«Je ferai mon maximum pour mettre fin à la guerre», affirme le nouveau émissaire de l’ONU au Yémen

Hans Grundberg avait été ambassadeur de l'Union européenne au Yémen depuis septembre 2019. (Twitter)
Hans Grundberg avait été ambassadeur de l'Union européenne au Yémen depuis septembre 2019. (Twitter)
Short Url
Publié le Vendredi 10 septembre 2021

«Je ferai mon maximum pour mettre fin à la guerre», affirme le nouveau émissaire de l’ONU au Yémen

Hans Grundberg avait été ambassadeur de l'Union européenne au Yémen depuis septembre 2019. (Twitter)
  • Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a nommé en août le diplomate suédois comme le nouvel envoyé de l’organisation au Yémen
  • Hans Grundberg a travaillé comme ambassadeur de l'UE au Yémen pendant deux ans, et possède plus de vingt ans d'expérience dans les affaires internationales

Dimanche, le nouvel envoyé de l'ONU au Yémen, Hans Grundberg, s'est engagé à déployer «tous ses efforts» pour convaincre les factions belligérantes de signer un accord de paix durable et global visant à mettre fin à la guerre civile dans le pays. 

Dans son premier discours aux Yéménites après avoir pris ses fonctions dimanche, Grundberg a déclaré qu'il était conscient des difficultés de sa mission et des défis qui l’attendaient, mais a assuré qu'il ferait de son mieux pour mettre fin à la guerre. 

«Je peux vous dire que je ferai le maximum pour contribuer à l’instauration d'une paix durable et juste au Yémen. Avec mon équipe, nous serons toujours disponibles pour écouter vos priorités, et répondre à vos aspirations», a-t-il affirmé. 

Grundberg a appelé les belligérants au Yémen, ainsi que les interlocuteurs régionaux et internationaux, à l'aider à atteindre ses objectifs. 

«Nous travaillerons sans relâche à la recherche de la paix. Nous rappellerons également à toutes les parties concernées leur responsabilité partagée sur l'avenir du Yémen. J’attends avec impatience des interactions directes, inclusives et surtout sérieuses avec les interlocuteurs yéménites, régionaux, et internationaux», a-t-il déclaré. 

En août, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a désigné le diplomate suédois comme le nouvel envoyé spécial de l’organisation au Yémen. 

Succédant au diplomate britannique Martin Griffiths, Grundberg a travaillé comme ambassadeur de l'UE au Yémen pendant deux ans, et possède plus de vingt ans d'expérience dans les affaires internationales. 

Ses trois prédécesseurs n'ont pas réussi à négocier un accord de paix mettant fin à la guerre, débutée en 2014, lorsque la milice houthie a pris le pouvoir au Yémen. Grundberg pourrait faire avancer le processus de paix, fort de son expérience de plus de quinze ans dans la gestion des conflits au Moyen-Orient, ont déclaré des responsables de l'ONU. 

Dimanche, la porte-parole de l'envoyé de l'ONU au Yémen, Ismini Palla, a expliqué à Arab News que Grundberg informerait vendredi le Conseil de sécurité à New York de la situation sur place. 

«L'envoyé spécial doit faire une première présentation devant le Conseil de sécurité. Elle se concentrera sur les développements au Yémen et les principes qui guideront son travail», a-t-elle précisé. 

Sur les réseaux sociaux, les Yéménites ont réagi positivement à son message, lui souhaitant du succès dans sa mission, mais exigeant qu'il ne reproduise pas les faux pas de ses prédécesseurs. 

«Nous vous souhaitons bonne chance, et du succès dans votre démarche. Nous espérons que vous apprendrez des erreurs de vos prédécesseurs, et que vous ne les répéterez pas», a déclaré sur Twitter Mohammed Gezan, le vice-ministre de l'Information. 

Un autre utilisateur yéménite a également réagi sur le réseau social: «Nous lui souhaitons du succès dans sa tâche difficile, et lui conseillons de ne pas perdre plus de temps et d’énergie en consultations inutiles. Il doit proposer une formule acceptable par tous pour faire cesser la guerre.» 

Les efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit ont repris après une brève accalmie, avant la nomination de Grundberg. 

La semaine dernière, l'émissaire américain au Yémen, Tim Lenderking, a discuté de la coordination des efforts internationaux pour soutenir le plan de paix négocié par l'ONU avec Ann Linde, la ministre suédoise des Affaires étrangères. 

Le ministre yéménite des Affaires étrangères, Ahmed Awad ben Moubarak, a également entamé une nouvelle tournée diplomatique dans l'UE, où il expliquera à ses homologues européens la position de son gouvernement sur l'initiative de paix et le rôle des opérations militaires houthies dans l'exacerbation de la crise humanitaire. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Short Url
  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Short Url
  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Short Url
  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.