Rapatriés de Kaboul à Villeurbanne, des Afghans toujours rongés par «l'inquiétude du pays»

Des enfants jouent dans un couloir d'un immeuble, alors que des familles de réfugiés afghans viennent d'arriver après leur évacuation de Kaboul à Villeurbanne, près de Lyon, le 31 août 2021. (AFP)
Des enfants jouent dans un couloir d'un immeuble, alors que des familles de réfugiés afghans viennent d'arriver après leur évacuation de Kaboul à Villeurbanne, près de Lyon, le 31 août 2021. (AFP)
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Publié le Mercredi 01 septembre 2021

Rapatriés de Kaboul à Villeurbanne, des Afghans toujours rongés par «l'inquiétude du pays»

  • «Le futur, on ne sait pas, donc nous avons choisi la demande d'asile pour avoir une garantie pour notre futur»
  • Ali raconte le départ précipité, munis seulement de «sacs à dos», l'attente durant «trois jours, sans manger» pour atteindre la porte de l'aéroport

VILLEURBANNE: Parti brutalement de Kaboul vers un avenir incertain, Ali*, un chirurgien afghan de 59 ans, vit depuis une semaine en France avec sa famille à Villeurbanne, près de Lyon (centre-est) et peine encore à se projeter dans une nouvelle vie.


"Le futur, on ne sait pas, donc nous avons choisi la demande d'asile pour avoir une garantie pour notre futur", déclare devant des journalistes le quinquagénaire, assis à côté de son épouse dans la salle commune de la résidence où ils sont accueillis depuis le 25 août.


Le couple et ses deux enfants de 11 et 12 ans font partie d'un groupe de 85 réfugiés afghans, évacués par la France et accueillis en urgence, à Lyon et Villeurbanne, dans des structures gérées par Forum réfugiés-Cosi, après un éprouvant périple pour fuir Kaboul, tombée mi-août aux mains des talibans.


Comme eux, quelques 2.600 Afghans menacés ont été évacués en France en août, selon les chiffres officiels donnés à la suspension du pont aérien. 


"Il nous reste toujours l'inquiétude du pays, de notre famille, de notre peuple, parce qu'on pense toujours à ça, on ne peut pas oublier", ajoute ce professeur d'université francophone, barbe poivre et sel de trois jours.


Il témoigne sous un prénom d'emprunt car Forum réfugiés-Cosi préfère préserver l'anonymat des réfugiés afghans pour éviter de possibles représailles sur leurs proches restés au pays. 

«Sac à dos»
Ali raconte le départ précipité, munis seulement de "sacs à dos", l'attente durant "trois jours, sans manger" pour atteindre la porte de l'aéroport puis un premier avion vers Abu Dabi, la capitale des Emirats arabes, un second pour Paris et enfin un bus vers Lyon.


"On n'a pas eu d'autre choix, chaque jour était dangereux, nous étions toujours préoccupés par les risques à venir, surtout pour moi qui ai longtemps travaillé avec les Français, j'avais des relations très proches avec l'ambassade", précise-t-il.


Sa femme, Lea*, 40 ans, médecin, prodiguait des conseils médicaux et juridiques aux femmes afghanes au sein d'une ONG, et garde un "très mauvais souvenir" du précédent régime taliban. 


Visage grave parfois illuminé d'un sourire, elle parle pachto, son époux Ali traduit: "elle a senti le danger, elle était préoccupée pour sa carrière car elle n'allait pas pouvoir continuer son travail, qu'elle aime bien".


"Elle était aussi préoccupée pour sa fille qui n'allait pas pouvoir être scolarisée", poursuit-il.


A Kaboul, l'école a fait savoir qu'elle n'accueillerait plus "les filles qui dépassent la sixième".


Leurs projets ? Ali souhaite seulement que ses enfants, encore "choqués" par les scènes de "brutalité" auxquelles ils ont assisté, soient "scolarisés" et que la famille puisse vivre sans "danger pour (sa) vie".

«Se reconstituer»
Comme les autres réfugiés, ils ont obtenu à leur arrivée en France un visa de 15 jours, ont commencé par dix jours d'isolement lié à la crise sanitaire et ont commencé les formalités pour demander l'asile politique.


"Les premiers jours ont servi à se reposer, à se reconstituer (...) tout le monde était épuisé, en particulier les enfants", souligne le directeur général de Forum réfugiés-Cosi, Jean-François Ploquin.


"Maintenant nous sommes dans une deuxième séquence: permettre aux personnes d'être en pleine possession des éléments nécessaires pour demander l'asile", ajoute-t-il.


"Beaucoup sont rassurés sur leur sort mais sont en grand souci de ceux qu'ils ont laissé au pays", observe le responsable.


Cette angoisse taraude Massoud, 34 ans, vêtu d'une tenue traditionnelle afghane en tissu satiné. Craignant pour sa vie, il a "tout laissé, jusqu'à ses trois enfants et sa femme".


Ses diverses activités professionnelles, en lien avec des étrangers, ainsi que son "activisme social" pouvaient, selon lui, le faire passer pour un "espion des Français" auprès des talibans. 


"Ma requête est celle-ci: si vous avez été capables de sauver des milliers de vies, sauvez seulement ma femme et mes trois enfants, supplie-t-il. Tout est à portée de main, toutes sortes de nourriture, mais je ne prends plaisir à rien ici. Physiquement, je suis assis ici mais mes pensées sont en Afghanistan, avec ma femme".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.