La Haute-Égypte vue par le photographe Mahmoud Hawari

Le jeu populaire Tahteeb, ou «le jeu du bâton». Photo Mahmoud Hawari.
Le jeu populaire Tahteeb, ou «le jeu du bâton». Photo Mahmoud Hawari.
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Publié le Jeudi 02 septembre 2021

La Haute-Égypte vue par le photographe Mahmoud Hawari

  • Le travail de Mahmoud Hawari a été récompensé par l’Unesco
  • Changer les représentations est une bataille culturelle de tous les instants

PARIS: La Haute-Égypte est tributaire et victime des représentations et des stéréotypes qui l’entourent. Cette région située au sud de l’Égypte est une destination touristique par excellence. Elle abrite des lieux et des vestiges emblématiques de l’Égypte antique: la vallée des Rois, le temple de Louxor, ou encore le temple de Karnak. Cette zone est toutefois dépeinte de manière négative dans le cinéma égyptien comme étant le lieu de prédilection des meurtres par vengeance – Al Tar. Le photographe Mahmoud Hawari a comme dessein de modifier ces représentations. Arab News en français s’est entretenu avec lui.

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Mahmoud Hawari, fondateur du collectif Humans of Upper Egypt. Photo fournie.



Filiation avec l’Égypte pharaonique

La révolution égyptienne a été une étape prépondérante dans la vie artistique de Mahmoud Hawari. Un véritable changement de paradigme s’est opéré. «À l’époque, j’utilisais la photographie pour tirer des portraits. Je ne pensais pas du tout faire des projets culturels liés au patrimoine de la Haute-Égypte. La révolution m’a permis d’éveiller ma conscience en me façonnant culturellement.» La période révolutionnaire va lui permettre de côtoyer des gens qui s’intéressent à la culture, au patrimoine égyptien, et à l’Égypte antique. «Ce cercle d'amis – réalisateur, scénariste, chercheur en études égyptiennes – m'a beaucoup aidé en m’orientant dans la documentation et dans la culture.»

Mahmoud Hawari a commencé à photographier les jeux populaires en Haute-Égypte, et plus particulièrement le Tahteeb, ou «le jeu du bâton». Son travail a été récompensé par l’Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco). «Ce jeu populaire puise ses racines dans l’Égypte pharaonique. J’ai documenté cette tradition pendant plus de trois ans. De nombreuses personnes ont apprécié ce travail à tel point que c’est devenu une référence. J’ai ainsi compris que mon travail pouvait avoir un intérêt.» Ce jeu est classé depuis novembre 2016 au Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. 

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Le jeu populaire Murmah. Photo Mahmoud Hawari.


Il a ensuite reçu de nombreux prix pour son travail de documentation d’un autre jeu populaire: le Murmah, une reconstitution vivante des batailles à cheval. Ce jeu populaire a aussi une forte filiation avec l’Égypte pharaonique. 

Casser les stéréotypes

Fort de ce succès et de l'intérêt populaire, Mahmoud Hawari a fondé en 2014 le collectif Humans of Upper Egypt qui publie sur Facebook et Instagram des photographies et des vidéos tournées en Haute-Égypte. «On y apprend d'une part les bases de la photographie, et d'autre part à transmettre nos valeurs. Notre mission est de documenter la vie quotidienne et la culture populaire en Haute-Égypte. Notre but est d'utiliser tous les mediums disponibles – photographie et vidéo – pour mettre en lumière et documenter notre patrimoine culturel.»

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L'âme de l'Égypte. Photo Mahmoud Hawari.

En dépit de l'absence de soutien institutionnel, Humans of Upper Egypt a su atteindre ses objectifs en s'intégrant pleinement dans le décor local. «Nous avons commencé à travailler dans des petits villages. J'ai personnellement vécu dans six villages, pour une durée allant de trois mois minimum à trois ans chacun. J'ai découvert qu’il y avait dans le petit village de Ballas (dénommé récemment “Mahrousa”) un souk chaque jeudi qui réunit les commerçants et les artisans de plus de quarante villages avoisinants. Ce souk qui met en honneur l'artisanat local a sans aucun doute un lien avec l'Égypte pharaonique.»

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L'Égypte authentique. Photo Mahmoud Hawari.


Humans of Upper Egypt a surtout comme objectif de casser les stéréotypes. «La télévision propage des représentations – les vendettas, et l'extrême pauvreté – qui sont encore fortement ancrées dans l'inconscient des gens. Grâce à nos efforts, on a réussi à changer les représentations des habitants de la capitale concernant la Haute-Égypte. Des institutions comme Every Day Egypt ont partagé notre travail pour montrer que la Haute-Égypte est avant tout la région qui a su le mieux préservé les racines de l’Égypte antique. Dans cette région, on retrouve aussi les plus anciennes églises coptes et une des plus anciennes mosquées du pays.» 

Changer les représentations est une bataille culturelle de tous les instants.

 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".