Les Russes aux urnes après l'élimination de l'opposition

Une affiche de campagne dans le centre de Moscou le 12 septembre 2021. (Photo, AFP)
Une affiche de campagne dans le centre de Moscou le 12 septembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 13 septembre 2021

Les Russes aux urnes après l'élimination de l'opposition

  • Après huit mois de répression des mouvements anti-Kremlin, les électeurs, à de rares exceptions près, auront le choix entre l'impopulaire parti du pouvoir Russie unie et une foule de candidatures anecdotiques ou de formations dociles
  • les critiques les plus populaires du Kremlin ont été exclus du scrutin, incarcérés ou assignés à résidence. D'autres ont choisi l'exil

MOSCOU: A Moscou, impossible de voter aux législatives pour un détracteur de Vladimir Poutine. Par contre, on peut y gagner un appartement ou une voiture.

Après huit mois de répression des mouvements anti-Kremlin, les électeurs, à de rares exceptions près, auront le choix entre l'impopulaire parti du pouvoir Russie unie et une foule de candidatures anecdotiques ou de formations dociles.

Pas de quoi nourrir l'enthousiasme pour ce scrutin qui se déroule de vendredi à dimanche.

"Nous n'avons aucun choix réel. Nous le savons tous, nous le voyons tous. Voir de manière positive ces élections est impossible (...) ce n'est qu'une farce", estime Grigori Matvéïev, éclairagiste d'un théâtre moscovite.

Pour doper la participation, la mégalopole s'est recouverte d'affiches encourageant les électeurs à voter électroniquement depuis leurs canapés. En prime, une loterie pour gagner un logement ou un véhicule.

Sur le fond par contre, la campagne pour les 450 sièges de députés est presque inexistante si ce n'est des pancartes partisanes de-ci de-là, et quelques débats télévisés tardifs.

Faute de réelle concurrence, le parti Russie unie devrait garder sa majorité des deux tiers à la Douma, nécessaire pour changer la Constitution. En 2020, elle a ainsi autorisé Vladimir Poutine à rester au pouvoir jusqu'en 2036.

La formation devrait aussi s'imposer dans la plupart des scrutins locaux et régionaux qui se déroulent au même moment.  

Pas une élection

Pourtant, Russie unie est impopulaire, avec 28% d'opinions favorables, selon Vtsiom, un institut proche du pouvoir.  

En cause, de multiples scandales de corruption et un train de vie qui tranche avec la chute des revenus réels des Russes qui s'est aggravée avec la pandémie.

"Il y a un caste de citoyens – les hauts fonctionnaires et les députés-- qui vivent une vie complètement différente", explique Nikolaï Ribakov, chef du petit parti libéral Iabloko, toléré par la Kremlin.

Irina Petrova, artiste moscovite de 46 ans, qui se décrit comme une poutiniste déçue, abonde: "Laisser son peuple dans la faim, ce n'est pas correct". 

Le président Poutine, toujours populaire lui, s'est donc engagé dans la campagne. 

Au congrès de Russie unie fin août, il a annoncé une aide financière pour 44 millions de retraités, policiers et militaires, des catégories au cœur de son électorat.

Et il couvre de louanges ses candidats "énergiques, actifs", sous un tonnerre d'applaudissements.

En parallèle, les critiques les plus populaires du Kremlin ont été exclus du scrutin, incarcérés ou assignés à résidence. D'autres ont choisi l'exil.

Le coup d'envoi de cette vague de répression fut l'arrestation en janvier d'Alexeï Navalny, qui rentrait en Russie après un empoisonnement dont il accuse le Kremlin. 

En juin, son mouvement a été banni pour "extrémisme". Pour l'un de ses proches, ces législatives "n'ont plus rien d'une élection".

"Tout le monde a été exclu de la course,(...) tout a été fait pour que Russie unie dispose d'une majorité écrasante", dit Léonid Volkov, depuis son exil.

Néanmoins, il pense possible de "mettre la pression à Poutine" grâce à la stratégie du "vote intelligent" de son camp, qui consiste à soutenir dans chaque circonscription le candidat le plus à même de battre celui du Kremlin. Une méthode qui a rencontré quelques succès par le passé.

Confiance

Pour le vice-président de la chambre sortante, Piotr Tolstoï, ces adversaires devaient être stoppés, car selon lui ils veulent "renverser le pouvoir existant par des méthodes révolutionnaires". 

"C'est un peu (les) talibans de l'intelligentsia russe", lâche-t-il.

L'opposition considère en outre que les scrutins seront marqués par des fraudes, notamment du fait de freins à l'observation électorale. 

Les observateurs internationaux de l'OSCE seront absents faute d'avoir été autorisés à venir en nombre suffisant. 

Les autorités ont également supprimé les webcams qui depuis des années filmaient le processus électoral dans chaque bureau de vote.  

Et de nombreux médias et ONG indépendantes ont été classés "agents de l'étranger", label infamant compliquant leur fonctionnement et financement.

Mais pour le député Tolstoï, les Russes font confiance à leurs dirigeants.   

"Ce qu'ils veulent, c'est avoir un développement économique, se sentir en sécurité. Et tout ça, c'est les choses qu'assure aujourd'hui le pouvoir russe", dit-il.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.