Sous-marins: Macron et Biden tentent un «retour à la normale»

Emmanuel Macron et Joe Biden ont tenté de trouver une issue à la crise diplomatique la plus grave entre les Etats-Unis et la France depuis le «non» français à la guerre d'Irak en 2003. (AFP)
Emmanuel Macron et Joe Biden ont tenté de trouver une issue à la crise diplomatique la plus grave entre les Etats-Unis et la France depuis le «non» français à la guerre d'Irak en 2003. (AFP)
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Publié le Jeudi 23 septembre 2021

Sous-marins: Macron et Biden tentent un «retour à la normale»

  • Le ton de la conversation était «amical» et Joe Biden «espère» que cet entretien marquait «une étape vers un retour à la normale» entre les deux alliés, a dit Jen Psaki
  • Les deux hommes sont convenus que «des consultations ouvertes entre alliés» auraient «permis d'éviter cette situation»

PARIS: Six jours après le début de la crise des sous-marins, Joe Biden et Emmanuel Macron ont annoncé mercredi des "engagements" pour rétablir une confiance durement éprouvée, le président américain espérant désormais un "retour à la normale".


Sollicité par Washington, l'entretien téléphonique était très attendu. Et le dirigeant américain a semblé reconnaître un défaut de dialogue avec son plus vieil allié, selon une déclaration commune publiée par l'Elysée et la Maison Blanche.


Les deux hommes sont convenus que "des consultations ouvertes entre alliés" auraient "permis d'éviter cette situation", dit le communiqué.


Lors de l'échange qui a duré environ trente minutes selon la Maison Blanche, Emmanuel Macron et Joe Biden ont tenté de trouver une issue à la crise diplomatique la plus grave entre les Etats-Unis et la France depuis le "non" français à la guerre d'Irak en 2003.

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Le président américain Joe Biden s'entretient au téléphone avec le président français Emmanuel Macron le 22 septembre 2021, dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC. (AFP)

Le ton de la conversation était "amical" et Joe Biden "espère" que cet entretien marquait "une étape vers un retour à la normale" entre les deux alliés, a dit la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki, lors d'un point-presse de routine.


Il sera suivi jeudi à New York, où se tient l'Assemblée générale annuelle de l'ONU, d'un tête-à-tête entre les ministres des Affaires étrangères français et américain, Jean-Yves Le Drian et Antony Blinken, a annoncé une responsable américaine.


Emmanuel Macron et Joe Biden ont décidé, eux, de se retrouver "à la fin du mois d'octobre" en Europe, où le président américain est attendu pour participer au G20 à Rome les 30 et 31, puis à la COP26 début novembre à Glasgow, en Ecosse. D'ici là, ils lanceront "un processus de consultations approfondies visant à mettre en place les conditions garantissant la confiance".


Pour ce faire, Emmanuel Macron a décidé que l'ambassadeur de France aux Etats-Unis, l'expérimenté diplomate Philippe Etienne, retournerait à Washington "la semaine prochaine".

Sous-marins: la France n'a «aucune inquiétude» pour son industrie de défense

La France n'a "aucune inquiétude" pour son industrie de défense, a assuré jeudi le porte-parole du gouvernement français Gabriel Attal, après la perte d'un contrat géant auprès de l'Australie qui a préféré un partenariat stratégique avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni.


La crise diplomatique entre Paris et Washington qui s'est ouverte dans la foulée "est infiniment moins une crise commerciale et industrielle qu'une crise politique et stratégique", a souligné M. Attal sur France Inter, au lendemain d'un entretien entre Emmanuel Macron et Joe Biden.


Le contrat perdu portait sur 12 sous-marins à propulsion conventionnelle (non nucléaire), pour 50 milliards de dollars australiens (31 milliards d'euros) au moment de la signature, soit 90 milliards de dollars en prenant en compte l'inflation sur la durée du programme et les dépassements de coûts. Il s'agissait du plus important contrat pour du matériel de défense jamais passé tant par un industriel français que par l'Australie.


