Mostra de Venise: Yvan Attal s'attaque au consentement et à la "zone grise"

Le réalisateur français Yvan Attal assiste à un photocall pour le film "Les Choses Humaines" (L'Accusation) présenté hors compétition le 9 septembre 2021 lors de la 78e Mostra de Venise au Lido de Venise. (Marco Bertorello/AFP)
Le réalisateur français Yvan Attal assiste à un photocall pour le film "Les Choses Humaines" (L'Accusation) présenté hors compétition le 9 septembre 2021 lors de la 78e Mostra de Venise au Lido de Venise. (Marco Bertorello/AFP)
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Publié le Vendredi 10 septembre 2021

Mostra de Venise: Yvan Attal s'attaque au consentement et à la "zone grise"

  • Le film reprend la trame du roman de Karine Tuil: une jeune femme porte plainte contre le fils de la nouvelle compagne de son père, qui l'aurait violée à la fin d'une soirée étudiante
  • Le film ne tranche jamais en faveur de l'un ou de l'autre protagoniste, laissant le spectateur se faire son intime conviction entre les deux versions des mêmes faits

VENISE, Italie : Le cinéaste Yvan Attal s'attaque à la question de l'existence d'une "zone grise" autour du consentement dans "Les choses humaines", adaptation d'un roman à succès présenté jeudi à la Mostra de Venise, dans lequel il enrôle son fils.

Le film, présenté hors compétition et qui sort le 1er décembre en France, reprend la trame du roman de Karine Tuil, prix Goncourt des lycéens et prix Interallié en 2019: une jeune femme porte plainte contre le fils de la nouvelle compagne de son père, qui l'aurait violée à la fin d'une soirée étudiante.

Ce dernier, issu de la haute bourgeoisie intellectuelle et médiatique parisienne, nie tout rapport sexuel contraint, invoquant la "zone grise" du consentement face à une partenaire qui n'aurait pas dit "non", mais va finir par être mis en examen pour viol et jugé.

Le film ne tranche jamais en faveur de l'un ou de l'autre protagoniste, laissant le spectateur se faire son intime conviction entre les deux versions des mêmes faits, qui ne sont jamais montrés à l'écran. "Le but ultime, c'est d'être bringuebalé entre les deux", explique Yvan Attal.

Le réalisateur de "Mon chien stupide" (2018) et "Le Brio" (2017), 56 ans, a fait une nouvelle fois appel à sa compagne, Charlotte Gainsbourg, pour interpréter la mère du jeune accusé, une militante féministe, et a aussi entraîné dans l'aventure leur fils Ben Attal, à qui il offre le premier rôle.

Se mettre dans la peau de ce jeune étudiant brillant de Stanford qui n'arrive pas à prendre conscience qu'il a agressé une jeune femme sur laquelle il a de l'ascendant était "très, très compliqué", explique Ben Attal, 24 ans, à l'AFP.

"J'aimerais aimer ce personnage mais je ne comprends pas comment quelqu'un d'aussi intelligent puisse ne pas comprendre l'émotion de l'autre", ajoute-t-il. "Je ne peux pas cautionner ça".

Face à lui, la victime, Mila, est jouée par un nouvelle venue, Suzanne Jouannet, qui espère que le film puisse permettre "d'ouvrir le dialogue. Sur la +zone grise+, les gens ne sont pas à l'aise, c'est subjectif".

Pourquoi Yvan Attal a-t-il choisi son fils ? "Je voulais un garçon pour lequel on ne ressente pas tout de suite une répulsion, un gentil garçon", a répondu le réalisateur, qui s'intéresse à "ce qui fait qu'il n'a pas pu voir que cette fille ne voulait pas".

Dernier tour de piste à la Mostra avec Ben Affleck et Matt Damon

Toujours à la Mostra, Ben Affleck et Matt Damon s'apprêtent à enflammer le tapis rouge vendredi à Venise pour "Le dernier duel", le nouveau film de Ridley Scott, à la veille de la clôture d'une Mostra marquée par le comeback de Hollywood et une compétition de haut vol.

Après dix jours de célébration du septième art sur le Lido, les organisateurs du plus ancien festival de cinéma du monde s'offrent une nouvelle dose de stars internationales avec ce film en costume à grand spectacle, qui se déroule dans la France du Moyen-Âge, sous le règne de Charles VI.

