A l'aéroport de Kaboul, les «dernières femmes» retravaillent malgré la peur

Sur les plus de 80 employées de l'aéroport de Kaboul, seules 12, dont Rabia, ont jusqu'ici accepté d'y retourner. (AFP)
Sur les plus de 80 employées de l'aéroport de Kaboul, seules 12, dont Rabia, ont jusqu'ici accepté d'y retourner. (AFP)
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Publié le Dimanche 12 septembre 2021

A l'aéroport de Kaboul, les «dernières femmes» retravaillent malgré la peur

  • A l'aéroport, qui attend la prochaine reprise des vols commerciaux, Rabia affirme qu'elle continuera à travailler jusqu'à ce qu'elle soit forcée à s'arrêter
  • Les femmes employées à l'aéroport avant la prise du pouvoir des talibans le 15 août font partie des rares Afghanes à avoir été autorisées par les islamistes à retourner au travail

KABOUL: Près d'un mois après la prise du pouvoir par les talibans en Afghanistan, Rabia, 35 ans, a pris une décision difficile: surmonter sa peur des nouveaux maîtres du pays et retourner travailler à l'aéroport de Kaboul.


Cette mère de trois enfants, maquillée et vêtue d'un costume bleu est bien consciente du danger depuis l'attentat suicide devant l'aéroport le 26 août, lors des chaotiques évacuations des étrangers et Afghans fuyant le nouveau pouvoir. Mais elle affirme n'avoir pas d'autres choix.


"J'ai besoin d'argent pour subvenir aux besoins de ma famille", explique-t-elle à l'AFP. Depuis 2010, elle travaille au terminal pour le GAAC, une compagnie basée aux Emirats arabes unis chargée des services d'assistance et de la gestion de la sécurité.


"J'étais stressée à la maison, j'avais peur, je ne pouvais pas parler", poursuit-elle. "Je me sentais très mal. Désormais je me sens mieux".


Les femmes employées à l'aéroport avant la prise du pouvoir des talibans le 15 août font partie des rares Afghanes à avoir été autorisées par les islamistes à retourner au travail. Mais sur les plus de 80 employées de l'aéroport de Kaboul, seules 12, dont Rabia, ont jusqu'ici accepté d'y retourner.


Samedi, six d'entre elles discutaient et plaisantaient à l'entrée principale de l'aéroport, en attendant de contrôler des passagères voyageant sur les rares vols domestiques.


«J'ai eu très peur»
Qoudssiya Jamal, la soeur de Rabia, raconte avoir été "choquée" par le retour au pouvoir des talibans. "J'ai eu très peur", dit à l'AFP cette mère de cinq enfants.


A 49 ans, elle subvient seule aux besoins de son foyer. "Ma famille avait peur pour moi, ils m'ont dit de ne pas retourner (au travail), mais je suis heureuse maintenant. Jusqu'à présent, il n'y a pas eu de problèmes".


Les talibans se sont engagés à respecter les droits des femmes, bafoués lors de leur premier passage au pouvoir de 1996 à 2001.


Ils ont fait un pas en avant en autorisant cette semaine les femmes à continuer à étudier à l'université, ce qu'ils leur interdisaient auparavant. Mais en stipulant que les étudiantes devraient porter une abaya noire, assortie d'un niqab couvrant le visage à l'exception des yeux, et étudier dans des classes non mixtes, ou séparées des hommes par un rideau.


Mais ces promesses peinent à convaincre, à l'étranger notamment. Les talibans assurent "que les droits des femmes seront respectés dans le cadre de l'islam, mais chaque jour nous recevons des rapports faisant état de reculs", a ainsi déclaré mercredi Alison Davidian, la représentante adjointe en Afghanistan de l'entité onusienne ONU Femmes.

«Emmenez-moi à Paris»
A l'aéroport, qui attend la prochaine reprise des vols commerciaux, Rabia affirme qu'elle continuera à travailler jusqu'à ce qu'elle soit forcée à s'arrêter.


Le nouveau régime des talibans a indiqué que les femmes seraient autorisées à travailler "conformément aux principes de l'islam", sans expliquer ce que cela signifiait exactement.


"Mon rêve est d'être la femme la plus riche d'Afghanistan. Je pense que je suis toujours la plus chanceuse (...) Je ferai ce que j'aime jusqu'à ce que la chance ne soit plus de mon côté", assure-t-elle.


Sa collègue Zala a un rêve complètement différent. Cette jeune femme de 30 ans, qui prenait des leçons de français dans un institut à Kaboul, a dû y renoncer et est restée chez elle pendant trois semaines après la prise du pouvoir par les talibans.


"Bonjour, emmenez-moi à Paris", lance-t-elle dans un français hésitant, devant ses collègues qui éclatent de rire. "Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, je suis l'une des dernières femmes  (à travailler) à l'aéroport".


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.