Biden cherche à raviver le «Quad» asiatique après avoir tourné le dos à l’Europe

Le président américain Joe Biden a reçu vendredi à la Maison Blanche les Premiers ministres d'Inde, Narendra Modi, du Japon, Yoshihide Suga et d'Australie, Scott Morrison. Une réunion qui vise à promouvoir "une région indo-pacifique libre et ouverte", une formulation consacrée pour critiquer, sans la nommer, la Chine et ses ambitions dans la zone. (Photo, AFP)
Le président américain Joe Biden a reçu vendredi à la Maison Blanche les Premiers ministres d'Inde, Narendra Modi, du Japon, Yoshihide Suga et d'Australie, Scott Morrison. Une réunion qui vise à promouvoir "une région indo-pacifique libre et ouverte", une formulation consacrée pour critiquer, sans la nommer, la Chine et ses ambitions dans la zone. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Samedi 25 septembre 2021

Biden cherche à raviver le «Quad» asiatique après avoir tourné le dos à l’Europe

  • Après l'annonce fracassante de l’alliance militaire indo-pacifique, Biden continue à avancer ses pions en relançant le projet avec l'Inde, le Japon et l'Australie
  • En ranimant le «Dialogue quadrilatéral de sécurité», le président US poursuit le «pivot vers l'Asie» de la politique étrangère américaine lancé par Obama

WASHINGTON : Après l'annonce d'une spectaculaire alliance militaire dans la zone indo-pacifique, Joe Biden continue à avancer ses pions dans la région, mais dans un format plus "informel", en recevant vendredi les Premiers ministres d'Inde, du Japon et d'Australie.

Le président américain, en quête d'alliances face à la Chine, veut réveiller ce format diplomatique, dit "Quad".

Après un sommet virtuel en mars, il l'a donc réuni à nouveau, pour la première fois en personne et à si haut niveau.

Depuis la Maison Blanche, Scott Morrison (Australie) ainsi que Yoshihide Suga (Japon) ont salué cette réunion qui vise selon eux à promouvoir "une région indo-pacifique libre et ouverte", la formulation consacrée pour critiquer, sans la nommer, la Chine et ses ambitions dans la zone.

Narendra Modi (Inde) a lui insisté sur les "valeurs démocratiques partagées" des quatre partenaires.

"Nous sommes quatre démocraties de premier ordre, avec une longue histoire de coopération, nous savons comment faire avancer les choses", a dit leur hôte Joe Biden.

Esquissé après le tsunami dévastateur de 2004 et formalisé en 2007, le "Dialogue quadrilatéral de sécurité" a longtemps été somnolent.

En le ranimant, Joe Biden poursuit en quelque sorte le "pivot vers l'Asie" de la politique étrangère américaine, déjà cher à Barack Obama.

Mais après l'annonce spectaculaire du partenariat militaire AUKUS avec le Royaume-Uni et l'Australie - et de son contrat de sous-marins qui a fait enrager la France - Washington veut présenter le "Quad" sous un jour consensuel.

Il s'agit d'un cénacle "informel" et "intime" destiné à "développer de meilleurs canaux de communication", ont indiqué de hauts responsables de la Maison Blanche lors d'un entretien avec des journalistes.

Il n'y a pas de visée "militaire" ont-ils martelé, assurant que le "Quad" serait "complémentaire" d'autres initiatives régionales, en réponse à une question sur son articulation avec l'ASEAN.

Certains membres de cette organisation réunissant dix nations de l'Asie du Sud-Est redoutent en effet que l'offensive américaine dans la région ne conduise à une escalade avec la Chine.

Semi-conducteurs, vaccins, climat

Vendredi, selon les hauts responsables, le "Quad" devrait surtout insister sur des chantiers économiques, environnementaux, et sur la lutte contre la pandémie.

Les quatre partenaires veulent lancer une initiative pour protéger les approvisionnements de semi-conducteurs, ces composants électroniques indispensables tant aux machines à laver qu'aux avions ou aux smartphones, que nombre d'industriels dans le monde peinent à se procurer actuellement.

Ils entendent aussi parler, en vrac, de 5G, de cybersécurité, d'échanges universitaires, de projets dans l'espace, de pêche, de vaccins...

"Pour Washington, le défi est de dépasser le seul paradigme sécuritaire et d'améliorer nettement la position économique de l'Amérique en Asie du Sud-Est", estime Jonathan Stromseth, spécialiste de la région, dans une note publiée par l'institut de réflexion Brookings.

Il estime que l'effort pour ranimer le "Quad" est "emblématique" de "l'approche de l'administration Biden face à la Chine, présentée comme concurrentielle quand il le faut, coopérative quand c'est possible, et dans la confrontation quand c'est nécessaire."

