Audition à haut risque pour le favori des législatives allemandes

Le ministre allemand des Finances, vice-chancelier et candidat chancelier du Parti social-démocrate (SPD), Olaf Scholz, salue ses partisans lors d'un rassemblement à Munich, dans le sud de l'Allemagne, le 18 septembre 2021, une semaine avant les élections fédérales allemandes du 26 septembre. (Photo, AFP)
Le ministre allemand des Finances, vice-chancelier et candidat chancelier du Parti social-démocrate (SPD), Olaf Scholz, salue ses partisans lors d'un rassemblement à Munich, dans le sud de l'Allemagne, le 18 septembre 2021, une semaine avant les élections fédérales allemandes du 26 septembre. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 20 septembre 2021

Audition à haut risque pour le favori des législatives allemandes

  • Le point de départ de l'affaire examinée par les députés, en 2020, porte sur des paiements suspects à destination de l'Afrique d'un montant supérieur à un million d'euros
  • Cette affaire intervient pour Olaf Scholz au plus mauvais moment, dans la dernière ligne droite avant le scrutin législatif de dimanche

Le favori des élections législatives allemandes, Olaf Scholz, affronte lundi une audition parlementaire à haut risque, à quelques jours du scrutin, sur une affaire de blanchiment d'argent mettant en cause le ministère des Finances qu'il dirige.

Le social-démocrate doit se justifier devant la commission des Finances du Bundestag sur la non-transmission à la justice, par des fonctionnaires de son ministère, d’éléments concernant une opération présumée de blanchiment d'argent.

Cette audition en visioconférence fait suite à la perquisition, début septembre, des locaux du ministère des Finances à Berlin par le parquet d'Osnabrück, en charge du dossier.

Cette affaire intervient pour Olaf Scholz au plus mauvais moment, dans la dernière ligne droite avant le scrutin législatif de dimanche.

Ses adversaires politiques, les écologistes et les conservateurs d'Angela Merkel, entendent bien le mettre en difficulté, alors qu'il reste en tête des derniers sondages. Il est crédité d'autour de 25% des intentions de vote, contre un peu plus de 20% pour la droite et 15% pour les Verts.

Dimanche soir, il a en outre remporté le dernier débat télévisé réunissant les trois grands partis en compétition, 42% des téléspectateurs le donnant vainqueur.

Paiement vers l'Afrique

Le point de départ de l'affaire examinée par les députés, en 2020, porte sur des paiements suspects à destination de l'Afrique d'un montant supérieur à un million d'euros.

Un rapport sur cette affaire, reçu par le l'Office central d'enquête sur les transaction financières (FIU), sous tutelle du ministère des Finances, n'a "pas été transmis aux autorités judiciaires", ce qui a empêché "l'arrêt de ce paiement", selon le parquet.

Or, cette transaction avait pour toile de fond du trafic d'armes et de drogues ainsi que du financement de terrorisme.

La justice soupçonne d'autres manquements similaires. Elle estime que "des soupçons de blanchiment d'argent se chiffrant en millions d'euros" n'ont "pas été transmis à la police et à la justice".

Pour "vérifier si et, le cas échéant, dans quelle mesure, la direction et les responsables des ministères (...) ont été impliqués dans les décisions de la FIU", le parquet a donc ordonné récemment des perquisitions aux ministères des Finances et de la Justice.

Immédiatement, l'opposition au Bundestag autour des Verts, des libéraux et de la gauche radicale, a convoqué Olaf Scholz, jugeant sa responsabilité engagée.

"Il est juste qu'Olaf Scholz réponde à la commission des Finances (...) avant les élections", a indiqué à l'AFP la députée des Verts Lisa Paus, estimant que "c'est la dernière chance pour lui de regagner la crédibilité perdue".

Complot?

Irrité par ces perquisitions en pleine campagne électorale, M. Scholz a critiqué la méthode des enquêteurs, estimant qu'ils "auraient pu lui poser (leurs questions, ndlr) par écrit". Il a dénoncé à demi-mot un complot politique le visant.

Menacés par une défaite historique, les conservateurs de la CDU se sont aussi saisis de cette affaire pour multiplier les attaques.

"Quand un parquet perquisitionne un ministère, la bonne réaction est de dire : nous allons aider la justice" et non de dénoncer des complots de manière "populiste", a tancé le chef de file des conservateurs, Armin Laschet.

Olaf Scholz n'en est pas à sa première affaire embarrassante : son administration a été critiquée pour son absence de vigilance l'an dernier lors de la faillite de la société Wirecard, le plus gros scandale financier de l'après-guerre dans le pays.

Cette entreprise de paiements en ligne avait dû avouer en juin 2020 que 1,9 milliard d'euros inscrits dans ses comptes n'existaient pas.

M. Scholz avait là aussi du répondre aux questions musclées des parlementaires, dans le cadre d'une commission d'enquête spéciale.

L'affaire avait contraint l'exécutif à présenter en début d'année une vaste réforme de la Bafin, l'organe allemand de régulation financière, afin de lui donner plus de pouvoirs.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.