Interrogé pour savoir si l'Inde pourrait racheter les sous-marins qui ne seront pas livrés à Canberra, Gabriel Attal a simplement assuré n'avoir "aucune inquiétude sur notre industrie de défense". 


"Depuis le début de ce quinquennat on a vendu 88 Rafale, on a fait 30 milliards de commandes en plus, 30 milliards de livraisons en plus, nos sous-marins sont des fleurons reconnus internationalement, un certain nombre de pays s'en sont dotés, d'autres pays pourraient s'en doter, il y a peut-être des commandes qui vont être passées", a-t-il énuméré, sans toutefois donner davantage de précisions.


Évoquant l'entretien des présidents français et américain mercredi, "une conversation honnête qui a permis plusieurs gains importants", il a estimé que Joe Biden a reconnu la responsabilité des Etats-Unis dans la crise", ce qui n'est "pas banal", et le fait qu'"avec nous l'Europe ne cherchait pas un grand frère mais un partenaire".


"Maintenant il faut des actes", a-t-il dit, en évoquant la "vocation" de l'Europe à se doter d'une "défense importante et à être autonome", ainsi qu'à "avoir une stratégie propre en Indo-Pacifique". Il a aussi affirmé qu'au Sahel, les Etats-Unis "vont s'engager davantage", sans plus de précisions.

Paris avait annoncé vendredi le rappel des ambassadeurs aux Etats-Unis et en Australie, une décision sans précédent, pour protester contre l'annonce d'un partenariat stratégique entre ces deux pays et le Royaume-Uni dans la région indo-pacifique, qui a torpillé un mégacontrat de sous-marins français à Canberra.

L'industriel français Naval Group a fait savoir qu'il enverrait "dans quelques semaines" à l'Australie la facture pour cette rupture de contrat.

"Les messages sont bons" avec la reconnaissance qu'il aurait fallu "mieux communiquer", a commenté Benjamin Haddad, directeur pour l'Europe du cercle de réflexion Atlantic Council. "Les Américains ont compris que le choc principal à Paris ne venait pas tant de l'aspect commercial que de la rupture de confiance", a-t-il ajouté, en prévenant toutefois qu'"on ne surmonte pas tout du jour au lendemain par une conversation".

Sous-marins: l'Australie sera «patiente» pour rétablir les liens avec la France

Le Premier ministre australien a reconnu mercredi soir que le président français Emmanuel Macron lui menait la vie dure après la rupture d'un contrat de sous-marins, mais Scott Morrison promet d'être "patient" pour restaurer les relations avec la France.

S'exprimant à Washington dans la soirée, M. Morrison a expliqué qu'il avait tenté de joindre M. Macron mais que l'entretien n'avait "pas encore" eu lieu.

"Mais nous serons patients. Nous comprenons leur déception", assure M. Morrison, une semaine après que l'Australie a rompu sans avertissement le contrat portant sur l'achat de douze sous-marins français à propulsion conventionnelle pour une valeur de 90 milliards de dollars australiens (55 milliards d'euros).

Parallèlement à cette rupture de contrat, l'Australie avait annoncé l'acquisition d'au moins huit sous-marins à propulsion nucléaire américains ou britanniques, après des mois de négociations secrètes, ce qui avait suscité la colère de Paris.

En rétorsion, la France avait annulé une soirée de gala à Washington censée célébrer les relations franco-américaines, et avait rappelé ses ambassadeurs à Washington et Canberra, accusant les deux pays de lui avoir porté un "coup dans le dos".

"L'Australie a décidé de ne pas donner suite à un contrat de défense très important. Et nous savons que la France est déçue de cette décision, ce qui est compréhensible", a déclaré M. Morrison.

"Je pense qu'il va falloir plus de temps pour résoudre ces questions que celles qui ont été résolues entre les Etats-Unis et la France".

«Importance stratégique»
Tranchant avec les déclarations françaises très virulentes des derniers jours, le communiqué commun au ton très mesuré précise que "l’engagement de la France et de l’Union européenne dans la région indo-pacifique revêt une importance stratégique".


