Plongée à l'intérieur de Pul-e-Charkhi, plus grande prison afghane désormais vide

Des membres des talibans montent la garde à l'intérieur de la prison de Pul-e-Charkhi à Kaboul le 16 septembre 2021. BULENT KILIC / AFP
Des membres des talibans montent la garde à l'intérieur de la prison de Pul-e-Charkhi à Kaboul le 16 septembre 2021. BULENT KILIC / AFP
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Publié le Vendredi 17 septembre 2021

Plongée à l'intérieur de Pul-e-Charkhi, plus grande prison afghane désormais vide

  • Elle fut l'un des endroits les plus honnis des talibans, où des milliers d'entre eux étaient détenus alors qu'ils combattaient le gouvernement afghan
  • La prison de Pul-e-Charkhi, dans l'Est de Kaboul, est désormais vide, les islamistes ayant ouvert ses portes quand ils ont pris la capitale

KABOUL : Elle fut l'un des endroits les plus honnis des talibans, où des milliers d'entre eux étaient détenus alors qu'ils combattaient le gouvernement afghan. La prison de Pul-e-Charkhi, dans l'Est de Kaboul, est désormais vide, les islamistes ayant ouvert ses portes quand ils ont pris la capitale.

Des uniformes de gardiens gisent au sol, abandonnés en pleine débandade des anciennes autorités. Dans les cellules, des vêtements, des chaussures, des radios, des casseroles... les prisonniers s'étant souvent éclipsés avec les seules affaires qu'ils portaient sur le dos.

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Un membre des talibans monte la garde à l'intérieur de la prison de Pul-e-Charkhi à Kaboul le 16 septembre 2021.
BULENT KILIC / AFP

Des repas non terminés pourrissent sur place, recouverts de mouches. Des ordures sont éparpillées par terre et dans les cages d'escalier de la prison. L'odeur, ajoutée à celle des latrines fétides, écoeure.

Les talibans qui contrôlent désormais Pul-e-Charkhi affirment que les 11 blocs de l'aile principale abritaient chacun 1.500 détenus, au sein d'une prison construite à l'origine pour en accueillir 5.000. 

Nombre de fondamentalistes y étaient retenus prisonniers, entourés de voleurs, de criminels endurcis ou encore de combattants du groupe jihadiste Etat islamique.

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Un membre des talibans inspecte l'intérieur de la prison de Pul-e-Charkhi à Kaboul le 16 septembre 2021.
BULENT KILIC / AFP

Le slogan du drapeau de l'EI est d'ailleurs peint en noir sur le mur d'une cellule. Dans une cage d'escalier, les mots "Etat islamique" sont gravés dans le plâtre.

Le nouveau régime afghan affirme que des recherches sont en cours pour retrouver les prisonniers de Daech (acronyme arabe de l'EI). Car les talibans et l'EI ne s'entendent guère. Leurs hommes ont durement combattu dans l'Est du pays.

Lieu d'horreur

La construction de Pul-e-Charkhi, la plus grande prison d'Afghanistan, a commencé dans les années 1970. L'endroit a été critiqué par des groupes de défense des droits de l'homme du fait des conditions de vie parfois exécrables des détenus.

Des dortoirs exigus abritaient 15 à 20 prisonniers, ont constaté des journalistes de l'AFP. Des foulards servaient de rideaux pour assurer un minimum d'intimité.

Aux murs, du papier peint représentant des couchers de soleil sous les tropiques, les trois couleurs rouge, vert et noir de l'ancien drapeau afghan - que les talibans ont remplacé par leur propre pavillon blanc où s'inscrit en noir la profession de foi musulmane.

La salle de prière, où des dizaines de tapis sont soigneusement repliés, est indubitablement l'endroit le mieux rangé de l'établissement, dont une autre pièce a été transformée en une petite madrassa (école coranique).

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La salle de prière, où des dizaines de tapis sont soigneusement repliés, est indubitablement l'endroit le mieux rangé de l'établissement, dont une autre pièce a été transformée en une petite madrassa (école coranique). BULENT KILIC / AFP

Près d'une entrée, un bureau est complètement brûlé - il ne reste que la structure en acier d'une couchette de gardien. La pièce a été incendiée pour détruire les papiers concernant les prisonniers, affirment les talibans présents. 

Un mur est criblé d'impacts de balles, là où, selon les gardes, d'anciens policiers gouvernementaux ont ouvert le feu à la veille de la prise du contrôle du pays par les talibans à la mi-août, tuant plusieurs prisonniers talibans, poursuivent les islamistes. Des accusations que l'AFP n'a pu vérifier.

Pul-e-Charkhi était "un lieu d'horreur", lance Mawlawi Abdulhaq Madani, un combattant taliban âgé de 33 ans, heureux que ses camarades aient tous quitté les lieux. 

A l'extérieur, des chats et des chiens errent sur la route qui entoure le vaste complexe circulaire, bordé d'un mur de quatre mètres de haut, surmonté de fils barbelés et ponctué de miradors... désormais inutiles.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.