La Californie en guerre contre les pistolets en kit et autres armes «fantômes»

Ces armes sont aussi appelées «pistolets 80%» car elles sont vendues déjà montées à hauteur de 80%. (Photo, AFP)
Ces armes sont aussi appelées «pistolets 80%» car elles sont vendues déjà montées à hauteur de 80%. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 01 septembre 2021

La Californie en guerre contre les pistolets en kit et autres armes «fantômes»

  • Pendant longtemps réservées à une poignée de passionnés, ces armes en kit se commandent sur internet aussi facilement que des meubles Ikea, fustigent leurs détracteurs
  • Ces kits sont souvent accompagnés de tutoriels sur YouTube, qui ont pour certains enregistré des centaines de milliers de vues

LOS ANGELES : San Diego, San Francisco et à présent Los Angeles: la Californie et ses grandes villes ont déclaré la guerre aux pistolets en kit et autres armes "fantômes" vendues sur internet sans aucun contrôle, dont l'utilisation a explosé ces derniers mois.

A l'unanimité mardi, le conseil municipal de Los Angeles a adopté une ordonnance visant à interdire la possession ou la vente de ces armes sur le territoire de la ville.

"Quand nous voyons l'augmentation des homicides ici, et que la police de Los Angeles trouve que 40% des armes à feu liées à des crimes sont des armes fantômes, on sait que nous devons faire face à une situation critique", déclarait peu avant le vote Paul Koretz, élu municipal à l'origine de l'ordonnance contre ces armes, totalement non-traçables.

"Les armes fantômes circulent depuis environ neuf ans, mais elles sont devenues un problème majeur en 2020, avec la confiscation de 814 armes fantômes rien qu'à Los Angeles", a affirmé au conseil municipal le chef adjoint de la police Kris Pitcher.

Il estime que jusqu'à 2 500 de ces armes pourraient être saisies cette année.

Pendant longtemps réservées à une poignée de passionnés, ces armes en kit se commandent sur internet aussi facilement que des meubles Ikea, fustigent leurs détracteurs. Elles se retrouvent désormais souvent entre les mains de délinquants et autres individus qui ne pourraient pas se les procurer dans une armurerie classique, où les vérifications d'identité sont de rigueur dans de nombreux Etats américains, dont la Californie.

Elles sont aussi appelées "pistolets 80%" car elles sont vendues déjà montées à hauteur de 80%. Il suffit alors de se procurer les pièces restantes, souvent auprès du même marchand, de percer quelques trous et de les assembler pour avoir une arme totalement fonctionnelle mais dépourvue de numéro de série.

D'après une étude de l'organisation Everytown for Gun Safety, qui lutte contre les violences par armes à feu, un kit permettant d'assembler un fusil de type AR-15 - l'un des plus populaires aux Etats-Unis et souvent utilisé lors des fusillades de masse - peut coûter moins de 400 dollars.

L'argumentaire d'un des vendeurs en ligne assure: "le temps de montage n'est pas très long. En une heure ou deux, vous devriez pouvoir l'étrenner au stand de tir".

Ces kits sont souvent accompagnés de tutoriels sur YouTube, qui ont pour certains enregistré des centaines de milliers de vues.

Faille juridique

San Francisco vient de son côté d'assigner en justice trois fabricants d'armes fantômes pour tenter d'endiguer leur prolifération. "Nous visons directement ceux qui sont responsables de l'arrivée de ces armes dangereuses et incontrôlées dans les rues de San Francisco et dans toute la Californie", a lancé le procureur de la ville, Chesa Boudin.

D'après des statistiques de l'ATF, l'agence fédérale qui régule les armes à feu, la Californie représente à elle seule 65% des armes fantômes saisies l'an dernier aux Etats-Unis.

"La Californie fait figure d'épicentre" de cette épidémie, confirme Adam Skaggs, directeur juridique du Giffords Law Center. L'ONG porte le nom de Gabby Giffords, une ancienne élue grièvement blessée par balle en 2011.

"L'une des raisons pour lesquelles les armes à feu sont devenues un si gros problème en Californie, c'est parce qu'elle possède les lois sur les armes les plus strictes du pays". Donc les pistolets fantômes, "qui exploitent une sorte de faille juridique, y deviennent très attrayants", explique M. Skaggs à l'AFP.

"Qu'il s'agisse de gens qui ont un casier judiciaire, un signalement pour violences conjugales, ou qui sont trop jeunes pour avoir le droit d'acheter une arme... ils peuvent se procurer un pistolet fantôme car il n'y a aucune vérification", déplore l'avocat.

C'est la raison pour laquelle le Giffords Center s'est associé à la procédure engagée par San Francisco contre les trois fabricants qui, selon Adam Skaggs, enfreignent certaines lois fédérales et californiennes, notamment sur la sécurité des consommateurs par exemple.

Conformément à la volonté du président Joe Biden de mieux encadrer les armes à feu, l'ATF a d'ailleurs récemment annoncé son intention de modifier ses règles pour contraindre les fabricants à doter leurs kits d'un numéro de série et à vérifier les antécédents de leurs acheteurs.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.