Bataille politique aux Etats-Unis sur le plafond de la dette

Le sujet est un marronnier de la vie politique américaine: depuis les années 60, ce plafond a été relevé ou suspendu 80 fois. (Photo, AFP)
Le sujet est un marronnier de la vie politique américaine: depuis les années 60, ce plafond a été relevé ou suspendu 80 fois. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 21 septembre 2021

Bataille politique aux Etats-Unis sur le plafond de la dette

  • Pour éviter le «shutdown», la Chambre des représentants adoptera cette semaine «une loi pour financer le gouvernement jusqu'en décembre»
  • Les Etats-Unis n'ont jamais fait défaut, mais en 2011, sous l'administration Obama, l'impasse politique avait conduit l'agence de notation S&P à retirer la note «AAA» à la dette américaine

WASHINGTON : La course contre la montre est lancée au Congrès américain, pour trouver un accord sur le plafond de la dette et éviter aux Etats-Unis de faire défaut, ce qui aurait des conséquences gravissimes sur l'économie américaine, mais aussi mondiale.

Le plafond de la dette est le montant de dette à partir duquel le pays ne peut plus émettre de nouveaux emprunts pour se financer, ce qui l'empêche d'honorer ses paiements.

Il diffère du "shutdown", la paralysie des services de l'Etat fédéral, qui peut survenir lorsque le Congrès n'arrive pas à s'entendre sur le budget avant le 30 septembre.

Les deux sujets sont cette année concomitants. Pour éviter le "shutdown", la Chambre des représentants adoptera cette semaine "une loi pour financer le gouvernement jusqu'en décembre", a indiqué lundi, dans un communiqué, la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi.

Ce projet de loi prévoit, par ailleurs, de suspendre le plafond de la dette "jusqu'en décembre 2022", a-t-elle précisé.

Négociations

Seul le Congrès a la prérogative de relever ce plafond, et, avec le texte annoncé lundi par Mme Pelosi, les démocrates espèrent se donner du temps, pour rallier ensuite le soutien des républicains.

Ils s'opposent farouchement aux 3 500 milliards de dollars de dépenses sociales voulues par Joe Biden. Les démocrates envisagent d'ailleurs, pour faire adopter ces mesures, d'utiliser une procédure qui leur permet de se passer des voix républicaines.

Ils auraient la possibilité d'inclure le plafond de la dette dans ce dispositif, dit de "réconciliation".

Mais ils se heurtent à la date butoir du 30 septembre puisque les négociations sont embourbées. D'autant plus qu'il y a des divergences de vue au sein même des démocrates.

"Les démocrates contrôlent l'ensemble du gouvernement. Ils pensent qu'ils sont tout à fait capables de régler seuls le plafond de la dette", a ironisé sur Twitter le chef républicain au Sénat Mitch McConnell.

Il accuse les démocrates de vouloir obtenir les votes des deux partis pour faire endosser collectivement "une dette historique".

"Le pays ne doit jamais faire défaut. Le plafond de la dette devra être relevé. Mais il revient à ceux que le peuple américain a élus de le faire", avait-il déclaré la semaine dernière au site d'actualité politique Punchbowl News.

L'administration Biden, de son côté, n'a de cesse de rappeler que le plafond de la dette concerne les dépenses déjà engagées y compris par l'administration Trump, et non celles qui n'ont pas encore été adoptées.

Démocrates et républicains "ont la responsabilité de payer la dette que nous avons déjà contractée. Cela a toujours été fait avec la participation des deux partis", a souligné lundi le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.

"Il ne s'agit pas d'un nouveau combat partisan: il s'agit d'éviter une crise qui anéantirait tous les progrès que notre pays a accomplis pour se relever de la crise du Covid", a-t-il assuré.

«Crise financière historique»

L'administration Biden a de nouveau alerté lundi contre le risque d'une "crise financière historique", car les Etats-Unis ne pourraient plus honorer leurs engagements financiers à partir de la mi-octobre.

Taux d'intérêts qui flambent, soldats et retraités sans aucun revenu, nouvelle récession pour les Etats-Unis et des millions de destructions d'emplois à la clé: la secrétaire au Trésor Janet Yellen a dépeint une vision apocalyptique dans un éditorial publié dans le Wall Street Journal.

Le plafond de la dette est de nouveau en vigueur depuis le 1er août, à 28.400 milliards de dollars - contre 5 milliards de dollars seulement au milieu des années 90. Il avait été suspendu en août 2019, grâce à un accord entre l'ex-président Donald Trump et les élus démocrates du Congrès.

Le sujet est un marronnier de la vie politique américaine: depuis les années 60, ce plafond a été relevé ou suspendu 80 fois. Au cours des quatre années du mandat de Donald Trump, trois suspensions avaient été votées.

Echouer à relever le plafond de la dette aurait "de graves conséquences que les experts ne sont pas capables de prévoir à l'avance", avait souligné le Committee for a Responsible Federal Budget, une organisation centriste, dans un document publié le 28 juillet.

Les Etats-Unis n'ont jamais fait défaut, mais en 2011, sous l'administration Obama, l'impasse politique avait conduit l'agence de notation Standard and Poor's à retirer la note "AAA" à la dette américaine, provoquant une onde de choc sur les marchés.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
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  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.