«L'Opéra»: quand la fiction prend ses quartiers au Palais Garnier

Le Palais Garnier à Paris. (Photo, AFP)
Le Palais Garnier à Paris. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 05 septembre 2021

«L'Opéra»: quand la fiction prend ses quartiers au Palais Garnier

  • Le tournage d'une saison 2 a démarré avant même la diffusion des huit premiers épisodes à partir de mardi sur OCS
  • Des séquences ont été tournées au Palais Garnier à Paris (grand escalier, toit, entrée des artistes, grand foyer), mais l'essentiel l'a été à l'Opéra de Liège (Belgique)

PARIS: Prime d'applaudissements, surnuméraire, coryphée: jamais une fiction avant "L’Opéra", série très attendue, n'a dépeint avec autant de détails l'univers à la fois glamour et codifié de l'Opéra de Paris et sa prestigieuse compagnie de ballet.

Le tournage d'une saison 2 a démarré avant même la diffusion des huit premiers épisodes à partir de mardi sur OCS.

Une étoile "vieillissante" arrivera-t-elle à remonter la pente? La série gravite autour de la danseuse Zoé Monin (Ariane Labed) que l'Opéra veut licencier, du jeune directeur de la danse Sébastien Cheneau (Raphaël Personnaz) qui veut dépoussiérer la compagnie, ou encore de la danseuse noire Flora (Suzy Bemba), surnuméraire (engagée en CDD) qui se bat pour intégrer la compagnie.

Le monde du ballet a souvent été dépeint à l'écran ("Black Swan", "Tiny Pretty Things", "Flesh and Bone" etc.). Mais "L'Opéra", sans éviter quelques clichés, raconte avec réalisme le quotidien des danseurs de l'Opéra et celui des hommes et des femmes de l'ombre (régisseurs, assistants...), le rapport avec les mécènes ou avec le ministère de la Culture.

Des séquences ont été tournées au Palais Garnier à Paris (grand escalier, toit, entrée des artistes, grand foyer), mais l'essentiel l'a été à l'Opéra de Liège (Belgique). Les salles de répétition ont été reconstituées, et le casting mélange anciens danseurs et comédiens qui se sont entraînés et sont doublés durant les scènes de danse.

«Négociations et frustrations»

Au festival Séries Mania – où Ariane Labed a été sacrée meilleure actrice en compétition française –, scénaristes et réalisateurs ont expliqué avoir voulu montrer une série sur des sujets comme la diversité, la souffrance au travail ou le droit à une seconde chance. Au-delà de la danse.

"Ce qui m'a le plus surpris, c'est l'ancrage dans notre société contemporaine de l'Opéra, que j'imaginais un peu bêtement pris dans une réalité appartenant à 1890", a déclaré Raphaël Personnaz.

"Ça m'intéressait évidemment d'avoir du glamour, de la danse et de la beauté, mais aussi de montrer dans ce métier les négociations et les frustrations", explique Benjamin Adam qui a créé la série avec Cécile Ducrocq ("Bureau des Légendes", "Dix pour cent").

En toile de fond, un préavis de grève, les tensions ou complicités entre anciens et nouveaux et les tentatives pour réformer une institution réputée rétive aux changements.

Et surtout, des clins d'œil appuyés au mandat mouvementé de Benjamin Millepied, directeur de la danse qui avait apporté une touche glamour à l'Opéra et tenté de réformer la compagnie avant d'en claquer la porte en 2016, au bout d'un an.

"Ce que je vois aujourd'hui, c'est une troupe sclérosée, des danseurs qui s'entraînent pour un concours de promotion interne avec à peine une place par an, des talents qui n'en peuvent plus de ne pas être nommés (étoile)", affirme le personnage de Sébastien Cheneau.

«Une influence parmi d'autres»

Millepied n'avait pas caché ses critiques à l'égard de la hiérarchie très stricte du Ballet ou du terrifiant concours de promotion en interne qui, selon lui, paralysait les danseurs.

Il avait déploré le manque de diversité, comparé le corps de ballet à du "papier peint" et confié un rôle d'étoile à la danseuse métisse Letizia Galloni alors qu'elle n'était encore que coryphée, un échelon loin de celui d'étoile. 

La "réforme du statut des étoiles" dans la série rappelle la volonté de Millepied de mettre en avant les jeunes danseurs. Des étoiles s'étaient alors senties "mises au placard", un peu comme le personnage de Zoé Monin.

Les scénaristes assurent que Millepied a été "une influence parmi d'autres". Ils se sont documentés, en discutant avec des danseurs et autres employés de l'Opéra, et ont eu pour "conseil" Astrid Boitel, ancienne élève à l'École de danse de l'Opéra où elle a aussi été assistante à la direction.

Au point que les créateurs de la série "peuvent maintenant comparer des versions différentes du Lac des Cygnes", plaisante la productrice Florence Levard.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".