la Justice sénégalais Malick Sall sur la chaîne TFM. Selon le ministre, c'est à la clinique qu'il a contracté la Covid-19.

Santé déclinante

Hissène Habré était incarcéré au Sénégal en vertu de sa condamnation le 30 mai 2016 à la prison à vie à l'issue d'un procès sans précédent à Dakar. Il avait été déclaré coupable de crimes contre l'humanité, viols, exécutions, esclavage et enlèvement. Une commission d'enquête tchadienne a chiffré à 40 000 morts le nombre des victimes de la répression sous le régime Habré.

Hissène Habré, chassé en 1990 du pouvoir auquel il avait lui-même accédé par la force, avait trouvé refuge au Sénégal. Là, sous la pression internationale, les conditions de son procès avaient été créées et où il avait été arrêté en 2013 et inculpé par un tribunal spécial instauré en coopération avec l'Union africaine.

Sa famille et ses avocats réclamaient depuis des mois un autre régime que celui de la détention en invoquant son âge, sa santé déclinante et le risque de contamination par la Covid-19 en prison. Après la permission de rentrer chez lui à Dakar sous surveillance pendant 60 jours en 2020, la justice avait refusé une demande de libération en avril 2021.

Sa mort est de la "responsabilité à part entière des États africains et d'une manière particulière de l'État sénégalais", a déclaré Kelley Chidi Djorkodei, qui s'est présenté comme l'un de ses neveux parmi un certain nombre de Tchadiens venus devant l'hôpital.

Le ministre de la Justice a rejeté ces critiques, assurant que "tout a été fait pour lui (M. Habré) faciliter les choses".

«Aucune rancune»

Le collectif des victimes de Hissène Habré, tout en lui reconnaissant le droit à un traitement humain et à des soins, s'est toujours fermement opposé à tout régime de faveur en faisant valoir qu'il n'avait pas montré de mansuétude à leur égard et qu'il ne leur avait toujours pas versé le moindre centime sur les 82 milliards de francs CFA (125 millions EUR) auxquels il a été condamné.

"Nous n'avons aucune rancune à son égard. Il faut juste faire pression sur l'Union africaine pour que les victimes soient indemnisées", a dit une victime sénégalaise, Abdourahmane Guèye, qui vendait des bijoux au Tchad à l'époque. "Nous n'allons pas baisser les bras", a-t-il juré.

Les victimes et leurs avocats soupçonnent que Hissène Habré était resté à la tête d'une fortune considérable.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.