Jean-Paul Belmondo décède à l’âge de 88 ans

Sur cette photographie d'archive prise le 17 mai 2011, l'acteur français Jean-Paul Belmondo pose sur le tapis rouge avant une cérémonie en son honneur et la projection de «Le Castor» présenté hors compétition au 64e Festival de Cannes. (Photo, AFP)
Sur cette photographie d'archive prise le 17 mai 2011, l'acteur français Jean-Paul Belmondo pose sur le tapis rouge avant une cérémonie en son honneur et la projection de «Le Castor» présenté hors compétition au 64e Festival de Cannes. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 06 septembre 2021

Jean-Paul Belmondo décède à l’âge de 88 ans

  • «Il était très fatigué depuis quelque temps. Il s'est éteint tranquillement», a précisé son avocat, Me Michel Godest
  • Sa carrière commencée sur les planches l'a mené en un demi-siècle aux sommets du box-office français, avec 130 millions de spectateurs cumulés au cinéma

PARIS: Pour tous, c'était "Bébel". Avec la mort de Jean-Paul Belmondo, à 88 ans, le 7e art perd une de ses figures les plus populaires, un acteur sachant tout faire, sans se prendre trop au sérieux, des films d'action aux plus belles heures du cinéma d'auteur.

L'interprète aux 80 films est décédé lundi à la mi-journée, a  annoncé sa famille dans un communiqué, transmis par leur avocat à l'AFP. Il laisse derrière lui des rôles inoubliables, jeune premier la cigarette au bec dans "A bout de souffle", pendu à un hélicoptère au-dessus de Venise dans "Le Guignolo".

Dans les mémoires, c'est le Bébel au sourire ravageur, nez de boxeur et gouaille inimitable, qui restera. 

Sa carrière commencée sur les planches l'a mené en un demi-siècle aux sommets du box-office français, avec 130 millions de spectateurs cumulés au cinéma.

Celui qui était l'une des dernières grandes vedettes populaires de sa génération, avec Alain Delon ou Brigitte Bardot, peut-être encore plus fédérateur, avait quasiment disparu des écrans après un accident vasculaire en 2001.

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«Derniers héros»

Sa mort tourne une page majeure du cinéma français, Belmondo partant après sa bande d'amis du conservatoire, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Bruno Crémer ou encore Claude Rich... Ces dernières années, il avait dû enterrer ses complices, de Guy Bedos au meilleur ami, Charles Gérard, avec lequel il ne cessait de partager fous rires, gueuletons et matchs à Roland-Garros.

Il restait un modèle absolu pour ses pairs, notamment Jean Dujardin, qui le considérait comme "l'un des derniers héros" du cinéma français. Ses tribulations dans "L'Homme de Rio" ont inspiré jusqu'à Steven Spielberg, pour "Indiana Jones".

Et le public français ne s'est jamais lassé de revoir ses films, sur grand écran, à la télévision ou plus récemment sur Netflix, dans des polars comme chez Godard.

C'est d'ailleurs la rencontre avec le cinéaste de la Nouvelle Vague, autre figure majeure du 7e art, qui a scellé son destin. "Venez dans ma chambre d'hôtel, on tournera et je vous donnerai 50 000 francs", avait lancé Godard à Belmondo, croisé dans la rue. À même pas trente ans, en 1960, c'est "A Bout de Souffle".

Après le succès du film, "on viendra à moi", racontait Belmondo en 2016 dans "Mille vies valent mieux qu'une", un livre de souvenirs. Leur collaboration se poursuivra avec "Une femme est une femme" (1961) et "Pierrot le fou" (1965). 

Casse-cou

Belmondo enchaîne ensuite les succès critiques. De Jean-Pierre Melville ("Léon Morin, prêtre") à François Truffaut ("La sirène du Mississipi") en passant par Louis Malle ("Le voleur"), les cinéastes s'arrachent l'acteur, le seul à rivaliser avec Alain Delon.

"Lui et moi, c'est le jour et la nuit", confiera Belmondo, évoquant une "amitié fidèle" avec Delon, loin de la rivalité qu'on leur a souvent prêtée.

Qui aujourd'hui encore, oserait les cascades que ce casse-cou aimait réaliser lui-même, comme cette course sur le toit d'un métro en marche dans "Peur sur la Ville" ?

"Bébel" laisse ainsi le souvenir d'un acteur physique, un roi de la gifle et de la castagne, cultivant une belle dose d'humour ("Le Cerveau") voire une franche autodérision ("Le Magnifique").

