La 4e édition de l’Ithra Art Prize raflée par une artiste tunisienne basée à Berlin

Nadia Kaabi-Linke.
Nadia Kaabi-Linke.
Le théâtre du musée Ithra, à Dammam. (Shutterstock)
Le théâtre du musée Ithra, à Dammam. (Shutterstock)
Vue du musée Ithra à Dhahran. (Shutterstock)
Vue du musée Ithra à Dhahran. (Shutterstock)
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Publié le Lundi 30 août 2021

La 4e édition de l’Ithra Art Prize raflée par une artiste tunisienne basée à Berlin

  • L’Ithra Art Prize permet aux artistes d’exposer leurs œuvres aux côtés de grands noms régionaux et internationaux
  • «Le monde occidental investit de moins en moins dans la culture en raison des crises économiques. Dans la région du Golfe, c’est le contraire qui se produit»

DJEDDAH: Une artiste tunisienne qui habite à Berlin vient de remporter la 4e édition de l’Ithra Art Prize («prix d’art de l’Ithra», le Centre du roi Abdelaziz pour la culture mondiale, NDLR), alors que le monde traverse l’une des années les plus difficiles de son histoire récente.

Nadia Kaabi-Linke a choisi d’immortaliser la pandémie qui a paralysé l’économie mondiale. Utilisant le symbole emblématique de la croissance économique – une flèche vers le haut –, elle entend montrer que l’humanité se dirige vers une sortie plus sûre de la crise.

L’œuvre de Nadia Kaabi-Linke a été choisie parmi 1 500 autres, évaluées par un jury qui regroupait des personnalités locales et internationales de la scène artistique mondiale. La lauréate a remporté 100 000 dollars, soit 85 000 euros, et son projet sera exposé au mois de décembre prochain.

«J’ai choisi d’utiliser la flèche comme symbole de croissance économique, mais elle représente en même temps une espèce de porte de sortie, une manière d’échapper à notre zone de confort qu’est ce monde qui nous mène sur le chemin de la destruction», confie-t-elle à Arab News.

L’artiste invite l’humanité à voir dans la pandémie une occasion de mettre en place un monde alternatif et une nouvelle économie qui ne serait plus basée sur la croissance. «Il s’agit davantage d’espérer, d’être ensemble, de quitter l’ancien monde pour un nouveau et d’avoir le courage de nous engager dans une voie inconnue», explique-t-elle.

Après son exposition à la Biennale de Diriyah au mois de décembre prochain, l’œuvre de l’artiste intégrera la prestigieuse collection d’art permanente du musée Ithra.

 

«Je suis extrêmement optimiste au sujet de la scène artistique régionale et plus particulièrement en ce qui concerne l’Arabie saoudite. Je suis vraiment heureuse de constater que l’art y fleurit et que les gens peuvent découvrir des trésors.»

Nadia Kaabi-Linke

 

Lancé en 2017, l’Ithra Art Prize s’est déroulé à l’étranger pendant trois années afin de soutenir les artistes contemporains saoudiens ou qui habitent l’Arabie saoudite.

«Cette année, nous avons décidé de nous adresser à vingt-deux pays arabes et nous avons ciblé des artistes contemporains qui doivent être originaires de la région arabe ou y résider depuis plus de dix ans. Nous sommes très fiers des artistes présélectionnés. Il y a parmi eux de grands noms, des créateurs qui ont fait leurs preuves sur la scène artistique, et je peux vous garantir que le public ne sera pas déçu par le lauréat», affirme Farah Abushullaih, directrice du musée Ithra, à Arab News.

Née à Tunis en 1978, Nadia Kaabi-Linke a vécu entre Paris, Dubaï et Tunis. Elle a obtenu son diplôme de l’Institut supérieur des beaux-arts de Tunis en 1999 et a décroché un doctorat à l’université Paris-Sorbonne en 2008.

Les origines de l’artiste et le récit de son immigration transparaissent dans son œuvre.

L’Ithra Art Prize, qui joue le rôle d’une plate-forme, permet aux créateurs d’exposer leurs œuvres aux côtés de personnalités régionales et internationales. Il joue un rôle important dans l’autonomisation des talents locaux et favorise le transfert de connaissances entre les artistes, affirme Abushullaih.

Le partenariat entre Ithra et la Biennale de Diriyah est bisannuel. La prochaine compétition, qui aura lieu en 2023, s’adressera également aux artistes arabes.

«Je suis extrêmement optimiste au sujet de la scène artistique régionale et plus particulièrement en ce qui concerne l’Arabie saoudite. Je suis vraiment heureuse de constater que l’art y fleurit et que les gens peuvent découvrir des trésors», ajoute l’artiste.

«Le monde occidental investit de moins en moins dans la culture en raison des crises économiques. Dans la région du Golfe, c’est le contraire qui a se produit. Je me félicite que la région connaisse un essor culturel et je suis ravie d’en faire partie», poursuit-elle

L’œuvre primée sera exposée à l’occasion de la première Biennale de Diriyah organisée dans le Royaume.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".