Ethiopie: des camions d'aide sont arrivés ces derniers jours au Tigré

Des Éthiopiens déplacés de différentes villes de la région d'Amhara attendent des distributions d'aide dans un centre pour personnes déplacées à Debark, dans la région d'Amhara au nord de l'Éthiopie jeudi 26 août 2021. (Photo, AP)
Des Éthiopiens déplacés de différentes villes de la région d'Amhara attendent des distributions d'aide dans un centre pour personnes déplacées à Debark, dans la région d'Amhara au nord de l'Éthiopie jeudi 26 août 2021. (Photo, AP)
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Publié le Samedi 04 septembre 2021

Ethiopie: des camions d'aide sont arrivés ces derniers jours au Tigré

  • Les autorités éthiopiennes et les rebelles tigréens s'accusent mutuellement d'entraver les convois humanitaires qui tentent d'atteindre le Tigré
  • Quelque 400 000 personnes au Tigré sont en situation de famine

ADDIS ABEBA: Plus de 150 camions d'aide humanitaire sont parvenus ces deux derniers jours dans la région éthiopienne du Tigré, où, selon l'ONU, des millions de personnes sont menacées de famine, ont annoncé samedi les autorités éthiopiennes.

Jeudi, le coordinateur humanitaire par interim de l'ONU en Éthiopie, Grant Leaity, avait dénoncé "un blocus de facto de l'aide humanitaire" vers le Tigré, qui va encore "aggraver" la crise en cours dans cette région théâtre d'un conflit armé depuis dix mois.

Et vendredi, l'Union africaine (UA) avait appelé le gouvernement éthiopien à faire "davantage" pour permettre l'acheminement de l'aide humanitaire au Tigré et "garantir que la population ne meure pas de faim".

Depuis une semaine, les autorités éthiopiennes ont déployé des efforts "pour mieux coordonner et faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire" vers le Tigré, a indiqué samedi le ministère éthiopien de la Paix.

Dans un communiqué publié sur Twitter, le ministère assure qu'environ 500 camions sont parvenus au Tigré depuis une semaine, dont 152 ces deux derniers jours, et que le nombre de points de contrôle avait été réduit de sept à deux.

En novembre 2020, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a envoyé l'armée fédérale au Tigré pour destituer les autorités régionales issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), en réponse, selon lui, à des attaques contre des camps militaires fédéraux, orchestrées par le TPLF qui défiait depuis plusieurs mois son autorité.

Le prix Nobel de la paix 2019 avait annoncé une victoire rapide mais le conflit s'est enlisé et les troupes du TPLF ont repris depuis fin juin l'essentiel du Tigré. Le conflit a en outre débordé depuis vers les régions voisines d'Afar et d'Amhara, plongeant le Nord de l'Éthiopie dans une grave crise humanitaire.

100 camions quotidiens nécessaires

Au Tigré, "les stocks d'aide humanitaire, d'argent liquide et de carburant sont très bas ou complètement épuisés. Les stocks de nourriture étaient déjà épuisés le 20 août", avait averti jeudi Grant Leaity, dans un communiqué.

"Sans la possibilité d'apporter des quantités suffisantes et importantes de fournitures humanitaires, d'argent et de carburant, la situation humanitaire dans le Nord de l'Éthiopie va s'aggraver considérablement, en particulier dans la région du Tigré", avait-il poursuivi.

Il estime qu'un minimum de 100 camions "de nourriture, de biens non alimentaires et de carburant devaient entrer quotidiennement au Tigré pour fournir une réponse adéquate et durable".

Selon l'ONU, environ 90% des 5,2 millions d'habitants du Tigré ont besoin d'aide humanitaire. Quelque 400 000 personnes au Tigré sont en situation de famine, laquelle menace des millions d'autres dans le Nord de l'Éthiopie, dont 1,7 million dans les régions d'Afar et d'Amhara.

Les autorités éthiopiennes et les rebelles tigréens s'accusent mutuellement d'entraver les convois humanitaires qui tentent d'atteindre le Tigré. 

L'agence humanitaire de l'ONU, Ocha, a indiqué dans une note d'information jeudi que la route reliant Semera (région Afar) et Abala (Tigré) n'était plus utilisable depuis le 22 août, en raison de l'insécurité et de problèmes bureaucratiques et logistiques.

Selon Ocha, la police régionale afar a bloqué le 24 août une mission onusienne en route vers Abala, est entrée de force dans des véhicules onusiens pour les renvoyer vers Semera, "agressant verbalement, harcelant et menaçant" l'équipe.

Ocha se plaint également des retards pris par le gouvernement pour autoriser chacun de ses vols bihebdomadaires vers le Tigré et des fouilles "intrusives et approfondies" dont font l'objet à Addis Abeba, au départ et à l'arrivée, tous les passagers de ses vols, dont des hauts responsables de l'ONU.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.