Les paparazzi ont pu s'en donner à cœur joie dès jeudi, Ben Affleck et sa compagne la chanteuse Jennifer Lopez traversant la lagune, en plein soleil, à bord d'un bateau-taxi.

L'acteur américain Ben Affleck et l'actrice et chanteuse américaine Jennifer Lopez voyagent à bord d'un bateau-taxi vaporetto le 9 septembre 2021 après leur arrivée pour assister au 78e Festival du film de Venise à Venise. Filippo MONTEFORTE / AFP
L'acteur américain Ben Affleck et l'actrice et chanteuse américaine Jennifer Lopez voyagent à bord d'un bateau-taxi vaporetto le 9 septembre 2021 après leur arrivée pour assister au 78e Festival du film de Venise à Venise.
Filippo MONTEFORTE / AFP

Au casting du film, figurent également Adam Driver (Kylo Ren dans "Star Wars") et l'actrice britannique Jodie Comer.

"Le dernier duel" marque le retour à l'écriture d'un duo, Ben Affleck et Matt Damon, qui s'étaient fait connaître il y a un quart de siècle avec "Will Hunting", projet qu'ils avaient déjà co-écrit et que Gus Van Sant avait réalisé.

Projeter sur le Lido cette grosse production, signée Ridley Scott, créateur de "Blade Runner" ou "Gladiator", est un signe supplémentaire de l'influence de la Mostra de Venise, qui a fait son succès ces dernières années en mêlant cinéma d'auteur et films des plus gros studios, et en devenant une rampe de lancement pour les Oscars.

Outre "Le dernier duel", Venise a également accueilli cette année le feu d'artifice "Dune", nouvelle adaptation très attendue du roman phare de la science-fiction, avec Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson, Oscar Isaac ou encore Javier Bardem.

Cet afflux de stars dans la cité lacustre est aussi une preuve de la volonté de redémarrage de l'industrie mondiale du cinéma, qui a été mise à genoux par la crise sanitaire.

Celle-ci a favorisé un essor sans précédent des plateformes, d'ailleurs présentes en force à Venise cette année, avec plusieurs films produits par Netflix et distribués directement sur la plateforme parmi les plus sérieux candidats au Lion d'or, comme "La part du Chien" de Jane Campion ou "La main de Dieu" de Paolo Sorrentino.

- Kristen Stewart en princesse Diana -

La récompense suprême doit être décernée samedi soir lors de la cérémonie de clôture de cette 78e Mostra.

Le jury, présidé par le cinéaste sud-coréen Bong Joon-Ho, lauréat de la Palme d'Or 2019 à Cannes avec "Parasite" et au sein duquel siègent également la cinéaste sino-américaine Chloé Zhao, oscarisée pour "Nomadland", doit encore voir vendredi le 21e et ultime film de la sélection, "Un autre monde".

L'actrice américaine Kristen Stewart pose à son arrivée pour la projection du film "Spencer" présenté en compétition le 3 septembre 2021 lors de la 78e Mostra de Venise au Lido de Venise. Filippo MONTEFORTE / AFP
L'actrice américaine Kristen Stewart pose à son arrivée pour la projection du film "Spencer" présenté en compétition le 3 septembre 2021 lors de la 78e Mostra de Venise au Lido de Venise.
Filippo MONTEFORTE / AFP

Signé du Français Stéphane Brizé, il s'agit du troisième volet d'une trilogie sociale dont le rôle principal est confié à Vincent Lindon. Après avoir incarné un vigile de supermarché dans "La loi du marché" (2015), puis un leader syndical dans "En guerre", l'acteur se glisse cette fois dans la peau d'un cadre dirigeant.

Pour le Lion d'Or, la compétition semble très ouverte.

Selon les critiques internationales compilées par le quotidien du Festival, Jane Campion, déjà Palme d'or à Cannes pour "La leçon de Piano", le film russe "Capitaine Volkonogov s'est échappé" ou encore les "Mères Parallèles" de Pedro Almodovar sont très bien placés.

Et tout le monde s'accorde à saluer la performance de Kristen Stewart en princesse Diana dans "Spencer", faisant d'elle la plus sérieuse candidate au prix d'interprétation féminine.

