Dystopie, Black Lives Matter et identité de genre au menu d'Art Basel

Le fils de l'artiste britannique Frank Bowling, né en Guyane, Ben Bowling fait un geste devant l'une des œuvres de son père intitulée : «Samson's Circle with Lila's dress made in Africa of import Chinese Fabric: and the rest, 2019», exposée dans le secteur Unlimited de Art Basel, la première foire mondiale d'art moderne et contemporain, à Bâle, le 21 septembre 2021. La foire sera ouverte au public du 24 au 26 septembre 2021. (Fabrice Coffrini/AFP)
Le fils de l'artiste britannique Frank Bowling, né en Guyane, Ben Bowling fait un geste devant l'une des œuvres de son père intitulée : «Samson's Circle with Lila's dress made in Africa of import Chinese Fabric: and the rest, 2019», exposée dans le secteur Unlimited de Art Basel, la première foire mondiale d'art moderne et contemporain, à Bâle, le 21 septembre 2021. La foire sera ouverte au public du 24 au 26 septembre 2021. (Fabrice Coffrini/AFP)
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Publié le Samedi 25 septembre 2021

Dystopie, Black Lives Matter et identité de genre au menu d'Art Basel

  • Cette grande foire qui se tient à Bâle, en Suisse, est avant tout un événement marchand, où les artistes et galeries viennent rencontrer de riches collectionneurs
  • Parmi les pièces phares figurent notamment une toile de l'artiste Guyano-britannique Frank Bowling, une vaste peinture du britannique David Hockney ou encore une maison en pain du suisse Urs Fischer

BÂLE, Suisse : Art Basel, la grande foire de l'art contemporain, a rouvert ses portes au public en mettant en exergue la dystopie, Black Lives Matter et l'identité de genre, après son annulation l'an passé en raison de la crise sanitaire.

Cette grande foire qui se tient à Bâle, en Suisse, est avant tout un événement marchand, où les artistes et galeries viennent rencontrer de riches collectionneurs. Mais l'événement qui avait accueilli pas moins de 93.000 visiteurs en 2019 est également très couru des amateurs d'art qui viennent pour le simple plaisir des yeux. 

Pour soigner son image, la foire expose chaque année des œuvres monumentales dans une section où sont regroupées les peintures, sculptures et installations destinées à être vendues à des musées et très grandes collections.

Parmi les pièces phares figurent notamment une toile de l'artiste Guyano-britannique Frank Bowling, une vaste peinture du britannique David Hockney ou encore une maison en pain du suisse Urs Fischer.

Mais après plusieurs éditions dominées par des œuvres politiques après l'élection de Donald Trump, puis par des œuvres féministes dans le sillage du mouvement «Me Too», les 62 oeuvres monumentales présentées pour cette édition 2021 témoignent en filigrane des bouleversements qui ont secoué le monde pendant la pandémie.

  - Vitraux pour bunker souterrain -

L'artiste californien Lari Pittman notamment y présente un vaste ensemble de tableaux étroitement juxtaposés les uns à côté des autres qui se veut une sorte d'instantané d'une civilisation occidentale déchue.

«C'est un cabinet de curiosités», a décrypté l'artiste lors d'un entretien avec l'AFP, mais avec des objets rassemblés par «un collectionneur venu d'un futur lointain», qui aurait retrouvé par exemple «des aiguilles pour antidépresseurs» dit-il en montrant une première toile, «des vues aériennes de districts sécurisés», poursuit-il en désignant une deuxième toile, «un signe autoroutier avertissant de risques de cannibalisme et encourageant à accélérer» sur une troisième, «des vitraux pour un bunker souterrain» sur la suivante...

«C'est assez sombre», reconnaît l'artiste qui aurait dû exposer son oeuvre avant la pandémie mais estime qu'elle trouve sa place dans cette édition.

«Nous sortons d'une période incroyablement dystopique au niveau mondial», juge l'Américain qui évoque aussi la situation politique aux Etats-Unis «au cours des quatre dernières années».

Sur le principe de la juxtaposition, l'artiste américaine Carrie Mae Weems présente, elle, une série de toiles de toutes les tailles, intitulée «Repeating the obvious» (Répéter l'évidence) qui reproduisent chacune le visage flou d'un jeune afro-américain, illustrant les décès aux mains de la police qui à force de se répéter finissent par devenir des victimes sans visage.      