Ses rôles taillés pour son physique de boxeur lui vaudront ses plus grand succès publics: "L'Homme de Rio" de Philippe De Broca (4,8 millions d'entrées en 1964), "Le Professionnel" (1981) de Georges Lautner et "L'As des as" (1982) de Gérard Oury (plus de 5 millions).

Premières réactions politiques

PARIS: Voici les premières réactions politiques publiées sur Twitter après l'annonce de la mort de Jean-Paul Belmondo, lundi après-midi.

  • Jean Castex : "Le magnifique", tweete le Premier ministre avec une photo de l'acteur jeune
  • Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre: "Nous ne le pensions pas capable de cela. Une nouvelle blessure nationale."
  • Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national: "Jean-Paul Belmondo, c'était une gueule et une gouaille inimitables, un acteur et un cascadeur légendaire. Avec sa disparition, nous perdons un peu de cette élégance française à l'ancienne qui manque beaucoup au cinéma. Quelle tristesse."
  • Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, en citant une tirade prononcée par le personnage joué par Jean-Paul Belmondo dans "A bout de souffle": "'Si vous n'aimez pas la ville, allez vous faire foutre !' Merci Jean-Paul Belmondo, vous étiez une légende française et les légendes ne meurent jamais".
  • Xavier Bertrand, candidat à l'élection présidentielle: "Mythe du cinéma français, Jean-Paul Belmondo représentait la jeunesse, l'humour et la gouaille française. Il aura tourné avec les plus grands. Par son talent, il rassemblait les générations. Authentique, les Français l’adoraient."
  • Clément Beaune, secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes: "Nous avons perdu le Magnifique, adieu et merci !"
  • Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste: "Adieu Belmondo. Envie de m'arrêter quelques jours et revoir tous ces films où j'ai rêvé, ri, tremblé, avec ce géant qui a su donner chair à tant de personnages".
  • Eric Ciotti, député LR et candidat à l'investiture de la droite pour l'élection présidentielle: "Hommage au géant Jean Paul Belmondo. Je me souviens de ses films magistraux : Flic ou voyou dans les rues de Nice, le Professionnel avec son charisme et son incomparable jeu d'acteur Son talent manquera à la France. Pensées pour sa famille et ses proches"
  • David Cormand, eurodéputé EELV :"Pour toujours magnifique."
  • Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France : "Une gueule, un acteur unique, une époque, c'est toute une page de l'histoire du cinéma qui se tourne avec la disparition de Jean Paul Belmondo. Bien au-delà du 7ème art, c'est la France toute entière qui est en deuil aujourd’hui".
  • Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale: "Un monument du cinéma et du théâtre nous quitte aujourd'hui. Aux côtés des plus grands réalisateurs, Jean-Paul Belmondo a marqué notre culture populaire, notre patrimoine culturel, par son talent, son brio et son humour légendaires. Pensées émues pour ses proches et ses amis."

Histoires d'amour

Bébel, qui a obtenu un seul César pour un film, avec "Itinéraire d'un enfant gâté" (1988), aura partagé l'écran avec les plus grandes actrices, de Catherine Deneuve à Claudia Cardinale et des histoires d'amour avec certaines, comme Ursula Andress ou Laura Antonelli.

Après une attaque cérébrale pendant un tournage en 2001, il restera fortement handicapé. Son élocution est affectée, mais le capital sympathie reste intact: s'il disparaît presque du grand écran, il répond présent lors des cérémonies en son honneur, comme en 2017 où il reçut un César d'honneur.  

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"Tout jeune, quand j'allais au théâtre, tout le monde trouvait que j'avais une sale gueule. Alors une fois ça va, deux fois ça va, trois fois, non! Ma mère m'a dit, comme ton père, tu devras avoir du courage. Et je n'ai jamais manqué de courage, ce qui fait que je suis là", lança-t-il, devant ses proches et le monde du cinéma réuni.

Ce bon vivant qui a eu quatre enfants (dont une fille, Patricia, décédée) de deux unions, laisse derrière lui un clan resté proche jusqu'à la fin.

Et à qui il aura transmis son amour du cinéma et des sensations fortes: Paul, son fils, a tâté au théâtre et à la télévision, en parallèle d'une carrière de pilote automobile, et Victor, son petit-fils, fait des débuts prometteurs au cinéma. 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".