Au milieu des tensions iraniennes, les États-Unis créent un groupe de travail sur les drones au Moyen-Orient

Les responsables de la marine américaine ont refusé d'identifier les systèmes qu'ils introduiront à Bahreïn. (Photo, AFP/Archives)
Les responsables de la marine américaine ont refusé d'identifier les systèmes qu'ils introduiront à Bahreïn. (Photo, AFP/Archives)
Short Url
Publié le Jeudi 09 septembre 2021

Au milieu des tensions iraniennes, les États-Unis créent un groupe de travail sur les drones au Moyen-Orient

  • L'organisme de surveillance nucléaire de l'ONU affirme que Téhéran poursuit l'enrichissement d'uranium
  • Le stock total d'uranium de l'Iran était estimé à 2 441,3 kg au 30 août, contre 3 241 kg le 22 mai, précise l'agence

DUBAÏ: La 5e Flotte de l'US Navy, basée au Moyen-Orient, a annoncé mercredi dernier qu'elle comptait lancer un nouveau groupe de travail qui comprendra différents types de drones (aériens, à voile et sous-marins) après plusieurs années ponctuées par des attaques maritimes liées à des tensions permanentes avec l'Iran.

Les responsables de la marine ont refusé d'identifier les systèmes qu'ils introduiront à Bahreïn. Ils ont toutefois promis que les prochains mois verront la capacité des drones étendue dans cette région qui possède des points d'étranglement cruciaux pour l'approvisionnement énergétique et le transport maritime mondiaux.

«Nous voulons placer davantage de systèmes dans le domaine maritime, que ce soit dans l’air, sur l’eau et sous la mer», déclare le vice-amiral Brad Cooper, qui dirige la 5e Flotte. «Nous voulons surveiller davantage ce qui se passe là-bas».

La 5e Flotte comprend l’important détroit d'Ormuz, l'entrée étroite du golfe, à travers passe 20% de la totalité du pétrole. Elle s'étend jusqu'à la mer Rouge, près du canal de Suez, la voie navigable égyptienne qui relie le Moyen-Orient à la Méditerranée, et le détroit de Bab-el-Mandeb, au large du Yémen.

Plusieurs des systèmes qu’exploite le nouveau groupe de travail 59 de la 5e Flotte ont été utilisés dans le cadre de l’exercice militaire du mois d’avril dirigé par la flotte du Pacifique de la marine américaine. Il y avait notamment des drones de surveillance aérienne d’endurance extrême, des navires de surface Sea Hawk et Sea Hunter ainsi que des drones sous-marins plus petits, qui ressemblent à des torpilles.

La 5e Flotte comprend des zones d'eau peu profonde, des eaux salées et des températures estivales qui peuvent dépasser 45°C, avec une humidité élevée. Ces conditions peuvent rendre difficiles les missions des navires qui disposent d’un équipage ou qui naviguent sur de longues distances.

«Je crois que cet environnement nous convient vraiment bien pour réaliser des tests, et que cela nous permet d’aller plus vite», explique Cooper. «Notre conviction est la suivante: si les nouveaux systèmes peuvent fonctionner ici, ils pourront probablement fonctionner n'importe où ailleurs, et nous pourrons les adapter à d'autres flottes.»

Par ailleurs, l'organisme de surveillance atomique de l'ONU, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a révélé que Téhéran continuait d'augmenter son stock d'uranium hautement enrichi, un matériau susceptible d’être utilisé pour fabriquer des armes nucléaires, en violation de l’accord de 2015 avec les puissances mondiales qui était censé contenir le programme nucléaire de l’Iran.

L’AIEA, dans son rapport trimestriel confidentiel, a également révélé aux États membres que ses activités de vérification et de surveillance avaient été «gravement compromises» depuis le mois de février dernier par le refus du régime iranien de laisser les inspecteurs accéder aux équipements de surveillance de l'agence.

Cette dernière, située à Vienne, a déclaré aux membres que sa confiance dans l'évaluation correcte des activités de l'Iran, ce qu'elle a appelé la «continuité des connaissances», déclinait avec le temps. Selon elle, cette confiance risque de continuer à s’amenuiser, «à moins que la situation ne soit immédiatement corrigée par Téhéran».

L'AIEA a signalé en outre que certains équipements de contrôle et de surveillance ne pouvaient être laissés plus de trois mois sans être entretenus. Elle a eu accès au cours du présent mois à quatre caméras de surveillance installées sur un site, mais l'une a été détruite et une seconde gravement endommagée, fait savoir l'agence.

Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, a indiqué qu'il était prêt à se rendre en Iran pour rencontrer le gouvernement récemment élu afin de solliciter des entretiens sur cette question.

L'AIEA soutient qu'elle estime le stock d'uranium enrichi jusqu'à 60% de pureté fissile à 10 kg, soit une augmentation de 7,6 kg depuis le mois de mai, tandis que le stock d'uranium enrichi jusqu'à 20% de pureté fissile est désormais estimé à 84,3 kg, contre 62,8 kg trois mois plus tôt.

Le stock total d'uranium de l'Iran était estimé à 2 441,3 kg au 30 août, contre 3 241 kg le 22 mai, précise l'agence.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.