A l'extérieur de la halle d'exposition, le duo d'artistes dano-norvégien Elmgreen & Dragset a lui a placé une vieille Mercedes avec des plaques russes dans laquelle dorment deux hommes, lovés l'un contre l'autre, intitulé «The Outsiders» (les exclus).

Les deux mannequins de cire aux traits plus vrais que nature symbolisent deux travailleurs qui seraient venus installer la foire, «faire tout le travail dur qu'on ne voit pas», et dorment dans leur voiture faute de pouvoir s'offrir une chambre d'hôtel, a expliqué le duo d'artistes à l'AFP.

«C'est aussi un travail sur l'intimité entre ces deux jeunes hommes, avec des plaques russes, parce qu'aujourd'hui il est très difficile de montrer cette forme d'intimité ouvertement à Moscou», ont-ils ajouté.

Compte tenu des restrictions qui freinent encore les déplacements, les organisateurs ont pour cette édition prévu de nombreux événements en ligne, dont des promenades virtuelles à travers la foire.

Elles permettent de découvrir les oeuvres exposées à travers les yeux d'un activiste de l'esthétique, d'une princesse ou encore avec une touche française, avec une visite menée entre autres par le fondateur de la maison de mode Zadig & Voltaire.


Prix de la littérature arabe 2026: 9 ouvrages en lice pour la 14e édition

La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe. (AFP)
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  • Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie
  • À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité

PARIS: La Fondation Jean-Luc Lagardère et l’Institut du monde arabe (IMA) ont dévoilé, jeudi 3 septembre, la sélection officielle de la 14e édition du Prix de la littérature arabe. Neuf ouvrages ont été retenus pour cette distinction qui met chaque année en lumière la richesse et la diversité des littératures du monde arabe.

Cette nouvelle sélection réunit des auteurs et autrices issus de plusieurs pays arabes, notamment l’Algérie, le Koweït, le Liban, le Maroc, la Palestine et la Tunisie. À travers des univers littéraires et des thématiques variés, les ouvrages sélectionnés témoignent de la vitalité de la création littéraire arabe contemporaine et de sa diversité.

Créé en 2013, le Prix de la littérature arabe figure parmi les rares distinctions françaises consacrées à la création littéraire du monde arabe. Il récompense chaque année l’œuvre d’un auteur ou d’une autrice originaire de l’un des pays de la Ligue arabe, pour un ouvrage écrit en arabe et traduit en français, ou directement rédigé en français.

Le prix, doté de 8 000 euros, concerne les ouvrages publiés entre le 15 août 2025 et le 30 septembre 2026.

Une attention particulière est également accordée au travail de traduction. Une mention spéciale, dotée de 2 000 euros, récompensera le traducteur ou la traductrice d’un ouvrage retenu dans la sélection finale, afin de mettre en lumière le rôle essentiel de la traduction dans la circulation des œuvres arabes auprès du lectorat francophone.


Sorbonne Abu Dhabi: une rentrée sous le signe de la culture, de l’innovation et de la recherche

À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. (Photo capture d'écran)
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  • Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA
  • L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public

ABU DHABI: À l’occasion de sa rentrée universitaire, la Sorbonne University Abu Dhabi (SUAD) lance une nouvelle saison riche en rendez-vous culturels, scientifiques et communautaires. Parmi les prochains événements figure Voices of AI 2026, la deuxième édition du Forum France–Émirats arabes unis consacré à l’intelligence artificielle, qui réunira les acteurs autour des enjeux et des évolutions de l’IA.

L’université accueillera également Heritage and Horizons, une exposition artistique explorant les liens entre patrimoine et nouvelles perspectives, ainsi qu’un marché fermier local, organisé sur le campus et ouvert au public. Sur le plan académique et scientifique, le SUAD–IIT Delhi Abu Dhabi Computational Materials School proposera une rencontre autour des matériaux computationnels, en collaboration avec IIT Delhi Abu Dhabi.

Cette programmation illustre la diversité de la vie de SUAD, à la croisée de la culture, de la recherche, de l’innovation et de la vie universitaire.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".