Liban: le nouvel exécutif augmente le prix des carburants et signe un accord d'audit

La police anti-émeute libanaise monte la garde devant le bâtiment de la banque centrale, où des manifestants anti-gouvernementaux protestent contre le gouverneur de la banque centrale libanaise Riad Salameh et l'aggravation de la crise financière, à Beyrouth. (Photo, AP)
La police anti-émeute libanaise monte la garde devant le bâtiment de la banque centrale, où des manifestants anti-gouvernementaux protestent contre le gouverneur de la banque centrale libanaise Riad Salameh et l'aggravation de la crise financière, à Beyrouth. (Photo, AP)
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Publié le Samedi 18 septembre 2021

Liban: le nouvel exécutif augmente le prix des carburants et signe un accord d'audit

  • L'audit est une condition essentielle pour que le Liban obtienne de l'aide étrangère
  • Les prix des carburants publiés vendredi ont consisté en une augmentation du prix de l'essence de plus de 37% avec effet immédiat

BEYROUTH: Le nouveau gouvernement libanais a augmenté vendredi le prix des carburants, réduisant ainsi une subvention que le Premier ministre, Najib Mikati, a qualifié d’inabordable alors qu'il élabore des plans pour faire face à un effondrement financier dévastateur.

Le gouvernement a également signé un nouveau contrat avec le cabinet-conseil en restructuration Alvarez & Marsal (A&M) pour effectuer un audit juricomptable de la Banque centrale, une étape souhaitée par les donateurs qui veulent voir Beyrouth adopter des réformes pour débloquer l'aide dont elle a grandement besoin.

Le gouvernement Mikati, qui a pris ses fonctions il y a une semaine, a promis des mesures pour faire face à la crise, notamment des pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI) et un début de réformes.

Le porte-parole du FMI, Gerry Rice, a déclaré jeudi qu'il y avait eu des appels de courtoisie avec des membres du nouveau gouvernement et que le Fonds était prêt à s'engager dans la période à venir. Les pourparlers entre le gouvernement précédent et le FMI l'année dernière avaient échoué.

La Banque mondiale affirme que l'effondrement économique du Liban est l'un des pires jamais enregistrés.

La monnaie a perdu plus de 90% de sa valeur depuis 2019, plongeant plus des trois quarts de la population dans la pauvreté. Le système bancaire est paralysé, et une grave pénurie des devises a entraîné des carences dans les importations vitales, notamment de carburants.

Le Liban a réduit le prix des carburants en fournissant des dollars à des taux de change subventionnés bien inférieurs au prix de la livre sur le marché parallèle, dans le but déclaré de protéger les personnes touchées par l'effondrement.

Les critiques affirment que ce système a donné lieu à la contrebande et à la thésaurisation, contribuant à des pénuries qui ont paralysé la vie normale et engendré un marché noir où l'essence a été vendue à des prix prohibitifs.

Les prix des carburants publiés vendredi ont consisté en une augmentation du prix de l'essence de plus de 37% avec effet immédiat.

«C'est l'avant-dernière étape de la levée de la subvention», a déclaré Georges Braks, membre du syndicat des propriétaires de stations-service, qui s'attend à ce que cette subvention soit supprimée d'ici la fin du mois de septembre. 

Il a précisé que les nouveaux prix sont basés sur un taux de change d'environ 12 000 livres libanaises pour un dollar, contre un taux de 8 000 livres par dollar fixé par le gouvernement précédent le mois dernier. Le nouveau taux reste néanmoins inférieur au taux du marché parallèle, où les dollars étaient échangés vendredi à 14 600 livres libanaises.

La Banque centrale a déclaré le mois dernier qu'elle n’était plus en mesure de fournir des dollars pour les carburants à des taux fortement subventionnés.

Cette décision signifie que les importateurs s'approvisionneront toujours en dollars auprès de la Banque centrale plutôt que sur le marché et qu'une subvention sera ainsi toujours appliquée, a déclaré Mike Azar, conseiller financier principal basé à Beyrouth.

Alors qu’elle s'échangeait autour de 19 000 pour un dollar, la livre libanaise s’est renforcée ces derniers jours. En effet, l’entrée en fonction de Mikati a mis fin à une année de conflits politiques sur les sièges gouvernementaux qui a mené le pays à la dérive.