Comme un rameau d'olivier tendu à Paris, Joe Biden a aussi jugé "nécessaire que la défense européenne soit plus forte et plus performante" pour contribuer à la sécurité transatlantique et compléter "le rôle de l'Otan". Un sujet sur lequel les Etats-Unis se sont dans le passé montrés ambivalents et qui est une priorité française.


La crise a intensifié le débat en France, mais aussi dans d'autres pays de l'UE, sur la nécessité d'accélérer vers une plus grande souveraineté européenne en matière de défense pour s'affranchir du parapluie américain.


Plusieurs candidats à l'Elysée, de Jean-Luc Mélenchon (LFI, gauche radicale) à Marine Le Pen (RN, extrême droite) en passant par Eric Ciotti (LR, droite), appellent à revoir les liens avec l'Otan, certains posant la question de la participation de la France au commandement intégré de l'organisation.


"Le dialogue politique est inexistant au sein de l'Otan", mais "il ne faut pas claquer la porte" de l'alliance pour autant, a répondu mercredi la ministre des Armées Florence Parly.


Glucksmann assure être prêt à débattre avec les autres candidats de la primaire de la gauche

Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique. (AFP)
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  • Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées"
  • France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin

PARIS: Raphaël Glucksmann a assuré vendredi qu'il n'avait "pas de problème" avec le fait de débattre, contrairement aux accusations de ses rivaux de la primaire de la gauche socialiste et démocratique.

Le candidat du petit parti Place publique défend la tenue d'un seul débat télévisé sur le service public, alors que ses rivaux socialistes en réclament trois et lui reprochent d'avoir "peur" de débattre.

Raphaël Glucksmann a expliqué sur BFMTV/RMC qu'il veut que leur débat ait "le maximum d'exposition", ce que le rendez-vous unique proposé par France Télévisions et France Inter assurerait selon lui.

"Ensuite s'il y a un accord entre les chaînes, s'il n'y a pas d'exclusivité, moi j'ai pas de problème à faire des débats, c'est pas la question, on verra, on négociera", a-t-il dit.

Le débat sur le service public est prévu le 6 octobre, tandis que les deux autres évoqués pourraient avoir lieu le 16 septembre sur TF1 et le 29 septembre sur BFMTV.

Raphaël Glucksmann a affirmé que "quand on est de gauche, on doit faire un débat sur le service public", mais qu'il n'a "aucun problème pour débattre aussi sur des chaînes privées".

"Le service public est attaqué aujourd'hui, en permanence", a-t-il dit.

France Inter est par ailleurs en ébullition depuis l'annonce de l'arrivée comme éditorialiste d'un responsable du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin.

Questionné à ce sujet, Raphaël Glucksmann a répondu que Valeurs actuelles "participe à l'offensive de l'extrême droite" mais qu'il n'a pas à "commenter" les choix éditoriaux du service public.

Celui-ci est "indépendant" et n'est "pas à nos ordres", a-t-il dit.

"Il faut des éditorialistes de droite sur le service public, je pense qu'il y en a plein d'ailleurs. J'écoute le service public et je peux vous dire que je ne suis pas toujours d'accord avec leurs éditorialistes", a déclaré le candidat.


Après la tapisserie de Bayeux, premier entretien Burnham-Macron pour "renforcer" les relations

Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
Le Premier ministre britannique Andy Burnham (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron lors de leur rencontre pour des discussions bilatérales au 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 3 septembre 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron et Andy Burnham veulent renforcer le partenariat franco-britannique, notamment sur l’Ukraine, la coopération avec l’UE et la lutte contre les traversées de la Manche
  • Malgré cette volonté de rapprochement, des divergences persistent sur les relations post-Brexit et les questions commerciales, tandis que les deux dirigeants veulent aussi défendre les institutions démocratiques face à la montée des extrêmes

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham et le président français Emmanuel Macron ont affiché jeudi à Londres leur volonté de "renforcer" les relations entre le Royaume-Uni et la France, mais aussi l'Union européenne, au lendemain d'une première rencontre autour de la tapisserie de Bayeux.

