Grâce au streaming, un comté anglais devient une plaque tournante du cinéma

Une impression d'artiste publiée par Blackstone le 2 août 2021 montre le développement proposé d'un nouveau centre Sunset Studios pour la production cinématographique, télévisuelle et numérique à Broxbourne, au nord de Londres. (Blackstone/AFP)
Une impression d'artiste publiée par Blackstone le 2 août 2021 montre le développement proposé d'un nouveau centre Sunset Studios pour la production cinématographique, télévisuelle et numérique à Broxbourne, au nord de Londres. (Blackstone/AFP)
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Publié le Vendredi 27 août 2021

Grâce au streaming, un comté anglais devient une plaque tournante du cinéma

  • A une trentaine de kilomètres au nord de Londres, la petite ville de Broxbourne et ses quelque 15.000 habitants vont bientôt être secoués par l'installation de vastes studios de cinéma
  • Avec la croissance de plateformes comme Netflix et les retards de tournage accumulés pendant la pandémie, les studios existants ont été rapidement débordés cet été, ouvrant la voie à une expansion

BROXBOURNE, Royaume-Uni : Des champs, des cités-dortoirs, de petits villages... Et d'énormes studios: grâce à l'explosion du streaming, le calme comté anglais du Hertfordshire est en passe de devenir une plaque tournante de l'industrie du cinéma.

A une trentaine de kilomètres au nord de Londres, la petite ville de Broxbourne et ses quelque 15.000 habitants vont bientôt être secoués par l'installation de vastes studios de cinéma: les Sunset Studios occuperont près de 37 hectares, en lisière d'un champ de céréales.

"Cet endroit était vraiment notre premier choix pour quelque chose de cette ampleur", assure à l'AFP Victor Coleman, directeur de Hudson Pacific Properties, co-financeur du projet avec le fonds Blackstone.

Avec la croissance de plateformes comme Netflix et les retards de tournage accumulés pendant la pandémie, les studios existants ont été rapidement débordés cet été, ouvrant la voie à une expansion.

Si bien que, même si un monde et des milliers de kilomètres séparent le bucolique comté du Hertfordshire d'Hollywood, cette région anglaise déjà entichée de cinéma est en train de devenir une véritable plaque tournante de l'industrie.

Avec son patrimoine cinématographique et ses infrastructures industrielles, Victor Coleman pense que la région a le potentiel pour devenir "la zone de production vers laquelle les gens voudront graviter".

Ce comté d'environ 1,2 million d'habitants accueille en effet depuis plusieurs décennies de grosses productions hollywoodiennes, comme les trilogies originales de "Star Wars" et "Indiana Jones", liées aux studios d'Elstree.

D'autres grands studios y sont déjà implantés, comme le site de Warner Bros à Leavesden, célèbre pour la franchise "Harry Potter".

Retombées économiques

Mais "l'appétit vorace pour des contenus" au niveau mondial a accéléré les choses et poussé Hudson Pacific - qui possède à Los Angeles le studio ayant produit "Lalaland" - à investir 700 millions de livres (818 millions d'euros) dans les Sunset Studios.

Ce nouveau campus, dont la construction devrait prendre deux ans et demi après l'obtention du permis, pourra contenir jusqu'à 25 scènes destinées à accueillir tous les types de tournage, mais s'adressera en particulier aux sociétés comme Amazon et Apple.

Car les productions cinématographiques sont désormais considérées comme "secondaires" par les exploitants des studios, par rapport aux séries télé ou productions pour les géants du streaming.

Construit à côté de l'autoroute la plus fréquentée du pays, le gigantesque studio de Broxbourne offrira "l'échelle, la connectivité et la base de compétences" nécessaires pour ce genre de productions, affirme Victor Coleman.

Pour le comté, en plus des projets d'expansion d'autres studios, c'est une aubaine: les Sunset Studios devraient créer plus de 4.500 emplois et apporter 300 millions de livres (350 millions d'euro) par an à l'économie du Hertfordshire.

Triangle d'or

A une trentaine de kilomètres à l'ouest de Broxbourne, le district de Dacorum se présente aussi comme une destination incontournable de tournage.

Avec sa campagne idyllique, ses villages pittoresques et ses centres-villes plus modernes, le district a joué sur sa polyvalence pour accueillir de nombreux productions ces dernières années, dont la série "Afterlife" de Ricky Gervais (Netflix).

Le Hertfordshire a enfin "pris conscience de ce qui se trouvait sur le pas de sa porte", relève Jo Beckett, chargée de repérer les lieux de tournage pour de grosses productions.

C'est selon elle surtout le développement des studios de Warner Bros, construits sur un aérodrome de la Seconde Guerre mondiale, qui a dynamisé la région jusqu'à en faire une "plaque tournante" du secteur, voire un "acteur majeur d'Hollywood".

Les difficultés et dépenses excessives liées à un tournage à Londres (péage urbain, monde dans les rues) ont aussi poussé les cinéastes à abandonner la capitale au profit d'un "triangle d'or" dans l'ouest de la ville qui s'étend du Hertfordshire aux studios de Shepperton, affirme Ian Heard, lui aussi chargé de repérages.

Pour ce cernier, les producteurs préfèrent désormais tourner dans des lieux situés à moins d'une quarantaine de kilomètres de leur base -souvent les studios- pour limiter leurs dépenses, ce qui a profité à la région.

"Tout le monde veut la facilité", résume-t-il, et donc "tout est question de coûts... et de les maintenir bas".


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".