Le FMI a recommandé au Liban d'unifier les taux de change multiples, ainsi que d'entreprendre d’autres mesures, notamment l'audit de la Banque centrale.

Le ministre des Finances, Youssef Khalil, ancien haut responsable de la Banque centrale, a signé le contrat avec A&M, qui, selon le ministère, présenterait un rapport initial douze semaines après le début des travaux par son équipe.

A&M s'est retiré de l'audit en novembre dernier, affirmant n’avoir pas reçu les informations requises. Le ministère des Finances a déclaré en avril que la Banque centrale avait accepté de remettre les documents requis.

Le Parlement a ensuite accepté en décembre de lever le secret bancaire pendant un an, au milieu de nombreuses tractations entre les responsables libanais, notamment le ministère des Finances et la Banque centrale, sur la possibilité de divulguer certaines informations.

Les pourparlers du Liban avec le FMI l'année dernière ont échoué en grande partie en raison d'un différend sur l'ampleur des pertes dans le système financier. Un plan élaboré par le gouvernement précédent indiquait que celles-ci s'élevaient à quelque 90 milliards de dollars, un chiffre approuvé par le FMI mais rejeté par les banques libanaises et la classe politique.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au Koweït, le malaise au sein de la communauté iranienne face à la guerre

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères. (AFP)
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  • Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale
  • Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé

KOWEIT: Dans l'émirat du Koweït, particulièrement visé par les frappes de Téhéran, un réputé restaurant persan a préféré enlever de son nom toute référence à l'Iran, reflet du malaise ressenti par l'importante communauté iranienne.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la République islamique a pris pour cible dans le Golfe des installations pétrolières, infrastructures civiles et bases militaires américaines.

Après une accalmie en août, le Koweït a de nouveau été frappé ces derniers jours, avec notamment une attaque ayant provoqué un incendie dans un complexe résidentiel de la capitale.

Avant même ce nouveau regain d'hostilités, la direction du restaurant "Abshar El Kuwait" a décidé de retirer le mot Iran de son nom en raison de la sensibilité" de la situation, explique à l'AFP un employé.

L'activité, toutefois, "n'a pas été affectée par la guerre", souligne-t-il, alors que des Koweïtiens et des étrangers font la queue devant l'établissement.

"Tristes" 

Même si d'autres Iraniens disent ne pas avoir subi de préjudice, ils ne cachent pas leur angoisse, Hussein faisant état d'une "période extrêmement difficile".

"Nous sommes tristes", témoigne ce commerçant de 35 ans qui préfère utiliser un pseudonyme pour protéger son identité. Lui qui a vécu 18 ans au Koweït dit en effet considérer cet Etat comme son "deuxième pays".

Quelque 52.000 Iraniens vivent dans l'émirat de près de cinq millions d'habitants, la plupart travaillant dans le secteur de la pêche, sur des marchés ou dans des boulangeries. D'autres sont des commerçants prospères, vendant notamment des tissus et des tapis.

Hussein, qui dirige une importante entreprise de textile, s'affaire dans le marché historique de Moubarakiyah, au cœur de la capitale, où les Iraniens représentent environ 40% de la main-d'œuvre.

"Nous vivons ici depuis de nombreuses années et nous ne voulons pas de problèmes entre les deux pays", insiste-t-il.

Il explique qu'il ne peut plus retourner en Iran, où vit sa fille, alors que le trafic aérien a été fortement perturbé entre les deux pays après le 28 février, début des frappes israélo-américaines contre l'Iran.

Les échanges commerciaux entre le Koweït et l'Iran sont importants, atteignant environ 300 millions de dollars en 2024, selon un responsable de la chambre de commerce irano-koweïtienne cité par des médias locaux.

Les exportations iraniennes vers le Koweït comprenaient principalement des produits alimentaires et agricoles, des tapis et des matériaux de construction.

Malgré la guerre, "nos relations avec les clients koweïtiens sont toujours bonnes", assure Hussein. Deux autres commerçants ont tenu le même discours à l'AFP. Mais la tension est palpable.

"Sentiment général d'inquiétude" 

Les autorités koweïtiennes ont accentué la répression vis-à-vis des personnes soupçonnées d'appartenir à des cellules liées aux Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de la République islamique.