 

 

Les 21 films en lice pour le Lion d'or à Venise

Vingt-et-un films sont en lice pour remporter le prestigieux Lion d'or du meilleur film au 78ème festival du cinéma de Venise, qui sera décerné samedi soir. Brève description de chacun d'entre eux:

"Madres paralelas" de Pedro Almodovar (Espagne)

Le cinéaste de 71 ans renoue avec ses sujets de prédilection, la filiation et les figures féminines, pour un film qui ambitionne d'aider l'Espagne à panser les plaies de la Guerre civile. Son actrice fétiche Penelope Cruz incarne Janis, une photographe enceinte d'un ami archéologue et marié, qui lui a promis de l'aider à retrouver la sépulture de son arrière grand-père, disparu lors de la guerre civile. La vie de Janis est bouleversée par sa rencontre avec Ana, une jeune fille qui accouche le même jour dans la même maternité.

"Mona Lisa and the Blood Moon" de Ana Lily Amirpour (Etats-Unis)

"Mona Lisa", une jeune fille coréenne dotée de pouvoirs télépathiques, s'échappe d'une institution psychiatrique en Louisiane et est recueillie à La Nouvelle Orléans chez une strip-teaseuse haute en couleurs incarnée par Kate Hudson, surprenante dans ce rôle à contre-emploi. Mona Lisa ne tarde pas à nouer un lien fort avec Charlie, le petit garçon solitaire de sa logeuse. Ce mix surprenant de conte de fées et de jeu vidéo ponctué de musique techno et métal est signé de l'Américaine d'origine iranienne Ana Lily Amirpour.

"Un Autre Monde" de Stéphane Brizé (France)

Troisième épisode d'une trilogie sur le monde du travail, ce film avec Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain adopte le point de vue d'un patron qui doit prendre des décisions dramatiques.

"La part du chien" de Jane Campion (Australie/Nouvelle-Zélande)

Adapté du roman éponyme de Thomas Savage, ce huis clos étouffant dans un monde de cow-boys entraîne le spectateur dans un ranch du Montana au début du XXe siècle, où la vie du célibataire endurci Phil Burbank (Benedict Cumberbatch) est bouleversée par l'arrivée de la nouvelle femme de son frère, Rose (Kirsten Dunst), et de son fils issu d'un précédent mariage. A petites touches, ce film produit par Netflix dépeint une société corsetée au bord de l'implosion.

"America Latina" de Fabio et Damiano D’Innocenzo (Italie-France)

Les jumeaux italiens ont écrit et mis en scène ce film à mi-chemin entre thriller et histoire d'amour, avec notamment Elio Germano, prix d'interprétation à Cannes en 2010.

"L’Événement" de Audrey Diwan (France)

La réalisatrice franco-libanaise adapte Annie Ernaux pour raconter Anne, une étudiante insouciante dans la France du début des années 1960, où l'avortement n'est pas encore légalisé. Anne découvre qu'elle est enceinte, mais la jeune femme, issue d'un milieu populaire, souhaite continuer ses études de lettres. Médecins, amis, partenaire, professeur: elle ne trouvera personne pour l'aider.

"Competencia Oficial" de Gastόn Duprat et Mariano Cohn (Espagne/Argentine)

Dans cette comédie bourrée d'autodérision sur les travers du cinéma, Penélope Cruz incarne Lola, une célèbre réalisatrice qui doit travailler avec deux acteurs brillants mais que tout oppose: Félix, star hollywoodienne, sexy, charismatique et tellement sûr de lui, évidemment interprété par Antonio Banderas. Et Ivan, un acteur de théâtre renommé, lettré et faussement humble --le rôle a été confié à l'acteur argentin Oscar Martinez. Ce trio doit préparer le tournage et répéter ensemble, pas facile lorsqu'on partage si peu de choses, si ce n'est un égo surdimensionné.

"Il Buco" de Michelangelo Frammartino (Italie/France/Allemagne)

Basé sur une histoire vraie, "Il buco" ("Le trou") suit de jeunes spéléologues qui entreprennent en 1961 d'explorer une profonde grotte dans le sud de l’Italie. Ce film épuré sans dialogues est aussi une allégorie poétique sur la marche aléatoire du progrès dans l'Italie du boom économique.

"Sundown" de Michel Franco (Mexique/France/Suède)

Tim Roth interprète un homme riche qui cherche à s'éloigner de sa vie réglée durant ses vacances. Charlotte Gainsbourg fait partie du casting.

"Illusions perdues" de Xavier Giannoli (France)

Dans cette adaptation du roman de Balzac, Lucien (Benjamin Voisin) est un jeune poète inconnu dans la France du XIXème siècle qui veut se forger un destin. Il quitte sa province natale pour tenter sa chance à Paris, au bras de sa protectrice. Il va aimer, souffrir, mais survivre à ses illusions. Egalement au casting, Cécile de France et Gérard Depardieu.