Le prêt au British Museum pour un an de cette broderie millénaire, décrivant la conquête de l'Angleterre en l'an 1066 par Guillaume le Conquérant, "montre ce que notre collaboration peut permettre de réaliser", a souligné le chef de gouvernement travailliste au début de l'entretien, soulignant qu'Emmanuel Macron était le premier dirigeant étranger qu'il accueillait au 10, Downing Street.

Aux côtés de celui qu'il a décrit comme le "plus proche voisin" de son pays et un "ami très important", Andy Burnham a aussi évoqué un bilan positif de leur coopération "sur l'Ukraine", sur la lutte contre les traversées de la Manche par des migrants à bord de petites embarcations, et "sur le renforcement de la relation entre le Royaume-Uni et l'UE".

Emmanuel Macron a lui assuré avoir "la volonté et l'engagement de nous rapprocher encore davantage".

- "Sujets difficiles" -

A l'issue d'un déjeuner en présence de leurs épouses et avant de quitter Londres, le président français a salué une "très bonne discussion".

A l'approche d'un sommet crucial entre l'UE et le Royaume-Uni attendu d'ici la fin de l'année, ce rapprochement était en haut de l'agenda de cette première rencontre.

Interrogé mercredi soir par des journalistes, le Premier ministre britannique avait estimé que "dix ans après le Brexit, les gens ici en ont assez des divisions. Ils voient que nous devons travailler plus étroitement ensemble".

Il a toutefois souligné qu'il y avait des "sujets difficiles" sur lesquels il espérait "trouver ensemble un moyen de surmonter" les obstacles, citant le plan de l'UE pour soutenir l'industrie "made in Europe", qui pourrait selon lui avoir des "répercussions sur l'industrie sidérurgique" britannique.

"Même si nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout, nous nous respectons (...) et restons ouverts à la discussion sur tous les sujets, y compris la relance des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", avait de son côté commenté Emmanuel Macron dans son discours au British Museum.

Paris veut éviter que Londres fasse du "cherry-picking", autrement dit que les Britanniques ne retiennent du marché intérieur européen que ce qui les avantage.

La lutte contre l'arrivée de migrants sur de petites embarcations via la Manche est également un sujet prioritaire pour Londres.

Le gouvernement britannique, qui a enregistré cet été le nombre le plus bas d'arrivées de migrants depuis 2019, a salué le succès de son accord de coopération avec la France, reconduit pour trois ans en avril, et Andy Burnham a plaidé pour "accomplir davantage encore".

- Méga-canots -

Afin d'empêcher la traversée de "méga-canots", comme celui qui a récemment transporté 230 personnes, une équipe de 45 agents doit prochainement être déployée sur les côtes du nord-ouest de la France, soit "un quasi-triplement" des moyens dans cette zone, a fait savoir Downing Street dans un communiqué.

Autre sujet au menu: le renforcement de l'aide à l'Ukraine à un moment où les attaques russes de drones et de missiles balistiques s'intensifient et font un nombre croissant de victimes civiles.

Andy Burnham a effectué le 24 août sa première visite à Kiev, pour une réunion de la Coalition des volontaires, le groupe de pays qui soutiennent l'Ukraine, que le Royaume-Uni codirige avec la France.

Lors de ce premier entretien, qui se tenait à la veille d'une rencontre entre Jordan Bardella du Rassemblement National et Nigel Farage du parti anti-immigration Reform UK, Emmanuel Macron et Andy Burnham ont aussi évoqué "la montée des extrêmes" dans leurs pays, soulignant leur "intérêt commun" à montrer que des institutions démocratiques modérées peuvent répondre aux problèmes de leurs concitoyens, selon une source diplomatique.

Pendant sa visite au British Museum mercredi soir, le président français, qui quittera l'Élysée en mai, a dit espérer que son pays et le Royaume-Uni puissent "tisser un lien aussi étroit que les fils" de la tapisserie.

Le roi Charles III, accompagné de la reine Camilla, a quant à lui salué un prêt qui constitue "un précieux symbole de confiance".


