Le gouvernement britannique sous le feu des critiques pour sa gestion de la crise afghane

Le chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab (à gauche), avait déjà été la cible de reproches en août pour être resté en vacances en Crète alors que Kaboul tombait aux mains des talibans. (Photo, AFP)
Le chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab (à gauche), avait déjà été la cible de reproches en août pour être resté en vacances en Crète alors que Kaboul tombait aux mains des talibans. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Dimanche 29 août 2021

Le gouvernement britannique sous le feu des critiques pour sa gestion de la crise afghane

  • «Nous aurions pu faire mieux», a déploré l'ancien chef de l'armée britannique, Richard Dannatt, sur Times Radio, évoquant des «extractions chaotiques»
  • Ajoutant à l'indignation, l'exécutif a autorisé l'évacuation aérienne de Kaboul de quelque 200 chiens et chats recueillis dans un refuge par un ex-marine

LONDRES: Des centaines d'Afghans éligibles au départ laissés sur place, l'évacuation polémique de chiens et chats, un manque de préparation: le gouvernement britannique est vertement critiqué dimanche pour sa gestion de l'opération d'évacuation en Afghanistan, achevée samedi. 

Mettant hâtivement fin à vingt ans de présence en Afghanistan aux côtés des forces américaines, un avion transportant les derniers militaires britanniques a quitté Kaboul samedi soir. 

Il a été précédé de peu par le dernier vol évacuant uniquement des civils, quelques jours avant la date du 31 août fixée par les États-Unis pour leur retrait d'Afghanistan à la suite de la reprise éclair du pays par les talibans.

Vingt ans après l'empressement du Premier ministre travailliste Tony Blair à faire front avec les États-Unis en Afghanistan, au nom de la guerre contre le terrorisme, Londres partage avec son allié américain l'humiliation d'un départ précipité - même si le gouvernement conservateur a critiqué cet été la décision de Washington de retirer ses troupes. 

Dans une vidéo publiée sur Twitter, le Premier ministre Boris Johnson a défendu l'intervention britannique, "bien que nous aurions souhaité ne pas partir de cette manière". 

Aux familles des 457 militaires britanniques tombés au cours des vingt dernières années en Afghanistan, il a assuré qu'ils n'étaient pas morts "en vain", permettant de protéger l'Occident contre des nouveaux attentats fomentés dans ce pays et contribuant à donner accès à l'éducation pour des millions de filles. 

Concernant les évacuations, le dirigeant a évoqué "le point culminant d'une mission comme on n'en a jamais vu dans notre vie". Elle a permis d'exfiltrer plus de 15 000 personnes en deux semaines, dont environ 8 000 Afghans éligibles au programme destiné au personnel afghan employé localement par le Royaume-Uni. 

Manque de «stratégie»

Mais des voix critiques ont estimé que bien plus auraient pu être sauvés si le gouvernement s'était mieux préparé. 

"Nous aurions pu faire mieux", a déploré l'ancien chef de l'armée britannique, Richard Dannatt, sur Times Radio, évoquant des "extractions chaotiques". 

Le député conservateur et ancien militaire Tobias Ellwood a regretté sur la radio LBC le manque de "stratégie" et de "leadership politique" de l'exécutif dans ce dossier. 

Le ministre de la Défense Ben Wallace avait admis vendredi que jusqu'à 150 ressortissants britanniques et entre 800 et 1 100 Afghans éligibles ne pourraient être exfiltrés.  

Leur nombre pourrait même atteindre 9 000, selon des responsables cités anonymement dans le Sunday Times, qui dénoncent l'impréparation de l'exécutif.

The Observer cite dimanche un lanceur d'alerte au sein du ministère des Affaires étrangères selon lequel 5 000 emails adressés par des députés et des associations pour signaler des Afghans à risque n'ont pas été lus.  

"Nous avons toujours prévenu que la nature de la situation sécuritaire en Afghanistan impliquait que nous ne pourrions évacuer tous ceux qui le désiraient", a rétorqué le ministère dans l'hebdomadaire, assurant avoir travaillé 24h/24 pour trier les messages et appels entrants. 

Alors que le Premier ministre Boris Johnson a promis de remuer "ciel et terre" pour continuer à faire sortir des gens après le 31 août, l'opposition travailliste lui a reproché de ne pas avoir de plan précis. 

Un membre du gouvernement accuse même, dans le Sunday Times, le chef de la diplomatie Dominic Raab de n'avoir "rien fait" pour nouer des liens avec des pays voisins comme le Pakistan, d'où les Afghans éligibles peuvent rejoindre le Royaume-Uni. 

M. Raab avait déjà été la cible de reproches en août pour être resté en vacances en Crète alors que Kaboul tombait aux mains des talibans.  

Pire, le gouvernement, qui a reconnu une erreur, a été accusé de mettre la vie de collaborateurs afghans en danger, après qu'un journaliste du Times a trouvé sur le sol de l'ambassade britannique évacuée à Kaboul des documents identifiant sept d'entre eux. 

Ajoutant à l'indignation, l'exécutif a autorisé l'évacuation aérienne de Kaboul de quelque 200 chiens et chats recueillis dans un refuge par un ex-marine, qui a pu quitter Kaboul dans les dernières heures samedi à bord d'un vol spécialement affrété. 

Les employés afghans de l'association et leurs proches n'ont eux-mêmes pas pu parvenir à l'aéroport pour être évacués.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.