Désespoir et colère en Louisiane après le passage de l'ouragan Ida

De nombreuses routes de LaPlace étaient encore submergées par l'eau lundi, ou bloquées par des lignes haute tension, des arbres et des poteaux électriques couchés par le vent. (Photo, AFP)
De nombreuses routes de LaPlace étaient encore submergées par l'eau lundi, ou bloquées par des lignes haute tension, des arbres et des poteaux électriques couchés par le vent. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 31 août 2021

Désespoir et colère en Louisiane après le passage de l'ouragan Ida

  • «Nous avons secouru plus d'une centaine de personnes», estime Jonathan Walker, du département du shérif de St John, qui évolue dans la ville à l'arrière d'un camion de l'armée
  • La paroisse de St-John the Baptist avait émis des ordres d'évacuation volontaires et non obligatoires en amont de l'arrivée de l'ouragan Ida, qui s'est abattu sur la région avec des vents soufflant à plus de 240 km/h

LAPLACE : Plafond effondré, porte de garage défoncée, panier de basket renversé: Lxchelle Arceneaux observe lundi avec désespoir les ravages que l'ouragan Ida a infligés dans la nuit à sa maison dans la ville de LaPlace, à l'ouest de la Nouvelle-Orléans.

"Mes enfants étaient terrifiés", raconte la femme de 46 ans, vêtue tout de bleu sur le seuil de sa demeure. "Je n'avais jamais entendu des rafales de vent comme ça."

Mme Arceneaux s'était réfugiée avec son mari et ses enfants dans sa chambre à coucher lorsque la force du vent a brisé une fenêtre pourtant barricadée tant bien que mal avec une planche de bois et du scotch.

"De l'eau a commencé a s'infiltrer à l'intérieur venant du toit. Les alarmes incendie se sont mises à hurler", poursuit-elle, expliquant avoir essayé d'évacuer la pluie avec des seaux. "Nous n'avions pas assez de récipients", ajoute-t-elle, le son de sa voix couvert par le bruit des générateurs, toute la ville ayant l'électricité coupée.

Vers 19h30 dimanche, une partie de son plafond s'est affaissé, déversant des trombes d'eau dans son salon, les bulles d'humidité étant encore visibles lundi sur son papier peint blanc.

Exaspération

Lxchelle Arceneaux est en colère contre les autorités qui n'avaient pas donné selon elle assez d'informations sur la trajectoire de l'ouragan et le danger qu'encourait cette ville de 30 000 habitants, nichée sur la rive est du fleuve Mississippi entre la Nouvelle-Orléans et la capitale de la Louisiane, Baton-Rouge.

"Nous savions qu'il y avait un ouragan mais pas que l'oeil du cyclone s'était déplacé vers nous", explique-t-elle avec exaspération. "Nous avons reçu l'alerte inondation uniquement lorsque l'ouragan était déjà là", accuse-t-elle.

La paroisse (équivalent des comtés en Louisiane) de St-John the Baptist avait émis des ordres d'évacuation volontaires et non obligatoires en amont de l'arrivée de l'ouragan Ida, qui s'est abattu sur la région avec des vents soufflant à plus de 240 km/h.

"J'aurais vraiment préféré évacuer et ne pas vivre cette expérience", lance Mme Arceneaux, qui porte des sandales arc-en-ciel aux pieds.

Son voisin, Carlo Barber, 22 ans, a aussi été surpris par Ida qui a inondé sa maison de 12 centimètres d'eau, projeté des tuiles partout dans son jardin et détruit sa clôture.

"Quand la maison a pris l'eau, je suis monté dans mon pick-up et j'ai passé la nuit sur le parking de Home Depot", célèbre enseigne américaine de bricolage, détaille l'étudiant blond au visage juvénile.

"C'était pire ce que je pensais. Quand l'ouragan Isaac est passé l'année dernière, nous n'avions pas eu d'eau dans la maison", se souvient-il. "Nous n'étions pas préparés pour Ida mais la prochaine fois nous le serons."

Ville submergée

De nombreuses routes de LaPlace étaient encore submergées par l'eau lundi, ou bloquées par des lignes haute tension, des arbres et des poteaux électriques couchés par le vent.

"Nous avons secouru plus d'une centaine de personnes", estime Jonathan Walker, du département du shérif de St John, qui évolue dans la ville à l'arrière d'un camion de l'armée.

Parmi les rescapés, Anderson Martinez, 17 ans, qui s'échappe dans un hélicoptère de la garde nationale américaine venant d'atterrir dans le parking d'une zone commerciale avec à son bord une dizaine de personnes dont trois enfants en bas-âge.

Anderson, son frère de 14 ans, et leur mère, s'étaient réfugiés dans un hôtel de la ville durant le passage d'Ida. Mais lorsqu'ils ont voulu quitter leur logement de fortune les alentours étaient entourés d'eau, rendant la traversée impossible.

"L'eau a atteint au moins deux mètres", s'exclame-t-il tout en poussant un charriot où repose toutes ses affaires fourrées dans des sacs plastiques.

L'adolescent cherche désormais à rejoindre à tout prix sa maison à 10 minutes de route pour voir si elle est encore debout. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.