Joe Biden, s'il a gardé face à la Chine une ligne dure, peu ou prou comparable à celle de Donald Trump, aborde différemment la confrontation avec Pékin.

Le président américain, qui veut dépasser le seul face-à-face entre les deux super-puissances, espère réveiller le jeu des alliances, et inciter ses partenaires traditionnels à prendre face à la Chine des positions franches.


Téhéran promet de venger l'attaque meurtrière contre un mariage, Washington annonce une enquête

Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Des débris jonchent le sol autour de maisons endommagées à la suite d’une attaque signalée près d’un rassemblement de mariage à Kuhistik, Sirik, en Iran, le 2 septembre 2026. (Reuters)
Short Url
  • Les tensions entre les États-Unis et l’Iran reprennent dans le Golfe, avec de nouvelles frappes iraniennes contre des positions militaires américaines
  • Téhéran accuse Washington d’une frappe ayant tué quatre personnes lors d’un mariage. Les États-Unis enquêtent mais se disent sceptiques

TEHERAN: L'Iran a de nouveau visé jeudi des cibles militaires américaines dans le Golfe, jurant de venger l'attaque qui a tué quatre personnes lors d'un mariage mardi soir, frappe pour laquelle Washington a annoncé une enquête.

Les Etats-Unis, qui ne s'étaient jusqu'ici pas exprimés officiellement sur cette attaque, mènent "une enquête approfondie", a indiqué devant la presse le vice-président américain JD Vance, tout en se disant "sceptique".

"Je dirais que les médias d'Etat iraniens n'ont pas vraiment rendu compte de manière fiable de ce qui s'est passé dans ce conflit jusqu'à présent, je suis donc extrêmement sceptique à ce sujet", a-t-il déclaré.

Après un mois d'accalmie, les affrontements entre Washington et Téhéran ont repris dimanche à l'initiative de l'armée américaine, qui a dit vouloir empêcher des roquettes chargées de mines marines d'être tirées dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a répondu en ciblant ses voisins du Golfe, comme depuis le début du conflit déclenché par une offensive américano-israélienne fin février.

Pour autant, le vice-président américain s'est refusé de parler d'"une guerre", alors que le conflit est un sujet de mécontentement pour les électeurs américains à l'approche des élections législatives de novembre.

"Je n'appellerais pas ça une guerre. En ce moment, il n'y a pas d'échange de tirs", a-t-il dit.

- Vidéos partagées -

La frappe ayant ciblé un mariage, imputée par l'Iran aux Etats-Unis, s'est produite dans le district de Sirik (sud-est), et a également blessé près de 70 personnes.

Les vidéos montrant des décorations de fêtes au milieu de débris et de taches de sang ont été largement partagées en Iran. Le New York Times, qui a analysé les témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux et interrogé des experts militaires, affirme qu'il s'agissait bien d'une frappe américaine.

"Le sang pur de ces martyrs (...) ne restera pas impuni et sera certainement vengé", a assuré jeudi Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, puissante armée idéologique iranienne.

Au total dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 19 personnes dont sept membres des forces armées ont été tuées lors de bombardements en Iran, l'un des bilans les plus élevés de ces derniers mois.

L'Iran a aussi annoncé jeudi la mort de six membres de sa marine dans des frappes américaines, sans qu'on sache s'ils comptaient parmi les 19 personnes tuées.

Jeudi, son armée a notamment visé des "hangars d'avions de combat de l'armée terroriste américaine dans la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït", selon un communiqué militaire.

Aux Emirats arabes unis, ce sont les systèmes radar américains qui ont été visés sur la base aérienne al-Minhad, d'après la même source.

Le Koweït a dénoncé une "ignoble agression". Les Emirats n'ont pas confirmé avoir été ciblés, et on ne connaît pas l'étendue d'éventuels dégâts.

- "A tout moment" -

Le même scénario se répète depuis le début de la guerre, tandis que les négociations pour y mettre fin restent dans l'impasse.

Au cœur du conflit, le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures que l'Iran verrouille désormais depuis des mois.

Les Etats-Unis appliquent en représailles un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.

Washington n'a de son côté pas bombardé l'Iran ces dernières heures, même si Donald Trump a averti que les Etats-Unis restaient prêts à frapper "à tout moment".

Alors que Donald Trump peine à trouver une issue à ce conflit impopulaire et coûteux, l'administration américaine mise aussi sur la pression économique, avec par exemple l'annonce de divers nouvelles sanctions à venir contre les partenaires commerciaux de Téhéran.

Les cours du pétrole sont repartis à la hausse ces derniers jours du fait du regain de violences, le Brent, référence mondiale, évoluant au-dessus de 95 dollars.

Les investisseurs restent sceptiques "quant à une normalisation prochaine des flux énergétiques transitant par le détroit d'Ormuz", observe Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Short Url
  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Short Url
  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.