Elles ont aussi fermé la seule école iranienne du pays le mois dernier, a indiqué à l'AFP une source au ministère de l'Education, sans fournir d'explication.

"Nous voulons simplement vivre et gagner notre vie", souligne Ali, un Iranien d'une trentaine d'années qui a aussi choisi un pseudonyme et qui comme les autres Iraniens interrogés par l'AFP n'a pas souhaité faire de commentaires sur la politique de son pays.

"Nous n'avons subi aucun préjudice et nous n'avons pas été harcelés, mais il y a un sentiment général d'inquiétude. C'est naturel en temps de guerre", dit-il sur le marché de l'or de la ville, où il regarde un écran affichant l'évolution des cours à travers le monde.

"Nous avons le sentiment d'être pris entre deux feux", résume le jeune homme.

A Moubarakiyah, des commerçants iraniens vendent des pâtisseries, notamment à base de tahiné, attirant un flot régulier de clients.

"Les Iraniens sont partout ici", note une Koweïtienne d'une cinquantaine d'années, préférant elle aussi taire son nom.

"Ils font partie de l'histoire du Koweït, et il est impossible d'imaginer se passer d'eux".


Le CICR remet au Liban un homme libéré par Israël 

Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours". (AFP)
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  • Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP
  • Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024

BEYROUTH: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a remis jeudi aux autorités libanaises un homme qui était détenu en Israël, a indiqué une source de l'armée libanaise à l'AFP, une source du CICR à Jérusalem confirmant que l'opération était "en cours".

Lors de ses dernières négociations avec Israël, le Liban a demandé la libération d'un premier groupe de Libanais capturés par Israël depuis la guerre précédente avec le Hezbollah pro-iranien en 2024. Un comité de proches de Libanais enlevés par Israël estime leur nombre à plus d'une trentaine.

 

 


Deux Palestiniens tués par l'armée israélienne en Cisjordanie

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé
  • Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès

RAMALLAH: Des soldats israéliens ont tué deux jeunes Palestiniens en Cisjordanie occupée dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le ministère palestinien de la Santé, l'armée israélienne disant avoir ouvert le feu lors d'une "émeute".

L'incident ayant conduit à la mort des deux Palestiniens a débuté par le vol de moutons par des colons israéliens, selon un habitant, ce que conteste l'armée israélienne.

Omar Mohammed Naji al-Nassan, 19 ans, et Khalil Rassem Khalil Shahada, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens dans le village d'al-Mughayyir, au nord-est de Ramallah, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon le Croissant-Rouge palestinien, ils ont été grièvement blessés par des tirs à balles réelles lors de heurts, le premier au cou et le second dans le dos, avant d'être transférés vers deux hôpitaux de Ramallah, où les médecins ont prononcé leur décès.

Un journaliste de l'AFP présent au Complexe médical de Ramallah a vu des personnes endeuillées rassemblées autour de l'une des dépouilles.

Selon Amin Abou Alia, chef du conseil du village d'al-Mughayyir, "des colons israéliens (...) ont tenté de voler des moutons" et à la suite d'une confrontation, "l'armée israélienne a imposé un siège au village avant d'y faire une descente".

M. Abou Alia a déclaré à l'AFP que des tireurs d'élite avaient été positionnés dans le secteur, "ouvrant le feu à balles réelles sur les habitants qui tentaient de s'opposer aux colons".

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a affirmé que les moutons qui se trouvaient dans le secteur du village appartenaient à des Israéliens, indiquant avoir "sécurisé l'entrée du village" pour permettre leur retour à leurs propriétaires.

Sur place, une "émeute" a éclaté, pendant laquelle "des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres" sur les soldats, d'après l'armée. Ces derniers ont ouvert le feu afin "d'éliminer la menace", a-t-elle ajouté.

Les violences ont explosé en Cisjordanie depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, avec des attaques quasi-quotidiennes de colons et des raids réguliers sur des villages palestiniens.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales par l'ONU au regard du droit international.

Selon un décompte de l'AFP fondé sur les données du ministère palestinien de la Santé, les soldats ou colons ont tué au moins 1.105 Palestiniens - combattants et civils - depuis le 7 octobre 2023.

Selon les chiffres israéliens, sur la même période, au moins 48 Israéliens - civils et membres des forces de sécurité - ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.