La Franco-libanaise Audrey Diwan sacrée à Venise

La réalisatrice française Audrey Diwan pose avec le Lion d'or du meilleur film qu'elle a reçu pour "L'Evenement". (AFP)
La réalisatrice française Audrey Diwan pose avec le Lion d'or du meilleur film qu'elle a reçu pour "L'Evenement". (AFP)
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Publié le Dimanche 12 septembre 2021

La Franco-libanaise Audrey Diwan sacrée à Venise

  • «Malheureusement quand vous travaillez sur l'avortement, vous êtes toujours dans l'actualité»
  • C'est le deuxième film d'Audrey Diwan, romancière et journaliste française d'origine libanaise, qui a co-signé le scénario de plusieurs films puis est passée à la réalisation

VENISE: La Mostra de Venise a envoyé un nouveau signal féministe en décernant à l'unanimité son Lion d'or à une réalisatrice, Audrey Diwan, pour un film cru et intimiste sur l'avortement, "L'événement", deux mois après la Palme d'or à une autre Française. 


"Malheureusement quand vous travaillez sur l'avortement, vous êtes toujours dans l'actualité", a déclaré en recevant son prix la réalisatrice française de 41 ans, qui a dit avoir "fait ce film avec colère et désir".


"Je voulais que ce soit une expérience", un "voyage dans la peau de cette jeune femme", a ajouté celle qui succède à la Sino-Américaine Chloé Zhao, 39 ans, couronnée l'an dernier pour "Nomadland" avant de triompher aux Oscars.


Quatre ans après l'affaire Weinstein et le début du grand examen de conscience du 7e art, l'ouverture très progressive des palmarès les plus prestigieux aux réalisatrices se confirme: en juillet, le Festival de Cannes avait distingué une jeune réalisatrice française, Julia Ducournau, 37 ans, Palme d'Or avec l'ovni "Titane", un film féministe qui dynamite à sa façon les frontières entre les genres.


"Quelque chose est en train de changer. Une femme a gagné l'Oscar, une femme a gagné la Palme d'or, une femme a gagné le Lion d'Or. Ca signifie forcément quelque chose, ça ne peut pas être le hasard", a souligné Audrey Diwan. 


Son film, adapté du récit autobiographique éponyme de la romancière Annie Ernaux, se déroule dans la France des années 1960, avant la légalisation de l'avortement. Il montre le parcours d'une jeune étudiante qui tombe enceinte, interprétée par la Franco-Roumaine Anamaria Vartolomei.


C'est le deuxième film d'Audrey Diwan, romancière et journaliste française d'origine libanaise, qui a co-signé le scénario de plusieurs films dont "Bac Nord" ou "La French" de Cédric Jimenez, puis est passée à la réalisation ("Mais vous êtes fous"). Elle devient la quatrième réalisatrice à recevoir le prix le plus prestigieux à Venise depuis l'an 2000.


Jane Campion et Maradona 
Dans le reste du palmarès, plusieurs films sont marqués eux aussi par ces questions: c'est le cas du "Pouvoir du Chien", de Jane Campion, qui a permis à la Néo-Zélandaise de remporter le prix de la meilleure réalisation, 28 ans après sa Palme d'Or pour "La leçon de Piano".


Le film, huis clos étouffant dans un monde de cow-boys, avec Benedict Cumberbatch et Kirsten Dunst, aborde la question de la masculinité exacerbée et toxique. "Un mur de Berlin est en train de tomber", a déclaré Jane Campion, à propos de la présence des femmes au palmarès.


Diffusé par Netflix, ce film ne devrait donc pas sortir en salles en France, tout comme un autre lauréat du palmarès établi par le jury du Sud-Coréen Bong Joon-Ho ("Parasite"): Paolo Sorrentino. Le réalisateur italien a décroché le Grand Prix pour "La Main de Dieu", sur son enfance à Naples, à l'époque du footballeur Diego Maradona, brisée par la mort de ses parents.


L'influence des plateformes de vidéo, sorties renforcées de la pandémie face aux grands studios se mesure une nouvelle fois au palmarès de cette 78e Mostra.


Le jury a décerné le prix de la meilleure actrice à Penélope Cruz, pour son rôle dans "Madres Paralelas", de Pedro Almodovar, qui continue avec son actrice fétiche à célébrer la force des femmes et des mères face à des hommes lâches ou absents.


Chez les acteurs, le jury a distingué le Philippin John Arcilla pour son rôle de journaliste en quête de vérité dans "On the Job 2: The Missing 8".


Après une édition 2020 en demi-teinte, marqué par la pandémie et un manque de films marquants en compétition, la Mostra de Venise, le plus ancien des festivals de cinéma au monde, a retrouvé tout son lustre.


Et son influence s'est une fois de plus mesurée à l'aune des stars américaines, qui se sont pressées sur le tapis rouge du Lido, devenu au fil des années une rampe de lancement avant la saison des Oscars.


Matt Damon et Ben Affleck ont monté les marches pour "Le dernier Duel", de Ridley Scott, quelques jours après les vedettes de "Dune": Timothée Chalamet, Rebecca Ferguson, Oscar Isaac et Javier Bardem.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".