L'UE pose ses conditions aux talibans et envisage un retour à Kaboul

Le chef de Diplomatie de l'Union européeene, Josep Borell, s'exprime à Bruxelles. (Photo, Reuters)
Le chef de Diplomatie de l'Union européeene, Josep Borell, s'exprime à Bruxelles. (Photo, Reuters)
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Publié le Samedi 04 septembre 2021

L'UE pose ses conditions aux talibans et envisage un retour à Kaboul

  • «Nous devons parler avec le nouveau gouvernement afghan, ce qui ne signifie pas une reconnaissance, c'est un dialogue opérationnel»
  • Les talibans ont multiplié, depuis leur prise de Kaboul, les déclarations d'ouverture visant à rassurer la population et la communauté internationale

KRANJ, SLOVENIE : Les pays de l'UE ont détaillé vendredi leurs conditions pour leur relation future avec les talibans, et décidé de se coordonner pour assurer une présence civile à Kaboul afin d'aider aux évacuations, sous réserve que la sécurité le permette.


"Nous devons parler avec le nouveau gouvernement afghan, ce qui ne signifie pas une reconnaissance, c'est un dialogue opérationnel", a déclaré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, lors d'une conférence de presse à l'occasion d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE en Slovénie.


"Ce dialogue opérationnel s'intensifiera en fonction du comportement de ce gouvernement", a-t-il ajouté. 


Il a exposé une série de conditions, alors que le nouveau gouvernement à Kaboul doit être dévoilé par les talibans au plus tôt ce samedi.


Les Européens posent notamment comme conditions que l'Afghanistan ne serve pas de base arrière au terrorisme, le respect des droits humains, notamment ceux des femmes, la liberté de la presse, un gouvernement "inclusif et représentatif" et un accès sans entrave pour l'aide humanitaire, que l'UE envisage d'augmenter. 


De retour au pouvoir 20 ans après en avoir été chassés par une coalition emmenée par les Etats-Unis, les talibans ont multiplié, depuis leur prise de Kaboul le 15 août, les déclarations d'ouverture visant à rassurer la population et la communauté internationale.

«Conditions pas négociables»

Josep Borrell a ajouté que les talibans devaient respecter leur engagement à permettre aux ressortissants étrangers et aux Afghans en danger de quitter le pays, après la fin des opérations d'évacuation dirigées par les Etats-Unis fin août.


"Pour nous, ces conditions ne sont pas négociables", a commenté le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas. 


"Bien sûr, personne ne se fait d'illusion sur le fait qu'elles seront toutes remplies à 100% dans les jours qui viennent", a-t-il ajouté, évoquant une "tâche sur le long terme". 


"Nous ne voulons pas juger les talibans et le gouvernement sur leurs paroles mais sur leurs actes", a poursuivi le ministre allemand, ajoutant que le dégel de l'aide au développement en dépendrait.


Pour permettre le départ de ceux qui n'ont pu être évacués, les pays de l'UE sont convenus d'établir une "présence" à Kaboul.


Selon M. Borrell, les personnes à évacuer sont "quelques centaines ou milliers" : "elles ont travaillé avec nous ou ont travaillé à construire un Afghanistan démocratique et libre".


Il a indiqué que les 27 avaient décidé de "coordonner (leurs) contacts avec les talibans, y compris via une présence à Kaboul (...) si les conditions de sécurité le permettent". Si la sécurité n'est pas assurée, "nous irons à Doha", a ajouté l'Espagnol.


Mais "nous n'allons pas rouvrir une délégation avec un chef de délégation comme si rien ne s'était passé", a-t-il précisé.


Les diplomates européens ont quitté l'Afghanistan pour rejoindre des Etats voisins ou rentrer dans leurs pays.


Mais l'UE redoute qu'une absence diplomatique européenne ne laisse le champ libre à des puissances comme la Russie, la Chine, l'Iran, le Pakistan ou encore le Qatar, qui ont gardé leurs ambassades ouvertes.


Heiko Maas a indiqué que les pays de l'UE auraient besoin de "garanties sur la sécurité" avant le retour de diplomates. 


"Si nous voulons aider les Afghans, nous avons besoin de gens sur place", a-t-il dit.


Les Nations unies ont indiqué avoir repris les vols humanitaires dans le nord et sud du pays.


Le chef de la diplomatie de l'UE a aussi évoqué la nécessité de poursuivre, via "une plateforme politique régionale de coopération", la collaboration avec les pays voisins de l'Afghanistan. 


Mardi, à l'occasion d'une réunion de leurs ministres de l'Intérieur, les Vingt-Sept s'étaient engagés à soutenir les pays de la région dans l'accueil des réfugiés fuyant les talibans.


L'UE souhaite éviter un afflux migratoire sur son sol comme en 2015, ce qui ne s'est toutefois pas produit jusqu'à présent. Le Pakistan et l'Iran accueillent les plus gros contingents de réfugiés afghans. 


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.