"The Lost Daughter" de Maggie Gyllenhaal (Etats-Unis/Grèce/GB/Israël)

L'actrice américaine Maggie Gyllenhaal fait ses début derrière la caméra dans cette adaptation d'un roman d'Elena Ferrante, "Poupée volée", avec Olivia Colman dans le rôle d'une femme oscillant entre raison et folie.

"Spencer" de Pablo Larraín (Allemagne/GB)

Drôle, fantasque et fragile: l'actrice américaine Kristen Stewart incarne la princesse Diana, décédée il y a 24 ans. Cette icône, disséquée dans moult documentaires, séries et films, a-t-elle encore quelque chose à dévoiler? En presque deux heures, le cinéaste chilien répond par l'affirmative en universalisant l'intimité de cette femme qui ne réussit plus à respirer, étouffée par le protocole corseté des Windsor mais refusant de renoncer à sa liberté.

"Freaks Out" de Gabriele Mainetti (Italie/Belgique)

A Rome durant la Seconde Guerre mondiale, une troupe de cirque sombre dans le désespoir après la disparition de leur directeur juif. Ce conte de fées bourré d'effets spéciaux se veut un feu d'artifices optimiste sur la résilience et la célébration de la différence.

"Qui rido io" de Mario Martone (Italie/Espagne)

La star italienne Toni Servillo interprète le célèbre comédien napolitain Eduardo Scarpetta (1853-1925) dans ce biopic signé Mario Martone. Eduardo Scarpetta, auteur du chef-d'œuvre "Misère et Noblesse", a aussi donné naissance à une dynastie de comédiens parmi lesquels Eduardo De Filippo, Peppino De Filippo et Titina De Filippo, lesquels marqueront le théâtre et le cinéma napolitains du XXe siècle.

"On the Job: The Missing 8" de Erik Matti (Philippines)

Suite de "On the job" (2013), ce film suit les pas d'un journaliste enquêtant sur la disparition mystérieuse de ses collègues et d'un détenu libéré temporairement pour commettre des assassinats.

"Leave no traces" de Jan P. Matuszyński (Pologne/France/République tchèque)

"Żeby nie było śladów" raconte l'histoire vraie du tabassage d'un jeune militant à Varsovie par la milice sous le régime communiste.

"Le capitaine Volkonogov s'est échappé" de Natalia Merkoulova et Alexeï Tchoupov (Russie/Estonie/France)

En 1938, Fiodor Volkonogov, officier modèle des services de sécurité soviétiques, a pour mission de faire avouer à des innocents par tous les moyens, y compris la torture, des crimes qu'ils n'ont pas commis. Avec ou sans aveux, l'issue est toujours la même: la mort. Jusqu'au jour où lui-même fait l'objet de soupçons. Il décide alors de se lancer dans une quête de rédemption pour obtenir le pardon des familles de ses propres victimes.

"The Card Counter" de Paul Schrader (Etats-Unis/GB/Chine)

Un joueur de poker (Oscar Isaac) est hanté par son passé de soldat en Irak, où il a été impliqué dans les violations de droits humains à la prison d'Abou Ghraib.

"La main de Dieu" de Paolo Sorrentino (Italie)

Dans ce film largement autobiographique qui sortira sur Netflix, Paolo Sorrentino raconte l'enfance d'un jeune Napolitain, brisée par la mort accidentelle de ses parents, intoxiqués au monoxyde de carbone. Cette ode à Naples est aussi le prétexte d'une galerie de portraits de personnages hauts en couleurs.

"Reflet" de Valentyn Vasyanovych (Ukraine)

Le protagoniste, chirurgien dans la vie civile, est capturé par les forces russes présentes dans l'est de l'Ukraine, et vit une véritable descente aux enfers: humiliations, violences et torture. Libéré lors d'un échange de prisonniers, il peine à retrouver ses marques.

"La Caja" de Lorenzo Vigas (Mexique/Etats-Unis)

Un adolescent de Mexico prend la direction du nord pour récupérer les cendres de son père, mais il est emporté dans le monde sordide des ateliers textiles à bas coût. Avec ce film coup de poing, le cinéaste vénézuélien, premier latino-américain à avoir décroché un Lion d'or, aborde à la fois l'exploitation de la main d'œuvre, les disparitions au Mexique, la paternité et les violences contre les femmes.

 


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".