Présidentielle: Hollande fait ses propositions pour séduire jusqu'au centre

Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre. (AFP)
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  • Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode"
  • Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre

PARIS: Il propose un projet pour "unir" la France mais refuse pour l'instant de se déclarer candidat: François Hollande égrène dans son nouveau livre près d'une centaine de propositions, dont certaines, à contre-courant du programme des socialistes, semblent destinées à séduire jusqu'au centre.

Dans "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche" (Robert Laffont), l'ancien président, qui avait renoncé à se représenter en 2017 au vu de sa très forte impopularité à la fin de son quinquennat, estime qu'il faut "changer de méthode, de perspectives et d'ambition".

Il ne dira ses intentions qu'en décembre et refuse en attendant de participer à la primaire de la gauche, espérant se poser en recours si le vainqueur de ce processus de départage s'effondre.

Mais "si émettre des idées, c'est être en campagne", alors "oui", il est en campagne, a-t-il concédé jeudi, à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne).

Le député de Corrèze, qui a débattu récemment avec le candidat d'Horizons Edouard Philippe et a fait une apparition aux journées d'été du PS à Blois, sera la semaine prochaine à la fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avant d'enchaîner les séances de dédicaces de son livre.

"L'enjeu, c'est d'unir les Français", face à la bipolarisation de la société entre "des extrêmes qui jouent la division" et une situation internationale tendue, où la France doit affirmer son indépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Russie, a-t-il expliqué mercredi.

Pour cela, "il va falloir aller au-delà des formations politiques", a-t-il glissé à Blois. Celui qui théorise la nécessité de "l'union sacrée des démocrates" et préconise d'aller chercher dès le premier tour les électeurs du centre au moment où la macronie est en fin de règne, assure ne pas vouloir proposer du "Hollande 2012" réchauffé.

Sur certains points, il se place même à rebours de son parti, comme sur la taxe Zucman pour les ultra-riches, devenue à ses yeux "un slogan. Pas une réponse" ou sur les retraites.

"Candidat de centre-droit" 

Alors que le PS veut revenir à un âge légal de départ à 62 ans, il propose de le fixer à 63 ans puis d'allonger progressivement la durée de cotisation.

"L'âge pivot doit tenir compte de l'allongement de l'espérance de vie et être corrigé en permanence", a-t-il justifié.

L'ex-chef de l'Etat veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ", et "ajouter une part de capitalisation", qui serait contrôlée par les partenaires sociaux.

De quoi faire bondir le patron des socialistes Olivier Faure: "Vous ne me trouverez pas aux côtés de ceux qui défendent ce modèle", a-t-il déclaré à Blois.

Autre nouveauté sur le plan économique, pour améliorer la feuille de paie, François Hollande suggère d'"augmenter le salaire net en diminuant les cotisations salariales". Cette perte de recettes pour la sécurité sociale serait alors compensée par un prélèvement sur le capital, via une "progressivité de la taxe sur les revenus financiers" et "un relèvement progressif de 20 à 24% du taux normal de la TVA", pourtant considérée par Olivier Faure comme "l'impôt le plus injuste".

Il estime que ce nouveau système permettrait de "relever les salaires d'environ 10% pour tous".

Et pour faire passer l'amère pilule, il propose de supprimer la TVA réduite à 5,5 %, qui s'applique sur les produits alimentaires et les travaux énergétiques, et de faire de même, mais de façon ponctuelle, pour les carburants.

Il souhaite aussi réduire les impôts de production en diminuant les aides aux entreprises, comme le propose Édouard Philippe.

De quoi séduire les centristes? François Hollande "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" auparavant, a reconnu le président du MoDem François Bayrou.

"On a l'impression que c'est un candidat de centre-droit. C'est un positionnement intéressant", note un cadre Horizons, tandis qu'un candidat à l'élection présidentielle constate qu'il "parle quand même très à droite pour un candidat de gauche".

"Je suis socialiste", répond l'ancien président, qui garde des marqueurs de gauche: il prévoit de "mettre à contribution les gros héritages et les patrimoines supérieurs à 10 millions d'euros brut", de porter à 30% la représentation des salariés dans les conseils d'administration des entreprises, ou de mettre en place un chèque de 10.000 euros baptisé "entrée dans la vie", pour les jeunes qui effectueront le service civique.